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Crédit immobilier : pourquoi Bercy veut vous empêcher d'emprunter

Agence de la Société Générale - Mai 2018
DR

Dans le cadre d’une consultation publique, le Haut Conseil de stabilité financière, présidé par le ministre de l’Economie, s’inquiète de l’assouplissement des conditions d’octroi des crédits immobiliers. Des pistes pour limiter la baisse des taux sont à l’étude.

Les banques font-elles preuve de laxisme dans leur politique d’octroi de prêt immobilier ? C’est en tout cas ce que peut laisser entendre un récent rapport du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), chargé d’analyser les risques systémiques et présidé par le ministre de l’Economie. En effet, la baisse importante des taux d’intérêt entre 2016 et 2019 pèse sur les bilans des banques. Les marges des crédits en cours ont baissé de l’ordre de 60 points de base, soit environ 6 milliards d’euros de recettes par an en moins pour les banques, pointe le HCSF.

La règle des 33% outrepassée

Outre les taux, le Haut Conseil s’inquiète également de l’assouplissement des conditions d’octroi. Dans un contexte de taux bas et d’augmentation des prix de l’immobilier, les banques se montrent en effet de plus en plus favorables à outrepasser la règle implicite des 33%. Si en théorie, la mensualité du crédit ne peut pas dépasser un tiers des revenus de l’emprunteur, « la part des prêts accordés avec un taux d’effort supérieur à 35% augmente, passant de 21,9% en 2015 à 24,8% en 2018 », s’inquiète le HCSF. Cet emballement peut peser sur la santé financière des ménages en cas d’accident de vie (chômage, divorce…) et entraîner des défauts en chaîne.

La publication de cette note du HCSF s'accompagne d'une consultation avec les parties prenantes (banques, courtiers, associations...) sur les solutions pour remédier à la situation. Bercy est déjà prêt à agir. Le ministère réfléchit à encadrer davantage la politique des banques en matière de crédit immobilier. Les Echos avance d’ores et déjà quelques pistes à l'étude.

Selon le média économique, la première serait d’interdire un taux d’effort supérieur à 33%. Autre idée : limiter la pression à la baisse des taux induite par les renégociations de prêts immobiliers. Pour ce faire, Bercy pourrait augmenter les pénalités en cas de rachat anticipé (IRA) payées par les emprunteurs. Le plafond légal des IRA, actuellement de 3% du capital restant dû et 6 mois d’intérêts, pourrait être réévalué Enfin, Bercy réfléchirait, d'une part à instaurer un taux d'intérêt plancher en dessous duquel il ne serait pas possible d'emprunter, et d'autre part d'augmenter le taux d’usure, c’est-à-dire le taux maximum que peuvent appliquer les banques.

Voir le baromètre des taux immobiliers

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© MoneyVox / MEF / Novembre 2019

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Commentaires

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Publié le 6 novembre 2019 à 07h20 - #1Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Bercy ferait parfois mieux de ne rien faire au lieu d'extrapoler n'importe quoi.
Dans le calcul de crédit, le ratio d'endettement est pondéré avec celui de "reste à vivre" afin de pouvoir apprécier une situation à sa juste valeur.
Ce ratio tient compte du nombre de personnes dans le foyer et des charges de crédit + impots.
Ex simple: un smicard endetté à 33% aura un reste à vivre bien moindre qu'un cadre à 5000€, donc dans cet exemple, même si le cadre est endetté à 50% il lui reste encore l'équivalent de 2 smic mensuels pour vivre.
Si ces têtes brûlées nous pondent une loi ne tenant compte que de l'endettement attendez vous à voir les vannes du crédit se fermer avec toutes les conséquences que cela engendre sur l'économie...car aujourd'hui bon nombre de ménages dépassent ce seuil (residence principale, voiture + autres projets...)

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Publié le 9 juin 2020 à 07h38 - #2GILBERT.B
  • Homme
  • Israël.
  • 68 ans

Réponse à STUNT 38. Votre calcul est exact mais vous oubliez la psychologie humaine. En effet un couple qui gagne bien sa vie ne se contentera pas de 2 SMIC pour le reste à vivre eu égard à son standing habituel et aux besoins de ses enfants. Donc la règle des banques en tient compte. De plus cette règle est connue de tous depuis 50 ans...rien de nouveau et pas de quoi s'offusquer.

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Publié le 10 juin 2020 à 07h23 - #3Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Je ne la mentionne pas en effet car les clients sont étonnamment plus critique que nous sur la mensualité qu'ils souhaitent allouer à leur emprunt, ce qui est en soit rassurant.
Toutefois ce ne sont pas les revenus confortables le problème, mais bien la myriade de gens du début de la classe moyenne qui constituent le gros du marché et qui vont se voir exclus de facto si l'on s'en tient strictement aux 33%, ce qui aura donc des répercussions sur tout le secteur immobilier et le btp, avec les conséquences que l'on connait.
Après la crise que l'on vient de traverser ça m'étonnerait fort qu'une directive poursuive dans ce sens, tout au plus une recommandation.

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