A l’image du Livret A, du Plan d’épargne logement ou encore du Plan d’épargne en actions, êtes-vous limité à un seul et unique contrat d’assurance vie ? Premier épisode de notre série d’été : les « questions pas si bêtes » sur votre argent.

Alors, un ou deux contrats ? Réponse : deux, voire bien plus si affinités ! Rien, dans le code des assurances, ne vous limite à la détention d’un seul et unique contrat. Vous pouvez donc en ouvrir plusieurs, et ce chez plusieurs assureurs ou établissements financiers.

Sur ce point, l’assurance vie se distingue de tous les produits d’épargne réglementée, dont la détention est limitée à un par personne : un seul Livret A, un seul Livret d’épargne populaire (si vous y avez le droit), un seul Plan d’épargne logement, un seul LDDS… Le Plan d’épargne en actions (PEA) est lui aussi limité à un seul plan par contribuable. Le gendarme des secteurs banque-assurance, l’ACPR, recense d’ailleurs pas moins 54 millions de contrats d’assurance vie en France, juste derrière le Livret A et ses 55 millions de contrats (1). Pourtant, selon l’Insee, les trois quarts de la population détiennent un Livret A, et seuls 38% des foyers ont ouvert une assurance vie. Déduction évidente : de très nombreux Français possèdent plusieurs contrats d’assurance vie.

Cette détention illimitée, en nombre de contrats, s’explique notamment par l’absence de plafond : vous pouvez épargner autant d’argent que vous le souhaitez sur vos contrats. Les seules limites sont d’ordre fiscal et successoral.

La limite fiscale

Vous ne payez aucun impôt sur les sommes que vous avez vous-même déposées, mais vous êtes susceptible d’en payer sur les gains réalisés grâce à vos dépôts. Quand votre contrat a dépassé le « cap fiscal » des 8 ans, votre assureur doit communiquer au fisc la part de gains et la part de dépôts pour chacun de vos retraits. C’est sur ce point que vous êtes limité : vous ne bénéficiez d’un abattement d’impôt sur le revenu que jusqu’à 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) de gains retirés de l’assurance vie, chaque année. Une limite qui vaut pour l’ensemble des retraits réalisés, tous contrats confondus.

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La limite successorale

En cas de décès, les sommes déposées sur l’assurance vie et transmises aux bénéficiaires sont « hors succession » jusqu’à 152 500 euros par bénéficiaire (pour les versements effectués jusqu’à 70 ans). Là encore, la limitation concerne la somme transmise au bénéficiaire, mais nullement le nombre de contrats.

Pourquoi ouvrir plusieurs contrats est une bonne idée

Plus de sécurité. Pour l’assurance vie, le système de garantie des dépôts, qui couvre le risque de faillite de l’assureur, est censé protéger votre épargne jusqu’à 70 000 euros. Une limite qui s’entend par client et par assureur. Autrement dit, si vous avez deux contrats auprès de deux assureurs différents, la garantie couvrant votre épargne grimpe à 140 000 euros. Puis à 210 000 euros pour 3 assureurs différents, et ainsi de suite pour les plus gros épargnants.

Des objectifs différents. Vous pouvez dédier un contrat à la constitution d’un patrimoine pour vos enfants, un autre à l’accumulation d’un capital en vue de la retraite, un autre à une épargne à moyen terme en recherchant la performance financière, etc. Par ailleurs, si vous voulez continuer à verser sur une assurance vie après 70 ans, il est souvent conseillé d’ouvrir un nouveau contrat car la fiscalité successorale change passé le 70e anniversaire.

Des atouts différents. Certains contrats offrent une gamme complète de supports immobiliers, d’autres ont l’avantage de disposer d’un fonds en euros performant, d’autres sont très allégés en frais, et d’autres encore donnent accès à des options de gestion automatisées… Vous pouvez donc choisir plusieurs contrats en « diversifiant » leurs atouts propres à chaque assurance vie.

Voir aussi le comparatif d’une sélection d’assurances vie

(1) Chiffre de l’observatoire de l’épargne réglementée, édition 2019.