Les taux immobiliers repartent à la hausse, et les candidats à l'achat doivent de nouveau composer avec des conditions de financement moins favorables. Selon le courtier Pretto, les taux moyens atteignent 3,66% sur 20 ans en octobre 2026, contre 3,38% le mois précédent. En cause, notamment, la remontée du rendement des obligations assimilables du Trésor (OAT) à 10 ans, qui contribue à renchérir les conditions de financement des banques.
Mais si les emprunteurs disposent de peu de marge de manuvre sur les taux proposés par leur banque, ils peuvent agir sur un autre élément de leur crédit : l'assurance emprunteur. Souvent souscrite directement auprès de l'établissement prêteur, cette couverture représente une dépense qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée d'un financement.
Assurance de prêt immobilier : ces banques qui vous empêchent de faire des économies
Or, rien n'oblige les particuliers à conserver l'assurance proposée par leur banque. En choisissant un contrat concurrent, ils peuvent parfois réaliser des économies substantielles. Et même améliorer leurs chances de décrocher un crédit immobilier.
Jusqu'à 10 000 euros d'économies sur son crédit immobilier ?
L'assurance emprunteur permet de prendre en charge, selon les garanties souscrites et les conditions du contrat, tout ou partie du remboursement d'un crédit en cas de décès, de perte totale et irréversible d'autonomie, d'invalidité ou d'incapacité de travail.
Si elle n'est pas légalement obligatoire, elle est exigée dans la quasi-totalité des crédits immobiliers. Son coût dépend notamment de l'âge de l'emprunteur, de son état de santé lorsque celui-ci peut être pris en compte, de sa profession et du montant assuré.
Mais les tarifs peuvent aussi varier considérablement d'un assureur à l'autre. « Les économies peuvent en moyenne atteindre 10 000 euros sur la durée du prêt en passant par un contrat alternatif », estime Christophe Boiché, directeur des assurances chez Meilleurtaux. Une estimation indicative, qui dépend évidemment du profil de l'emprunteur et des caractéristiques de son crédit.
« Les banques préfèrent les jeunes »... Pouvez-vous obtenir un crédit immobilier après 60 ans ?
Prenons un exemple simple. Pour un crédit de 250 000 euros sur 25 ans, une assurance facturée 0,36% du capital initial coûte 75 euros par mois, soit 22 500 euros sur toute la durée du prêt. Avec un contrat à 0,12%, la facture tombe à 25 euros mensuels, soit 7 500 euros au total. L'économie atteint alors 15 000 euros, à garanties et quotité identiques, dans cet exemple théorique.
Tous les emprunteurs ne peuvent toutefois pas prétendre aux mêmes économies. Selon Christophe Boiché, les profils jeunes, non-fumeurs, exerçant une profession sédentaire et présentant peu de risques sont généralement les mieux placés pour bénéficier de tarifs particulièrement compétitifs.
Une assurance moins chère pour décrocher son crédit ?
Mais l'intérêt d'une assurance moins chère ne se limite pas aux économies réalisées. Elle peut également contribuer à débloquer certains dossiers de financement, notamment dans un contexte de hausses des taux rapides.
Une assurance moins chère permet en effet de réduire le taux annuel effectif global (TAEG), qui intègre notamment les intérêts du crédit, les frais obligatoires et le coût de l'assurance exigée. C'est particulièrement utile lorsque le TAEG approche du taux d'usure, c'est-à-dire le plafond légal au-delà duquel une banque ne peut pas accorder de prêt. Depuis le 1er octobre 2026, celui-ci est fixé à 5,40% pour les crédits immobiliers à taux fixe d'une durée de 20 ans ou plus, selon la Banque de France.
« La délégation d'assurance peut permettre de passer un peu en dessous du taux d'usure et d'améliorer les capacités d'endettement des emprunteurs », souligne Christophe Boiché. Une solution qui peut donc faire la différence pour certains dossiers, même si elle ne compense pas systématiquement une hausse des taux d'intérêt.
Changer d'assurance à tout moment, même après avoir signé
Bonne nouvelle : cette possibilité n'est pas réservée aux nouveaux emprunteurs. Depuis la loi Lemoine de 2022, il est possible de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais de résiliation, y compris lorsque le remboursement du crédit a commencé depuis plusieurs années.
Une seule condition essentielle : le nouveau contrat doit présenter un niveau de garanties au moins équivalent à celui exigé par la banque. Celle-ci ne peut donc pas refuser une assurance concurrente au seul motif qu'elle ne commercialise pas le contrat.
Reste à comparer attentivement les offres. Au-delà du tarif, les exclusions de garantie, les franchises, les conditions de prise en charge et les quotités assurées peuvent faire toute la différence. Il faut également regarder le coût de l'assurance sur la durée restante du prêt, et pas uniquement sa mensualité.
Car si les économies peuvent être importantes, notamment durant les premières années du crédit, le contrat le moins cher n'est pas nécessairement le plus protecteur. L'objectif reste donc de réduire la facture sans sacrifier les garanties essentielles.















