Cest un communiqué de lAssemblée des départements de France qui a mis le feu aux poudres : « Les départements ont accueilli avec intérêt loffre [du gouvernement] dun déplafonnement des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) qui permettrait de dégager de nouvelles recettes et dabonder les ressources des départements les plus démunis. » Le 17 mai, Le Figaro développe ce point en affirmant que le Premier ministre Edouard Philippe a proposé aux départements de relever le plafond du taux départemental des DMTO, surnommés par simplicité « frais de notaire », de 4,5% à 4,7%. Autrement dit, il s'agit d'augmenter la part des frais et taxes perçus lors dune acquisition immobilière qui revient aux départements, lobjectif étant de compenser la suppression de la taxe dhabitation.
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Mais, le 20 mai, le ministre de lEconomie et des Finances Bruno Le Maire a exprimé sur CNews son opposition à lidée d« augmenter les frais de notaire ». La hausse du taux départemental des droits de mutation en 2019 na donc rien, à ce jour, dune mesure confirmée.
« Un jeu de vases communicants »
Il nempêche. Cette esquisse dannonce gouvernementale a aussitôt été suivie de réactions. Dans un communiqué, le président de lAssociation professionnelle des intermédiaires en crédits (Apic) pointe ce quil considère comme « une erreur politique ». « Alors que la majorité des Français souhaite accéder à la propriété, augmenter les droits de mutation serait une erreur, et contreproductif face aux objectifs annoncés par le gouvernement en matière de logement », juge son président, Philippe Taboret. « Les collectivités départementales accaparent déjà la partie la plus importante de ce prélèvement », ajoute lApic. « Il représente 4,5% de la valeur du bien. Le taux pourrait augmenter jusquà 4,7% pour les conseils généraux qui en éprouvent le besoin. »
« On supprime la taxe dhabitation dun côté, mais on augmente les frais de notaire de lautre », réagit Jérôme Robin. « Cest un jeu de vases communicants dans lequel les propriétaires sont encore perdants ! » Le directeur général du courtier Vousfinancer rappelle par ailleurs que les droits de mutation étaient plafonnés à 3,8% de la valeur du bien jusquen 2014 avant une hausse à 4,5% décidée par le précédent gouvernement. « Attention à ne pas trop alourdir la fiscalité immobilière pour ne pas casser la dynamique », a de son côté souligné Didier Coiffard, le président du Conseil supérieur du notariat.
Avec cette hausse potentielle, en 2019, lApic souligne que « selon trois simulations » réalisées par ses membres, « si la mesure était appliquée, les surcoûts constatés iraient de 500 euros pour une maison à 200 000 euros dans le Morbihan, à 2 000 euros pour un appartement parisien à 1 million deuros ».















