« Les Français ont compris qu'il fallait accepter une part de risque plus importante pour avoir plus de rendement. » Lors de sa conférence de fin juin, le président de la fédération des assureurs (FFSA) Bernard Spitz a souligné un fait inédit : sur les premiers mois de lannée 2015, la collecte nette en unités de compte (UC) a dépassé celle des fonds en euros, auxquels les Français sont dordinaire si fidèles. Il venait ainsi confirmer la statistique publiée par le régulateur du secteur, lACPR, qui faisait état dune collecte nette réalisée aux deux tiers sur les supports en UC, chez les douze principaux assureurs français, lors du premier trimestre.
Les résultats financiers des banques et assureurs ne disent pas autre chose. « Hausse des encours dassurance-vie (+4,7% par rapport au 30 juin 2014), avec une part croissante des contrats en unités de compte (82% de la collecte nette au 2e trimestre 2015) », lit-on dans le rapport semestriel de BNP Paribas. Dans le groupe Banque Populaire-Caisse dEpargne (BPCE), les UC représentent 45% de la collecte nette sur lensemble du premier semestre. Le groupe fait ainsi état dune augmentation « significative » du poids des unités de compte dans lensemble des montants présents sur les contrats dassurance-vie, qui atteint désormais 19% de lencours. A titre de comparaison, selon lACPR, sur lensemble du marché, la part des UC était denviron 9% de lencours à la fin des années 90 et de 16,5% fin 2013.
Presque 20% des encours sur les UC
Au Crédit Agricole, la part des supports en unités de compte dans le « stock » grimpe à 19,5% à mi-2015, « en hausse de 0,7 point sur un an », avec près de 50 milliards deuros contre 205 milliards sur les fonds en euros. CNP Assurances, qui gère les contrats distribués par la Banque Postale et la Caisse dEpargne, fait état de la « forte croissance » de lactivité UC (+45,5%) qui « représente désormais 17,8% du total épargne/retraite », contre 11,6% au 1er semestre 2014. Le groupe Crédit Mutuel-CIC se contente pour sa part de souligner une progression de la part des unités de compte dans la collecte assurance-vie du Groupe des assurances du Crédit Mutuel.
Lorsque les banques privilégient les statistiques de collecte brute (les versements) à celles de collecte nette (les versements moins les retraits), les pourcentages sont moindres mais ils restent en augmentation. Les supports en unités de compte représentent ainsi 22% de la collecte brute au premier semestre à la Société Générale, une part qui avait déjà progressé de 4 points de 2013 à 2014.
Le constat est le même chez les assureurs traditionnels, à limage dAviva dont la part dUC dans la collecte brute est de 27% « contre 25% lannée précédente », et ce « sur lensemble des lignes dactivité Vie : UFF, Afer, Antarius et Aviva Vie ». Le PDG du groupe Axa Henri de Castries évoque lui une « croissance significative » des activités vie, épargne et retraite, « soutenu[e]s par les produits en unités de compte ».
Les incitations aux UC se généralisent
Ces assureurs traditionnels ont de longue date opté pour des incitations à linvestissement en unités de compte. Les réseaux bancaires sy sont eux convertis plus récemment, proposant des « bonus de rendement » ponctuels, cest-à-dire une rémunération boostée sur le fonds en euros à condition de verser un minimum sur les supports en unités de compte. BNP Paribas met ainsi en avant actuellement son offre « bonus peps » avec 0,25 ou 0,35 point de rémunération supplémentaire, pour les seules sommes versées à loccasion de cette offre et non pour lensemble de largent placé sur le fonds en euros. Loffre court jusquau 3 octobre. Même principe au Crédit Agricole avec un « bonus euro » pouvant grimper à 0,50 point (pour 50% du versement en UC) pour les transactions effectuées avant la fin septembre.
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