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Epargne : pourquoi l'assurance vie passe au vert

Ecologie et épargne
© Africa Studio - stock.adobe.com

Les assureurs, les banques et les courtiers sont de plus en plus nombreux à proposer des assurances vie investies dans le développement durable et l’économie sociale et solidaire. En cause : des évolutions réglementaires conjuguées à l'intérêt croissant des investisseurs. Epargnants ayant la fibre écolo et sociale, avant d'investir, faites tout de même attention aux fonds choisis !

L'assurance vie se met au vert. Le 25 février, La Banque Postale a lancé un nouveau mandat d’arbitrage pour son assurance vie en ligne EasyVie. Sa particularité : il se veut « 100% ISR », c’est-à-dire conçu à partir de fonds ayant reçus le label Investissement Socialement Responsable (ISR), une certification censée distinguer les produits d’épargne dont une partie est investie dans des entreprises qui contribuent au développement durable.

Ce lancement n’est pas un acte isolé. Ces derniers mois, nombreux sont les assureurs et distributeurs d’assurances vie à proposer des portefeuilles comportant des unités de compte (UC) vertes ou solidaires. Ce fut le cas par exemple d’Aviva l’an dernier et de Boursorama Banque en janvier, rejoignant les précurseurs comme Nalo et son mandat d’investissement ISR lancé en 2018 ainsi que le Crédit Agricole avec son « Contrat solidaire ».

Ces professionels surfent sur l'intérêt des particuliers pour l’épargne solidaire. D’après l’enquête annuelle de l’Association française de la gestion financière, l’encours placé sur des produits responsables, quels qu’ils soient, dépasse 1 400 milliards d’euros en France à fin 2018, contre 1 081 milliards un an plus tôt. Un engouement constaté sur le terrain par Nalo. Lors de la présentation de ses performances 2019, la fintech avançait que 40% de ses clients choisissent l’allocation composée de fonds « investis dans des entreprises écologiques (énergies renouvelables, traitement de l'eau, etc.) et des entreprises qui respectent les meilleures pratiques sociales et environnementales ».

Une obligation introduite en 2020 par la loi Pacte

Il faut dire que dans le même temps, la loi relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi Pacte, est entrée en vigueur. Et depuis le 1er janvier, les distributeurs d’assurances vie sont obligés de proposer au moins une UC soit « solidaire » - c’est-à-dire dont 5 à 10% de l’encours est composé de titres émis par des entreprises solidaires d’utilité sociale agréées -, soit détentrice du label ISR, soit du label Greenfin France finance verte. Dès le 1er janvier 2022, l’obligation sera de proposer au moins une UC de chacune de ces catégories.

Lire aussi : Ce que la loi Pacte change pour vos finances

Du coup, les assureurs, courtiers et autres banques transforment cette obligation en opportunité d’attirer les investisseurs à la fibre sociétale en communiquant sur ces nouveaux fonds et mandats de gestion. « Nous sommes satisfaits que l'investissement solidaire soit un levier de marketing. Cela peut permettre aux unités de comptes solidaires de se démarquer de la centaine de supports proposés dans les contrats et donc d'accroître les sommes fléchées vers l'économie sociale et solidaires (ESS) », souligne Jon Sallé, responsable de l'observatoire de la finance solidaire de Finansol. « En revanche, il est dommage que les fonds euros, la plus grosse partie de l'encours de l'assurance vie [80% des quelques 1 785 milliards d’euros investis en assurance vie sont placés sur les fonds euros, NDLR], ne soient pas drainés vers l'ESS. La loi Pacte ne le prévoit pas alors que l'effet serait beaucoup plus important », poursuit-il.

Par ailleurs, l’épargnant voulant investir dans un but d’utilité sociale doit rester vigilant sur la composition de ces fonds « solidaires »… Une partie non négligeable pouvant être investie dans des actifs financiers classiques. « Pour être solidaire, l'encours de ces fonds doit être placé pour au moins 5 à 10% dans des entreprises de l'économie sociale et solidaire (avec agrément ESUS). Ce qui nous poserait problème, c'est si le reste servait à financer des activités polluantes ou l'armement par exemple », avertit Jon Sallé qui recommande d'opter pour des fonds étiquetés Finansol. « Pour qu’un fonds 90/10 ait le label Finansol, il faut aussi que la poche cotée soit investie avec une stratégie ISR. Nous allons donc plus loin que la loi ».

ISR et rendement font-ils bon ménage ?

Pour retenir sur le long terme l’attention des investisseurs, les UC et mandats ISR devront passer l’épreuve du rendement. Au regard des performances dévoilées par Nalo le 6 février, ce n’est pas une mission impossible. Ainsi, le portefeuille ISR a rapporté sur un an de 6,8% avec 5% d'UC investis en actions et jusqu'à 30,9% pour 95% d’UC en actions. Avec un même niveau d'UC, le portefeuille non labellisé n'a rapporté lui que de 6,5% à 22,9%. « Pour faire un bon produit solidaire, il faut d'abord faire un bon fonds », souligne Jon Sallé de Finansol. « La part investie dans l'économie sociale et solidaire représente 10% de l'encours. Les 90% restant sont investis en bourse. Donc si le fonds est bien fait, il doit rapporter ».

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© MoneyVox / MEF / Mars 2020

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