En 2015, les titulaires dassurance-vie cassent leurs habitudes et misent plus fortement quà laccoutumée sur les supports en unités de compte. Ces supports, qui ne présentent pas de garantie en capital mais promettent des rendements potentiellement élevés ont drainé plus de la moitié de la collecte nette de lassurance-vie en 2015. Mais les « UC » sont encore loin de détrôner les fonds en euros lorsquil sagit de mesurer le poids de chaque type de support dans la masse de lassurance-vie : depuis 10 ans, les UC représentent 15% à 19% des encours selon les chiffres clés 2014 de la Fédération française des sociétés dassurance (FFSA), et lengouement récent na pas bouleversé ce rapport de force.
Les fonds en euros, à capital garanti, sont donc loin dêtre démodés. En revanche, le type de contrat donnant accès à ces fonds a changé. Petit à petit, les contrats multisupports, permettant de miser sur un fonds en euros tout en diversifiant son épargne avec une part dunités de compte, ont supplanté le contrat monosupport en euros, si populaire voici encore 15 ou 20 ans.
Toujours près de 500 milliards deuros
Aujourdhui, il existe toujours des contrats « mono » en euros sur le marché, notamment chez certains acteurs mutualistes (MIF, Carac, GMF, SMABTP etc.), mais ils se raréfient. Les banques et grands réseaux dassurance commercialisent désormais quasi exclusivement des contrats « multi » et incitent même les épargnants à investir en unités de compte.
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La part des contrats « mono » sest donc logiquement diluée dans lencours de lassurance-vie, de 61% en 2004 à 33% en 2014. Mais ces contrats ne se sont pas effondrés pour autant. Ils pèsent toujours environ 500 milliards deuros, même si leur encours a légèrement diminué en une décennie. Dans le même temps, lencours global de lassurance-vie est passé denviron 800 milliards à 1.500 milliards deuros, ce qui explique cette baisse de part de marché pour le monosupport.
Les contrats en euros ouverts par le passé nont donc pas été clôturés par leurs titulaires, parce quils présentent parfois des avantages spécifiques (un taux minimum garanti par exemple) ou parce quils ont atteint leur maturité fiscale.
La transformation Fourgous toujours utilisée
Afin dinciter les épargnants à investir dans léconomie via les UC, les pouvoirs publics ont pourtant permis la transformation des contrats « mono » en « multi », tout en conservant lantériorité fiscale, par le biais de lamendement Fourgous, en vigueur depuis 2005. En 10 ans, 2,3 millions de contrats monosupport ont été transformés en multisupports, dont 103.000 en 2014. Pour un montant total de près de 78 milliards deuros. Lamendement Fourgous a eu un réel impact sur le marché mais na pas permis de transformer lensemble du stock des contrats « mono ».
La FFSA livre aussi des statistiques sur la répartition des actifs transférés dans le cadre de lamendement Fourgous. Depuis 2005, 29% vont sur les unités de compte au sein des contrats multisupports. Plus de 70% des actifs transférés depuis un contrat « mono » restent donc sur les indémodables fonds en euros.

















