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Assurance vie : comment négocier vos frais de versement

Négociation
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Vous possédez ou vous allez ouvrir une assurance vie dans votre banque, ou auprès d’un conseiller en gestion de patrimoine ? Des frais d’entrée vous seront facturés à chaque versement. Cinq conseils pour tenter de les revoir à la baisse.

Vous vous apprêtez à verser de l'argent sur une assurance vie « bancaire ». Surprise : vous découvrez ou redécouvrez le niveau de frais de versement, aussi appelés frais d’entrée. Jusqu’à 5% - le maximum légal - de la somme déposée dans certaines banques ! Ainsi, en versant 1 000 euros sur un contrat à 5% de frais d’entrée, seuls 950 euros seront réellement investis à l’ouverture. Dans l’hypothèse - aujourd’hui très favorable - d’une rémunération annuelle de 2%, il vous faudra attendre plus de 3 années pleines pour rattraper ce rabot initial... « L’épargne investie est nette de frais d’entrée », confirme Cyrille Chartier-Kastler, fondateur de Goodvalueformoney.eu. Mais les conditions générales des contrats d’assurance vie prévoient toujours un niveau de frais de versement « maximum ». Il est donc possible de négocier vos frais d’entrée !

Plus d’infos : Comment les frais sur versement rognent la rentabilité de votre assurance vie

1 – Viser le 0%, impossible dans une grande banque

« Les frais de versement sont partagés entre l’assureur et le distributeur », rappelle Cyrille Chartier-Kastler. Et ils sont stratégiques pour le distributeur, autrement dit la banque ou le conseiller en gestion de patrimoine, « puisqu’il s’agit de sa principale rémunération sur les flux en assurance vie, explique Aurélien Soustre, cadre bancaire et membre du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) en tant que représentant syndical (FSPBA-CGT). En effet, les sommes investies sont ensuite gérées par l’assureur filiale du groupe bancaire, ou par un assureur partenaire. » Les frais de gestion, l’autre socle de la tarification de l’assurance vie, vont eux dans la poche de ce dernier. Abaisser les frais d’entrée à 0% apparaît donc illusoire.

Lire aussi : Comment votre banquier gagne-t-il de l’argent avec votre assurance vie ?

2 – Comparer le niveau de frais avec l’actuel contrat « star »

Millevie Essentielle, à la Caisse d’Epargne : 3,50% de frais d’entrée maximum. Plan Assurance Vie, au Crédit Mutuel : 3,15%. Séquoia, à la Société Générale : 3%. Là où certains contrats permettaient de facturer jusqu’à 4,50% ou 5% voici quelques années, les banques affichent dorénavant des niveaux maximums plus « modérés », comme le confirme Cyrille Chartier-Kastler : « Les contrats lancés ces dernières années fixent un maximum de frais à un niveau inférieur à ce que l’on voyait par le passé. Plutôt autour de 3%. Mais les frais maximums restent à 4,50% ou 5% sur les contrats ouverts précédemment. »

Si vous souhaitez verser sur un « vieux » contrat, où les frais sont très élevés, n’hésitez pas à comparer avec le nouveau contrat « star » de votre banque, celui qui est mis en avant actuellement. Cela vous permettra de disposer d’un premier argument dans la négociation, en sachant que vous pourrez aussi rappeler à votre banquier la possibilité de transformer votre vieux contrat en un plus récent dans le cadre du « transfert loi Pacte ».

3 – Accepter de miser sur les unités de compte

« Dans les réseaux bancaires, pour les épargnants “grand public”, le plus souvent, ce sont bien les frais maximums qui sont appliqués », observe le fondateur de Goodvalueformoney.eu. Une analyse confirmée par Aurélien Soustre, observateur privilégié des pratiques commerciales dans les réseaux bancaires : « D’expérience, les clients bancaires n’essaient que très rarement de négocier, sauf pour le versement d’une somme importante. Le plus souvent, si les frais sont abaissés, c’est à l’occasion d’offres flash. Mais elles sont toujours soumises à la condition d’un investissement minimal en unités de compte. »

« Les assureurs réclament désormais au moins 30% d’unités de compte »

Le meilleur argument, pour obtenir un rabais sur les frais de versement, reste d’accepter d’investir une part de votre épargne en unités de compte, sans garantie en capital, contrairement aux fonds en euros. « Si vous n’investissez que 15% de votre versement en unités de compte, et que la somme reste limitée à quelques centaines d’euros, il sera très difficile de négocier les frais d’entrée à la baisse. Les assureurs réclament désormais au moins 30% d’unités de compte », constate Cyrille Chartier-Kastler.

Lire aussi : La « mort » du fonds en euros en 8 questions

4 – Souligner les sommes en jeu, s’il s’agit d’un gros versement

« Quand il y a un enjeu pour le banquier, que le client a un certain patrimoine, il parviendra toujours à obtenir un rabais ou à annuler les frais de versement, appuie Stellane Cohen, directrice générale d’Altaprofits. En revanche, en banque universelle, pour un client lambda qui n’a guère qu’une épargne de précaution, c’est plus délicat… »

Ce constat peut évidemment sembler injuste mais les clients les plus « rentables » pour la banque ou l’assureur seront privilégiés dans une négociation. « Si vous avez un contrat patrimonial [généralement accessible à partir de plusieurs milliers d’euros de versement initial, NDLR], ou si vous passez par un conseiller en gestion de patrimoine, en revanche, les frais se négocient plus aisément », ajoute Cyrille Chartier-Kastler.

5 – Négocier une baisse jusqu’à 1%, au mieux

Si la négociation s’engage, jusqu’où pouvez-vous abaisser ces frais d’entrée ? « Si vos frais sur versement ne sont pas à 0%, ce qui est la norme sur le marché de l’épargne en ligne, ils ne devraient raisonnablement pas être supérieurs à 1%, insiste Eric Girault, fondateur de Mes-placements.fr. Des frais sur versement de 3%, quand la rémunération annuelle était de 9%, oui, mais les taux sont aujourd’hui très bas. 1% maximum, cela reste acceptable. » Cet objectif de 1% apparaît « raisonnable » aux yeux de Cyrille Chartier-Kastler : « Même s’il accepte d’investir 30% de son versement en unités de compte, il aura du mal à descendre plus bas. »

Des alternatives sans frais sur versement

Si vous échouez à négocier vos frais d’entrée, il est évidemment possible d’ouvrir une assurance vie chez un acteur alternatif. « Certains assureurs mutualistes ont eux abaissé les frais d’entrée à 0% pour la part des versements investie sur les unités de compte », précise Cyrille Chartier-Kastler. C’est par exemple le cas de la MACSF, de la MIF ou encore de la Macif. La prestigieuse association d’épargnants Afer a elle aussi revu et corrigé toute sa politique de frais. Et l’absence de frais sur versement est de longue date la norme sur le marché de l’épargne en ligne, aussi bien auprès des courtiers que des banques en ligne.

Voir le comparatif de contrats d'assurance vie à frais réduits

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© MoneyVox / BL / Mai 2020

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Commentaires

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Publié le 20 mai 2020 à 07h31 - #1Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Vous avez l'ancienne grille du Credit Mutuel, elle a changé depuis novembre dernier :
C'est désormais 2,5% sur la part en € (non négociable) et libre sur la part UC (abaissable jusqu'à 0,1%).
Par ailleurs le tout gratuut en ligne est beaucoup plus difficile à dénicher ou alors en ayant une part conséquente en UC...
L'etau se resserre donc entre les enseignes du ooint de vue purement économique.

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Publié le 21 mai 2020 à 12h48 - #2Pseudo
  • Homme

A la Banque Postale (et dans les autres banques traditionnelles également, je pense), la marge de négociation est très limitée si absence d'unités de compte.
Exemple : pour un versement inférieur à 5000e n'espérez pas moins de 3,5% de frais d'entrée si pas d'UC, pour 10 000e 3% minimum, entre 10 et 25ke, au mieux vous aurez du 2,5% et du 2% minimum si plus de 50ke de versement à effectuer.

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Publié le 22 mai 2020 à 13h16 - #3GILBERT.B
  • Homme
  • Israël.
  • 68 ans

Je rappelle que l'investissement ASSURANCE VIE est quasi suicidaire eu égard à la dette abyssale de la FRANCE. Donc on se dirige vers une taxe voire une ponction de la somme disponible MANU MILITARI PAR LE TRESOR PUBLIC EN GÉNÉRAL UN WEEKEND DU MOIS D'AOÛT COMME LES DEVALUATIONS DANS LES ANNEES 70.

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Publié le 22 mai 2020 à 19h06 - #4Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Une taxation me parait très improbable car la grande majorité des fonds des AV servent justement déjà à financer la dette des états dont la France, ce serait tirer une balle dans le pied...
La meilleute solution pour tout le monde c'est de relancer l'activité économique pour que la machine puisse de nouveau tourner à la normale

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Publié le 23 mai 2020 à 04h18 - #5zyxel22
  • Homme
  • Mul
  • 53 ans

Faut ouvrir les yeux, de temps en temps. Il est très loin, ou l'assurance-vie n'était pas taxée. La dernière (nouvelle) taxe remonte à moins de 3 ans. Pour recenser les diverses taxes, ou prélèvements, il faudrait un ouvrage entier de plusieurs centaines de pages..

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Publié le 24 mai 2020 à 08h29 - #6Stunt38
  • Homme
  • 100 ans

Faut surtout faire la différence entre un ponctionnement et une réforme/évolution fiscale.
La dernière en date a modifié la fiscalité des rachats en cas de vie sur un contrat de moins de 8 ans (et pour les sommes versées à compter de cette réforme) en instaurant un prélèvement unique en lieu et place d'un barème dégressif 0-4 ans puis 4-8 ans.
Le nouveau barème est même globalement plus intéressant que l'ancien (12.8% au lieu de 35% puis 15%).
L'état a bien compris l'intérêt de ce type de contrat.
Le fait de le ponctionner serait "bénéfique" à très court terme pour recueillir désespérément quelques fonds en urgence mais ce serait catastrophique par la suite car c'est l'une de ses principale source de financement...les gens perdraient confiance et la collecte s'en ressentirait lourdement

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Publié le 25 mai 2020 à 05h53 - #7zyxel22
  • Homme
  • Mul
  • 53 ans

la dernière taxe de 2017 à réussi à faire ce que même Flamby n'a pas réussi : me détourner de l'AV à jamais : sur un contrat de plus de 150 000 €, et de plus de 8 ans, la fiscalité à augmenté. POINT. après, vous pouvez parler en nov'langue, en verlant, appeler cela une contribution, moi, je parles de FAITS établi et réel.

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