Dans un récent communiqué, vous publiez les résultats dune enquête de satisfaction menée sur vos clients, avec des scores particulièrement flatteurs (92% de clients satisfaits et 94,7% saluant la disponibilité de vos conseillers). Vous placez donc le conseil comme la clé de développement du marché de lépargne en ligne, notamment lassurance-vie ?
"Faisant partie des précurseurs, avec plus de 15 ans dexistence sur le marché de lépargne et de lassurance-vie sur internet, nous sommes aujourdhui le seul opérateur indépendant à mettre à disposition des conseillers de 9h à 19h du lundi au samedi. Nous voulions ainsi valider la pertinence de ce positionnement : une gamme de produits performants, accessibles à frais réduits tout en bénéficiant de conseil."
Pour quel impact sur le développement de votre activité ?
"Début 2015, mes-placements compte plus de 22.500 clients pour 800 millions deuros dencours sur 11 contrats dédiés dassurance-vie, de capitalisation, PEA, PEA-PME, Madelin et PERP."
Il est vrai que vous développez une gamme de produits particulièrement large et que vous exploitez aussi des sites comme mes-fcpi.fr, mes-perp.fr, etc. Tous ces produits marchent-ils aussi bien sur internet ?
"On se doit doffrir à nos clients tout le panel des produits dépargne, même si certains fonctionnent moins bien sur le web, comme le Madelin par exemple. Bien évidemment, cest lassurance-vie qui pèse le plus. Chez nous, elle représente 650 millions dencours et 17.000 clients. Et cette année, on y a enregistré une progression de la collecte entre 20 et 25%."
Le marché de lassurance-vie en ligne, encore au stade de « niche », compte déjà un assez grand nombre dopérateurs Selon vous quelles évolutions peut-on attendre à court terme ? Une concentration ou au contraire lentrée en jeu de nouveaux arrivants ?
"Lheure nest pas à la concentration. Le marché de lassurance-vie en ligne est encore jeune et suffisamment « profond » pour laisser la place à de nouveaux entrants. On parle de larrivée dacteurs comme Axa, Primonial, mais aussi beaucoup des FinTechs "
On parle souvent du grand potentiel de croissance de lassurance-vie en ligne, pourtant on est encore loin dun mouvement de masse
"Il est clair quen France nous sommes très en retard sur les services financiers sur le web. Au départ, on prédisait le franchissement du cap des 10% de lassurance-vie sur internet en 2010. En fait, si lon me disait que nous passerions les 5% lan prochain, je ny croirais pas ! Et honnêtement, personne ne comprend vraiment pourquoi ça ne se développe pas plus rapidement. Il est vrai quen France il y a des freins puissants, notamment sur les transferts Néanmoins les choses évoluent : on peut voir dans les ouvertures de contrats le début dune diversification des profils, jusque là très ciblés CSP+ et investisseurs "avertis". Mais nous nen sommes quau tout début dun phénomène de masse et peut-être faudra-t-il attendre un cycle générationnel pour voir une véritable démocratisation de lassurance-vie en ligne."
Quest-ce qui fait, au final, venir les épargnants sur lassurance-vie en ligne ? Et quest-ce qui peut accélérer cette démocratisation ? Des nouveautés comme la dématérialisation de la souscription ?
"Les principaux atouts de lassurance-vie internet restent bien évidemment les frais réduits et la souplesse dutilisation, bien que sur ce terrain, tous les contrats finissent par se ressembler. Les rendements un peu plus élevés sur les fonds en euros des contrats internet jouent aussi Mais au final ce sont des arguments qui parlent plutôt aux investisseurs avertis.
Les contrats dématérialisés ? Selon moi, les épargnants ne sont pas forcément en attente de ça aujourdhui. Lapproche FinTech, avec des algorithmes de sélection et des outils daide à base dintelligence artificielle ? Trop complexe pour la "masse affluente" dépargnants français (en cela je pense quil ne faut pas faire trop de parallèles avec ce qui se passe sur le marché américain par exemple). Je pense que les vraies pistes sont plutôt à chercher sur des services de gestion déléguée et/ou automatisée simples dutilisation, des conseils et des services "autour" du contrat dassurance-vie en lui-même."
Et les primes à la souscription que lon voit fleurir en ce moment ? Quen pensez-vous ?
"Selon moi, cette vente à prime constitue une véritable dérive du marché. Tout le monde le fait actuellement, notamment sous limpulsion dun assureur [Suravenir en loccurrence, NDLR], mais je doute de sa réelle efficacité : premièrement, cette prime-là se retrouve alors sur des contrats concurrents et naturellement chez Fortuneo. Ensuite, dexpérience, offrir 100 euros pour louverture dun contrat à 500 euros ne donne quune part infime de "vrais" contrats dassurance-vie : soit ces nouveaux arrivants repartent aussitôt, soit ils laissent leur contrat végéter à 500 euros. Voilà pourquoi nous avons préféré offrir 150 euros pour une ouverture à 5.000 euros. Mais cela reste pour moi une dérive, qui contribue à renchérir considérablement le coût dacquisition dun nouveau client. Il est vrai que les offres de ce type ne manquent pas en ce moment sur les produits financiers sur internet, notamment sur le terrain de la banque en ligne".
















