Dans un long entretien accordé au Journal du Net (JDN), François Pérol, le patron de BPCE, évoque les évolutions à venir du groupe bancaire né en 2009 de la fusion des groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire, notamment en matière de points de vente et d’assurance-vie. Morceaux choisis.

Des fusions à attendre dans les réseaux

Pas de « plan de fusions », mais des « rapprochements au cas par cas » : François Pérol a confirmé au JDN que l’organisation territoriale des caisses régionales Banque Populaire et Caisse d’Epargne était appelée à évoluer dans les années à venir, à l’image du projet de fusion entre les Banques Populaires d’Alsace et de Lorraine-Champagne. « Ma conviction personnelle est qu’il y aura d’autres fusions dans les mois, dans les années qui viennent. Mais pas un très grand nombre, car nous devons malgré tout conserver cette idée de proximité territoriale », a-t-il expliqué au JDN.

François Pérol confesse par ailleurs un échec dans la « création de coopérations industrielles » destinées à mettre en commun des moyens entre plusieurs Banques Populaires et plusieurs Caisses d’Epargne, à l’échelle interrégionale : « Cela n’a pas marché. Les banques régionales n’ont montré que peu d’intérêt pour ce concept. »

« Les banques ne créent plus d’agences »

Ces fusions s’accompagneront d’un gel, voire d’un recul, du nombre d’agences, et donc des nouveaux recrutements, dans les réseaux. « Je pense que la banque de détail en France ne sera pas un recruteur net dans les années qui viennent » a développé François Pérol. « Nous avons connu toute une période pendant laquelle nous avons équipé nos clients, bancarisé les Français et créé des agences. Cette époque est maintenant révolue. Les banques ne créent plus d’agences. Elles vont toutes, à mon avis, adapter leur réseau. »

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Pas de projet de banque low cost

Une banque en ligne low cost au sein de BPCE ? A priori, ce n’est pas pour demain. « Nous ne voulons pas créer une offre spécifique (…) à destination des clients 100% digital. Nous voulons répondre aux attentes de tous nos clients [et] certains sont encore 0% digital », a confirmé François Pérol. Caisses d’Epargne et Banques Populaires vont par contre consentir à un « investissement très important » pour « digitaliser » leurs offres : « L’objectif, c’est qu’en 2017, la quasi-totalité de notre offre de banque et d’assurance soit accessible par voie électronique. »

Assurance-vie : « un vaste projet d’investissement pour Natixis »

« Une décision industrielle et stratégique ». Face au JDN, François Pérol a justifié le choix de ne pas renouveler, à compter de 2016, le partenariat qui voit aujourd’hui les Caisses d’Epargne distribuer les contrats d’assurance-vie de CNP Assurances. « L’assurance-vie représente 40% de l’épargne des Français. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être absents de ce marché qui est complémentaire à nos activités », a-t-il expliqué. « Nous préférons maîtriser la totalité du dispositif et garder l’essentiel de la valeur plutôt que d’être dépendants de partenaires, même si nous les apprécions. »

C’est Natixis, filiale de BPCE, qui prendra le relais : « Nous avons un vaste projet d’investissement pour Natixis Assurances qui concerne le développement de programmes informatiques mais aussi les hommes. Nous aurons, bien sûr, besoin d’embaucher, de recruter, de former. »