Depuis la disparition du RSI en 2020, les travailleuses indépendantes relèvent du régime général. Elles peuvent bénéficier de deux prestations cumulables, prévues par le Code de la Sécurité sociale : une allocation forfaitaire de repos maternel et des indemnités journalières. Pour les percevoir, deux règles à respecter : justifier d'au moins 6 mois d'affiliation à la date présumée de l'accouchement et cesser totalement son activité pendant 8 semaines minimum, dont 6 après la naissance.

L'allocation forfaitaire atteint 4 005 euros en 2026. La CPAM en verse la moitié au début du congé prénatal, le reste après l'accouchement. Les indemnités journalières, elles, peuvent atteindre 65,84 euros brut par jour, week-ends compris. Attention : elles restent soumises à la CSG, à la CRDS et à l'impôt sur le revenu.

Le montant de ces prestations dépend du revenu d'activité annuel moyen (RAAM) des 3 dernières années, calculé après abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires. Et pour les indépendantes aux revenus les plus faibles, l'écart peut être considérable : sous 4 582 euros de RAAM, soit 10% du PASS en 2026, les aides sont tout simplement divisées par 10. L'allocation maternité tombe alors à 400,50 euros et les indemnités journalières à seulement 6,58 euros par jour. Les indépendantes concernées peuvent toutefois demander à la CPAM un recalcul de leurs droits sur la base d'une ancienne activité salariée ou d'une période de chômage indemnisé.

Le congé dure 16 semaines pour un 1er ou 2e enfant, 26 semaines à partir du 3e. Côté Urssaf, l'indépendante déclare 0 euro de chiffre d'affaires et ne paie aucune cotisation. Et en cas de trésorerie dans le rouge, le site Ameli.fr indique qu'il est possible de reporter les cotisations sociales sur toute la durée du congé, avec « un plan d'apurement d'une durée de 12 mois, pouvant aller jusqu'à 24 mois ».

Grossesse pathologique, adoption et pluriactivité

En cas de grossesse pathologique, le congé maternité peut être prolongé de 15 à 30 jours indemnisés. Les travailleuses indépendantes bénéficient également de droits en cas d'adoption, avec des montants identiques à ceux prévus pour une naissance. À une différence près : l'allocation forfaitaire est versée en une seule fois. Enfin, celles qui cumulent salariat et freelancing peuvent percevoir des indemnités au titre de leurs deux activités, sous conditions.

Autre dispositif à venir : le nouveau congé de naissance. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, il entrera en vigueur le 1er juillet 2026 et concernera aussi les travailleurs à leur compte. Chaque parent pourra alors prolonger son arrêt d'un à deux mois après le congé maternité, dans les 9 mois suivant la naissance. Mais attention : l'indemnisation prévue s'annonce moins généreuse. Selon un projet de décret encore en discussion, les indemnités seraient réduites à 70% le premier mois, puis à 60% le second.