Vous scrutez les annonces de taux pour savoir combien l’année 2020 vous a rapporté ? Les performances – encourageantes ou décevantes – d’un contrat d’assurance vie ne doivent pas occulter les frais rognant votre épargne. La CLCV a calculé les moyennes de frais ponctionnés sur différents types de contrats. Ce qu’il faut retenir.

Frais de gestion, frais d’adhésion, frais sur versements, frais de mandat de gestion, frais d’arbitrage, frais d’arrérages… Pour certains contrats, les multiples frais de l’assurance vie fonctionnent comme un millefeuille difficile à décrypter pour le consommateur. Parmi ces multiples lignes tarifaires, deux catégories de frais doivent plus spécifiquement être scrutées : les frais sur versements, qui rognent votre épargne avant même qu’elle ne commence à générer des intérêts ; et les frais de gestion, prélevés chaque année par l’assureur. Dans la 4e édition de son observatoire de l’assurance vie, l’association de consommateurs CLCV a calculé les frais moyens pour ces deux catégories de tarifs, et pour différentes familles de contrats.

Type de contrats d'assurance vieFrais sur versementsFrais de gestion sur le fonds eurosFrais de gestion sur les unités de compte
Contrats bancaires 3,39%0,72%0,87%
Contrats d'assureurs ou mutuelles 2,57%0,69%0,79%
Contrats internet0,08%0,70%0,66%
« Blockbusters » 3,16%0,69%0,81%
Contrats multisupports fermés 3,44%0,75%0,80%
Moyenne globale 2,85%0,70%0,82%

Source : CLCV
* La CLCV inclut d'autres familles de contrats dans son comparatif (monosupports fermés, contrats associatifs…)

Dans le tableau ci-dessus, la CLCV catégorise comme « blockbusters » les 19 contrats d’assurance vie drainant les plus gros encours d’épargne dans le panel étudié (plus de 10 milliards d’euros par contrat). Les « contrats multisupports fermés » représentent eux les « vieux » contrats qui ne sont plus commercialisés, et donc potentiellement moins favorisés par leurs gestionnaires.

A savoir : la CLCV base ses informations sur un questionnaire envoyé aux assureurs (245 réponses sur 938 envoyés).

Frais sur versements : 2 années perdues

La réglementation limite à 5% les frais d’entrée sur les contrats d’assurance vie. La majeure partie des frais ponctionnés à l’entrée se fait via les frais sur versements. Concrètement, un pourcentage de chaque nouveau dépôt est conservé par l’assureur. Dans les faits, ces frais servent avant tout à financer le distributeur, autrement dit la banque, le courtier, agent général ou conseiller financier qui vend le contrat. Problème : ces frais sont négociables et seul le maximum figure sur le contrat. Un maximum qui n’est donc pas systématiquement ponctionné… à condition que le client réclame un rabais !

La CLCV a fait le choix d’établir ses moyennes sur la base du maximum contractuel : « Étant donné la difficulté de mesurer la pratique des établissements, nous considérons que le consommateur doit surtout s’intéresser aux éléments contractuels. Impossible pour un distributeur de demander plus. » Sandrine Perrois, juriste de l’association de consommateurs, confirme que la moyenne pratiquée est « difficile à établir ».

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Résultat : 2,85% de frais sur versements, en moyenne. « Ainsi, l’argent des épargnants commence par travailler pendant environ deux ans au profit des assureurs », illustre la CLCV dans son étude. Deux années de rendement sont en effet en moyenne nécessaires pour rattraper cette ponction à l'entrée.

A noter : l’écart est béant entre les contrats distribués par les banques (3,39%) et ceux commercialisés sur internet (0,08%), où l’absence de frais sur versement est quasi garantie.

Frais de gestion : vigilance pour les unités de compte

Quand les performances des fonds en euros sont annoncées, chaque année, celles-ci sont toujours communiqués en « net de frais de gestion », donc après perception de cette ligne de frais. Ce qui la rend quasi invisible du client. Or cette ligne, non négociable, ne doit pas être négligée : « Face à la concurrence d’internet et à la baisse des rendements, les clients sont de moins enclins à accepter de payer des frais d’entrée, relève la CLCV. La tendance est donc à la baisse des frais d’entrée et à la hausse des frais de gestion. »

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L’association de consommateurs vous incite en particulier à prêter attention aux frais de gestion portant sur les unités de compte (UC), des supports que les banques et assureurs poussent sans ambiguïté face à des fonds en euros affichant des rendements en berne : « Les frais sur unités de compte sont en moyenne supérieurs aux frais de gestion des fonds en euros, alors que cette solution coûte moins cher aux professionnels en fonds propres et qu’ils perçoivent des rétrocessions de commissions par ailleurs… »

L’association pointe aussi la grande disparité des frais de gestion liés aux options pour le pilotage des UC : les mandats de gestion « existent aujourd’hui pour un tiers de notre périmètre », note la CLCV, qui dresse le constat suivant : « Coût affiché, de 0 à 1,65% ». Or dans certains cas les frais de la gestion sous mandat sont « tout compris », dans d’autres ils s’ajoutent aux frais du contrat. « Pour les non-initiés, ce n’est pas évident de s’y retrouver, confirme Sandrine Perrois. Il faut bien comparer. C’est un vrai travail d’être consommateur ! »

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Qui paie trop de frais ?

Sandrine Perrois, de la CLCV, souligne que le niveau de frais d’un contrat n’est pas nécessairement rédhibitoire : « Il faut regarder l’ensemble du contrat. Les frais sont un élément de comparaison parmi d’autres. Il n’empêche : les chiffres ainsi publiés par la CLCV permettent de savoir si le niveau de frais de votre contrat dépasse ou non la moyenne. Le fait de dépasser ces niveaux moyens est clairement un mauvais point !

Sandrine Perrois explique d’ailleurs le niveau élevé des frais pour les contrats des banques et pour les « blockbusters » (les contrats les plus vendus) par un manque d’information des clients : « L’assurance vie est un produit complexe. Mais ce produit est notamment distribué dans de grands réseaux bancaires. Souvent, les clients ne savent pas vraiment ce qu’ils souscrivent, en faisant confiance à leur banquier. Il faut rester vigilant ! »

Voir notre comparatif des offres d'assurances vie