MAJ octobre 2026 (1/2) - Voici le "FROGS", le nouvel acronyme d'une France raillée par la presse internationale.
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Quinze ans après la crise des "Pigs", terme employé à l'époque pour décrire les difficultés budgétaires du Portugal, de l'Italie, de la Grèce et de l'Espagne, voici venue celle du "Frogs".
"Frogs" comme "grenouilles" en anglais, mais plutôt un acronyme inventé par l'institut Rexecode "French Oversized Government and Social Security", qu'il faut comprendre par "État et Sécurité sociale français surdimensionnés".
Ils se sont sacrément creusé la tête, chez Rexecode !
L'Hexagone avec son déficit public de 5,4% du PIB et sa dette de 119% emprunte depuis plusieurs mois maintenant plus cher que ses voisins du Sud, faute de parvenir à redresser ses comptes. Signe d'une défiance renforcée des investisseurs qui exigent un meilleur rendement pour prêter à Paris.
Pour une fois, Trump ne fait pas la une de l'actualité, mais nous nous serions bien passés de le faire à sa place.
Olivier Redoulès, économiste chez Rexecode, explique que, au-delà de cet acronyme, la dérive des finances publiques françaises et le risque d'une crise de la dette qui se propagerait au reste de l'Europe inquiète en effet bien au-delà de nos frontières.
"L’appétit de la France pour l'argent magique s’est transformé en bombe à retardement à quelques mois d'une élection présidentielle cruciale", prévient le Wall Street Journal,
Olivier Redoulès pointe avant tout la "dynamique des dépenses publiques" en France qui est "très supérieure à celle de la quantité de richesse que l'on produit".
Avant de continuer, savez-vous à quand remonte le dernier budget à l'équilibre présenté par la France ?
Non ? Un indice : Cette année-là, Abba triomphait à l'Eurovision avec la chanson Waterloo.
Réponse : C'était en 1974.
52 ans plus tard, 2026, la France a un nouveau Waterloo, financier cette fois-ci.
Pas besoin de faire un long discours pour comprendre comment on en est arrivé là :
Les dépenses publiques représentaient 46% du PIB de la France en 1975. Elles représentent 57% du PIB en 2026.
Dans le même temps, les recettes sont passées de 43 à 52% du PIB.
Je pense qu'un gamin de 6ème, pour peu qu'il ne soit pas en grève aujourd'hui, comprendra vite qu'il y a un problème.
Ce que ne voient pas nos politiques, tous. Pas un pour relever la moyenne qui flirte avec un zéro pointé de cette bande de guignols.
Les dépenses ne sont pas couvertes par les rentrées d'argent et, pire, le différentiel augmente.
Ce n'est pas difficile à comprendre quand même.
Pour rappel, 1 point de PIB, c'est grosso merdo, 30Mds€ (PIB autour de 3000Mds€ cette année).
Faites les comptes pour 2026 : 57% de dépenses - 52% de rentrées = 5% de PIB de déficit que l'on multiplie par 30Mds€ = 150Mds€.
La vache, maintenant je comprends mieux les enjeux du problème. Surtout que ça tombe vraiment très mal avec une échéance électorale majeure l'année prochaine.
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C'est surtout le dérapage de la dépense sociale qui inquiète, rappelle l'expert de Rexecode.
"La dépense remboursée de santé, si on regarde les projections de la CNAV (Caisse nationale d'assurance maladie), c’est 1,4 point de PIB supplémentaire entre maintenant et 2035. C'est 45Mds€ en 10 ans, et c’est considérable, sachant que le déficit de l'assurance maladie est déjà de plus de 15Mds€", souligne Olivier Redoulès. "Donc il faudrait augmenter la CSG d'un point tous les quatre ans, juste pour préserver le déficit actuel".
Résumons : Il manque 150Mds€ cette année pour être seulement à l'équilibre dans les comptes de la nation. La hausse des taux va alourdir cette charge de la dette au cours des prochaines années. Le seul déficit de la santé va rajouter 1,4 point de PIB sur les 10 ans à venir, soit quelque-chose comme 45Mds€ en plus de ce qui a été listé plus haut.
Bloomberg qui reprend aussi l'acronyme "Frogs" s'interroge à son tour sur l'asphyxie financière provoquée par la hausse des taux français et parle d'une lente et douloureuse pression... Une manière gentille pour dire que la France coule, doucement parce qu'elle est arrimée à la zone euro, mais coule quand même.
C'est tout pour aujourd'hui sur l'état de délabrement de notre pays.
A notre toutefois que tout n'est pas perdu... La France possède une économie diversifiée et importante, des banques solides (espérons-le), des universités de premier plan (si elles ne sont pas saccagées par les manifestants), et des start-ups prometteuses dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la défense (à condition qu'elles restent en France, ce qui n'est pas garanti. Voir à ce sujet la startup Pasqal spécialisée dans l'informatique quantique et cotée à New-York.).
Notons aussi, concernant la France que "La France est too big to fail (trop importante pour faire faillite) et le marché sait que la BCE dispose des outils (NDLR : par exemple avec l'instrument de protection de la transmission ou IPT), pour plafonner les rendements (les taux)", résume Neil Wilson de Saxo. "L'inquiétude porte plutôt sur le risque de contagion à l’ensemble de la zone euro (...) et des risques politiques accrus à l'approche de l'élection présidentielle française de l'an prochain", ajoute-t-il.
Voilà qui nous rassure.
Bon, ben voilà, je pense qu'en quelques dizaines de lignes ci-dessus écrites, vous aurez compris dans quel me.dier nous sommes.
Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console.
On va aller voir ailleurs si l'herbe n'y serait pas plus verte, histoire de nous réconforter un peu.
Etats-Unis… Malgré une croissance solide, le déficit fédéral s'élève à environ 6% du PIB.
La charge d'intérêts de la dette américaine est devenue en seulement six ans le deuxième poste de dépenses du budget fédéral, et elle est vouée à devenir le premier d'ici peu. Alors que les taux d'intérêt élevés aggravent le déficit, le gouvernement a trois options: augmenter les impôts, réduire les dépenses ou emprunter davantage. Dans l'ensemble, le gouvernement américain a opté pour l'emprunt.
Jusqu'à présent, l'administration Trump a préféré rappeler à tout le monde à quel point l'économie se porte bien, ou du moins à quel point le marché boursier estime qu'elle se porte bien. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a largement misé sur une croissance plus rapide comme solution aux problèmes budgétaires des Etats-Unis.
Les Etats-Unis sont encore loin d'une crise de la dette, sauf si les taux d'intérêt continuent d'augmenter. Ce qui n'est pas difficile à imaginer.
Les actions achètent l’avenir, les obligations envoient la facture et majorent les prix.
Mardi soir, le S&P 500 a clôturé pour la première fois de son histoire au-dessus des 7800 points, son premier record depuis le 13 août.
Le S&P 500 se paie autour de 19 fois les bénéfices attendus, ce qui donne un rendement théorique de 5,26%.
Le 10 ans américain rapporte 5,30% ce 7 octobre 2026.
La prime de risque des actions, la récompense censée payer le risque pris par rapport à l'achat d’obligations, est tombée en gros à ZÉRO.
La dernière fois que les actions rapportaient moins que les obligations d’État, c’était à la fin des années 90, quand on expliquait que les sociétés internet n’avaient pas besoin de bénéfices puisqu’elles allaient révolutionner l'économie.
Ah, ça me rappelle une situation actuelle qui s'en rapproche, si vous voyez ce que je veux dire.
"Si vous pensez que les bénéfices de l’IA sont infinis, qu’est-ce que ça peut faire de payer un peu plus cher pour emprunter ?" a expliqué un illustre âne à listes qui n'était pas né en 1999.
La petite musique expliquant que les méga-caps avaient tellement de cash que ça ne risquait rien si elles investissaient des centaines de milliards dans l'IA.
Petit problème, Alphabet, Amazon et Meta ont grillé leur cash, affichent désormais un free cash-flow négatif sur douze mois et empruntent pour construire leurs datacenters.
Sur le plan de l'inflation, le pétrole pourrait nous aider à la faire baisser et ramener un peu de sérénité sur les marchés.
La récente reprise des expéditions de pétrole en provenance du Moyen-Orient laisse espérer qu'elle va baisser. Les exportations hebdomadaires de brut ont rebondi pour atteindre un niveau proche de celui observé avant la première attaque contre l’Iran. Mais l’effet désinflationniste de cette reprise pourrait être plus faible qu’il n’y paraît à court terme, car la production et les exportations de carburants raffinés continuent d’accuser un retard par rapport à la reprise de la production de pétrole brut.
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L’offre de carburants raffinés reste limitée par les arrêts de raffineries et les perturbations liées au conflit. La pression qui en résulte sur les prix du diesel peut amplifier l’inflation, car la hausse des coûts de transport et de fret se répercute sur les chaînes d’approvisionnement et finit par faire grimper les prix à la consommation. Cela est préoccupant, car les prix du diesel restent proches de leurs plus hauts historiques.
C'est compliqué l'économie.