Le secteur de l'assurance en France a connu un rebond de son chiffre d'affaires en 2009, en hausse de 9,2% à 200,1 milliards d'euros grâce au redémarrage de l'assurance vie, selon une estimation publiée mercredi par la Fédération française de sociétés d'assurance (FFSA).

Boudée par les épargnants lors de la crise financière, au profit de placements à plus court terme comme le Livret A, l'assurance vie avait occasionné un recul de 6,4% des revenus du secteur en 2008. Elle a toutefois retrouvé des couleurs courant 2009 avec la stabilisation des marchés financiers. La collecte en assurance vie a ainsi augmenté de 13% sur l'année, pour atteindre 138 milliards d'euros, un regain de vigueur impulsé par les contrats dits en euros (à capital garanti), qui ont représenté 87% des versements, un record depuis plus de dix ans.

Signe du succès retrouvé du produit d'épargne préféré des Français, qui pesait à fin avril 1.285 milliards d'euros, 93% des flux nets de placements financiers lui ont bénéficié en 2009, un chiffre qualifié d'historique par le délégué général de la FFSA Jean-François Lequoy, lors d'une conférence de presse.

Croissance ralentie en 2010 ?

Lors des quatre premiers mois de 2010, l'assurance vie a poursuivi sa progression, avec une hausse du chiffre d'affaires de 10%, chiffre qui bénéficie d'un effet de base favorable compte tenu de la morosité de la collecte durant les premiers mois de 2009. Sur l'année, la FFSA prévoit un ralentissement, avec une augmentation comprise entre 2% et 6%, un rythme « plus faible mais plus proche de son rythme naturel de croissance », a expliqué M. Lequoy. « En 2010, le marché ne devrait pas bénéficier des transferts effectués en 2009 des produits de court terme (Livret A, placements monétaires) vers les produits d'assurance vie », a-t-il ajouté. 

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Le rebond de l'assurance vie en 2009 a plus que compensé la faible croissance de 0,7% en assurance de biens et de responsabilité. Un tassement lié à la très forte concurrence sur le plan tarifaire mais surtout à la forte dégradation de la sinistralité, qui s'est traduite par une flambée de 12% des indemnisations et des provisions liées aux sinistres, à 34,7 milliards d'euros. La rentabilité du secteur de l'assurance dommage est sortie très affectée de cette année noire en matière de sinistres, le ratio combiné (indemnisations et frais généraux rapportés aux primes collectées) grimpant de 99,8 à 104,2.

Malgré cette détérioration, les sociétés d'assurance dommage ont renforcé leur solvabilité au cours de l'exercice, le rapport entre les réserves financières constituées et les réserves requises par le régulateur passant de 5,6 à 7,5. Toujours en dommage, la FFSA table pour 2010 sur une activité légèrement plus soutenue, avec une hausse du chiffre d'affaires comprise entre 2% et 3%. Sur les quatre premiers mois de l'année, elle s'est établie à 2%.