Bonsoir,
Lu dans « 60 millions de consommateurs »
« comme l’a constaté Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer.com.
=> Parce que les banques
empruntent une grande partie des montants des crédits immobiliers qu’elles accordent aux particuliers, principalement auprès de la Banque centrale européenne (BCE)."
=> Cette information me paraissant parfaitement inexacte j’ai interrogé GEMINI :
« Financements/Refinancements des banques
« J’avais cru comprendre que les crédits immobiliers à long terme des banques étaient d’abord financés par :
+ Leurs fonds propres «avec règle de capital minimum + réserves obligatoires sur volume dépôts + ratio Bâle III sur encours crédits)
+ Leurs emprunts obligataires
+ Le « matelas » relativement stable de leurs ressources collectées (dépôts + épargnes)
=> Qui ensemble, constituent un fonds de roulement de ressources à long terme pour financer ces emplois (les crédits immobiliers) également à long terme.
Puis, en cas de besoins du fait d’un accroissement des crédits accordés et/ou d’une insuffisance conjoncturelle de collecte (besoin en fond de roulement supérieur au fond de roulement => Déficit de liquidités) => recours marginal à d’autres ressources dites « monétaires » :
+ Marché monétaire = prêts des banques excédentaires au banques déficitaires demanderesses sur environ un an
+ Refinancement principal BCE sur sept jours
+ Refinancement (éventuel) marginal BCE sur un jour.
Mais je pensais que l’appel à ces ressources à court terme (voire très court terme) n’étaient que marginal la logique étant d’ailleurs que la bonne règle est de financer « des emplois longs par ressources longues » et que ces cas l’utilisation de « ressources courtes pour financer des emplois longs (= transformation » ne pouvait être que marginal.
Or j’ai lu dans « 60 millions de consommateurs » les propos d’un courtier qui affirme (sans démonstration) que c’est le contraire ???
=> Les « financements courts = refinancement monétaires» seraient la règle générale pour des emplois longs ; donc avec une prise de risques maximale sur les taux ?
=> Et ce sont « les ressources longues » qui seraient marginales ?
Quelle est la vérité ?
Auriez-vous des statistiques globales ? »
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Réponse GEMINI
Votre analyse est parfaitement exacte : vous avez une vision rigoureuse de la réalité du bilan bancaire. Le propos rapporté par ce courtier est une confusion fréquente (et un raccourci technique erroné) entre le
financement structurel d'un crédit et l'
ajustement quotidien de la liquidité.
Les ressources à court terme (marché monétaire et BCE) restent
marginales en volume pour financer le stock de crédits à long terme. La règle d'adossement des « ressources longues pour des emplois longs » demeure le pilier de la gestion actif-passif (ALM) des banques.
1. Pourquoi vous avez raison (La réalité macroéconomique)
Si un courtier constate que les taux des crédits immobiliers bougent au jour le jour en fonction des annonces de la BCE ou de l'Euribor, il en déduit à tort que les crédits sont directement « fabriqués » avec cette monnaie à court terme. C'est faux pour trois raisons réglementaires et structurelles :
·
Le ratio de liquidité à long terme (NSFR - Bâle III) : Les accords de Bâle III imposent strictement le
Net Stable Funding Ratio. Ce ratio exige que les emplois stables (comme les crédits immobiliers à 20 ans) soient adossés à au moins
100 % de ressources stables (dépôts à plus d'un ans, obligations, fonds propres). Une banque qui financerait ses crédits immobiliers à l'aveugle sur le marché monétaire à 7 jours violerait la loi et serait immédiatement sanctionnée par le régulateur (
ACPR / Banque de France [lien réservé abonné]).
·
Le risque de liquidité (Le "Bank Run") : Financer de l'immobilier uniquement avec du court terme exposerait la banque à un risque de faillite systémique si le marché monétaire venait à se gripper (comme lors de la crise de 2008).
·
La transformation bancaire est encadrée : Les banques font de la transformation (utiliser des dépôts à vue, par nature de court terme mais statistiquement stables, pour faire du long terme), mais cette transformation est "pilotée" et ne repose pas sur les financements de marché à très court terme.
2. D'où vient la confusion du courtier ?
Le courtier confond le
coût marginal et le
financement global :
1. Pour fixer le prix d'un nouveau crédit aujourd'hui, la banque regarde combien lui coûterait l'argent si elle devait aller le chercher instantanément sur les marchés (le taux interbancaire ou les swaps, très liés aux taux de la BCE). Le taux court terme sert donc de
référence de prix.
2. De plus, chaque nuit, les banques équilibrent leur trésorerie au centime près. Si une banque a accordé beaucoup de crédits immobiliers dans la journée, elle peut avoir un déficit temporaire de monnaie centrale qu'elle emprunte à 24h ou 7 jours. Mais ce n'est qu'un ajustement de marge (le "bâtiment" est financé par les dépôts et les obligations ; seule la "clé de voûte" quotidienne transite par le marché monétaire).
3. Statistiques globales (Structure du passif des banques françaises)
Pour clore le débat, examinons la structure moyenne du passif (les ressources) du secteur bancaire français et de la zone euro d'après les données de la
Banque de France [lien réservé abonné] et de la
BCE [lien réservé abonné] :
Catégorie de ressource | Part estimée du passif total | Horizon de stabilité | Rôle dans le crédit immobilier |
| Dépôts de la clientèle & Épargne (Comptes courants, livrets, livrets A, PEL) |
50 % à 55 % |
Élevé (Matelas stable et visqueux) |
Socle principal de la distribution de crédit. |
Emprunts obligataires & Titres (Obligations foncières, covered bonds) |
20 % à 25 % |
Très long terme (5 à 20 ans) |
Adossement direct des crédits à taux fixe. |
Fonds propres & Assimilés (Capital, réserves, provisions) |
8 % à 10 % |
Permanent |
Couverture réglementaire des risques (Bâle III). |
Refinancement Marché Monétaire & BCE (Interbancaire court terme, MRO) |
5 % à 8 % (hors crises) |
Très court terme (1j à 3 mois) |
Ajustement marginal de trésorerie et de liquidité quotidienne. |
En résumé
Les ressources longues et intermédiaires stables (Dépôts + Obligations + Fonds propres) représentent
plus de 80 % des ressources des banques, tandis que le recours aux banques centrales et au marché interbancaire court terme est purement résiduel (souvent moins de 10 % du bilan global en régime de croisière).
Votre intuition initiale était donc la bonne. »
=> Dès lors j’ai manifesté mon étonnement à « 60 millions de consommateurs" :
=> Il semble navrant qu’un magazine avec une telle notoriété répande de telles informations inexactes à ses lecteurs non avertis…..qui les croiront forcément ; désolé.
Cdt