« Nous n'avons pas encore su trouver suffisamment les réponses micro et macroprudentielles qui conviennent pour assurer la résilience du système financier dans son ensemble au-delà des banques et des assurances », a déclaré M. Villeroy de Galhau à l'occasion de la présentation du rapport annuel de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Certains fonds de crédit privé - qui accordent des prêts aux entreprises sans être des banques - ont fait face ces derniers mois à des demandes importantes de retraits d'argent de la part des investisseurs aux Etats-Unis, signe d'un manque de confiance dans ces produits financiers.

L'ACPR, gendarme des banques et des compagnies d'assurance, s'est donc lancé dans un stress test (test de résistance) dédié à ce sujet, dont les résultats seront connus en octobre. « La photo européenne aujourd'hui est rassurante, notre rôle c'est d'éviter que le film tourne mal », a résumé le gouverneur, qui souhaite « qu'un tel stress test à l'échelle du système puisse avoir lieu aussi au niveau européen, et regarde en particulier le crédit privé ».

Les banques françaises sont exposées au crédit privé à hauteur de 0,4% de leur bilan, a précisé la secrétaire générale de l'ACPR Emmanuelle Assouan. Ces expositions, aujourd'hui très limitées mais en hausse de 25%, « sont particulièrement complexes » puisque « protéiformes », a-t-elle continué.

Les banques peuvent être exposés via des prêts à des investisseurs qui eux-même placent cet argent dans le crédit privé, ou via des prêts accordés à des fonds d'investissement qui structurent des offres de crédit privé.

Les banques peuvent aussi, via du crédit bancaire classique, se retrouver piégées si leur client entreprise a souscrit par ailleurs un crédit privé et peine à le rembourser. Ce sont ces nombreuses interconnexions et interactions au sein du secteur financier que l'ACPR veut démêler, en s'assurant que chaque établissement bancaire identifie les « nœuds de vulnérabilité qui peuvent se combiner aussi bien au niveau investisseurs, fonds qu'entreprises », a souligné Mme Assouan.

Les assureurs sont eux aussi exposés à la dette privée, à hauteur de 1% de leurs bilans, selon l'ACPR. Mais leurs expositions « sont plutôt en général de bonne qualité et européennes », a indiqué le vice-président de l'ACPR Jean-Paul Faugère.