Les banques font-elles preuve de laxisme dans leur politique doctroi de prêt immobilier ? Cest en tout cas ce que peut laisser entendre un récent rapport du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), chargé danalyser les risques systémiques et présidé par le ministre de lEconomie. En effet, la baisse importante des taux dintérêt entre 2016 et 2019 pèse sur les bilans des banques. Les marges des crédits en cours ont baissé de lordre de 60 points de base, soit environ 6 milliards deuros de recettes par an en moins pour les banques, pointe le HCSF.
La règle des 33% outrepassée
Outre les taux, le Haut Conseil sinquiète également de lassouplissement des conditions doctroi. Dans un contexte de taux bas et daugmentation des prix de limmobilier, les banques se montrent en effet de plus en plus favorables à outrepasser la règle implicite des 33%. Si en théorie, la mensualité du crédit ne peut pas dépasser un tiers des revenus de lemprunteur, « la part des prêts accordés avec un taux deffort supérieur à 35% augmente, passant de 21,9% en 2015 à 24,8% en 2018 », sinquiète le HCSF. Cet emballement peut peser sur la santé financière des ménages en cas daccident de vie (chômage, divorce ) et entraîner des défauts en chaîne.
La publication de cette note du HCSF s'accompagne d'une consultation avec les parties prenantes (banques, courtiers, associations...) sur les solutions pour remédier à la situation. Bercy est déjà prêt à agir. Le ministère réfléchit à encadrer davantage la politique des banques en matière de crédit immobilier. Les Echos avance dores et déjà quelques pistes à l'étude.
Selon le média économique, la première serait dinterdire un taux deffort supérieur à 33%. Autre idée : limiter la pression à la baisse des taux induite par les renégociations de prêts immobiliers. Pour ce faire, Bercy pourrait augmenter les pénalités en cas de rachat anticipé (IRA) payées par les emprunteurs. Le plafond légal des IRA, actuellement de 3% du capital restant dû et 6 mois dintérêts, pourrait être réévalué Enfin, Bercy réfléchirait, d'une part à instaurer un taux d'intérêt plancher en dessous duquel il ne serait pas possible d'emprunter, et d'autre part d'augmenter le taux dusure, cest-à-dire le taux maximum que peuvent appliquer les banques.
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