Selon des chiffres de l'Association française de l'assurance (Afa) obtenus par les Echos, l'assurance-vie a connu une décollecte nette (versements moins retraits) de 1,5 milliard d'euros en mai, le plus haut niveau depuis décembre.

Après un mois d'avril quasiment à l'équilibre (-0,1 milliard d'euros), qui pouvait laisser espérer une forme de stabilisation, mai confirme que le secteur reste en proie à l'incertitude. Il s'agit de la neuvième décollecte nette sur les dix derniers mois.

Le mauvais mois de mai s'explique en grande partie par la baisse des versements, qui s'affichent en repli de 11% par rapport à avril et de 24% par rapport à mai 2011, à 8,3 milliards d'euros. Il s'agit du plus faible niveau de cotisation mensuelle depuis novembre 2011. En revanche, les retraits n'enregistrent qu'une légère baisse de 1% à 9,5 milliards. Depuis le début de l'année, la décollecte nette atteint 3,6 milliards d'euros.

Le total des sommes déposées sur des contrats d'assurance-vie a diminué, passant de 1.375,6 milliards d'euros fin avril à 1.363,7 milliards fin mai, selon l'Afa, qui regroupe les deux principales fédérations d'assureurs, la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) et le Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (Gema).

Incertitude sur la fiscalité

L'assurance-vie est victime d'une conjoncture très difficile, marquée par une préférence des épargnants pour l'épargne de court terme compte tenu de l'incertitude ambiante. Elle pâtit également de l'attentisme traditionnellement associé à une année électorale, les épargnants s'inquiétant de l'évolution possible du régime fiscal de l'assurance-vie. Le nouveau président de la République, François Hollande, a prévu d'appliquer le barême de l'impôt sur le revenu aux contrats de moins de huit ans et de laisser la fiscalité inchangée au-delà.

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A ces deux facteurs défavorables s'ajoutent le vieillissement de la population et l'arrivée de la génération « baby-boom » à l'âge de la retraite, ce qui incite davantage d'épargnants à utiliser tout ou partie des sommes déposées sur leurs contrats.