1– C'est bloqué 8 ans

Faux. Incontournable, cette idée reçue a la vie dure. La faute, probablement, au fameux « il faut prendre date » répété à l'envi dans les agences bancaires. L'argent est-il vraiment « bloqué » sur l'assurance vie avant d'atteindre ce 8e anniversaire ? Absolument pas. Il existe en réalité une échéance fiscale au bout de 8 ans de détention. Rien n'empêche l'épargnant de clôturer son contrat ou d'effectuer un retrait avant.

Après ces 8 premières années, les plus-values sont soit soumises à la flat tax (prélèvement forfaitaire unique, 12,8% d'impôt sur le revenu, 30% avec les cotisations sociales), soit intégrées au barème de l'impôt sur le revenu. Par ailleurs, le souscripteur bénéficie d'un abattement fiscal de 4 600 euros par an (et 9 200 pour un couple soumis à imposition commune) sur l'ensemble des gains des rachats d'assurance vie.

La fiscalité de l'assurance vie

2 – C'est pour les vieux

Faux. Si son nom laisse penser que l'assurance vie est une simple assurance décès, il n'en est rien. L'assurance vie ne permet pas uniquement de verser un capital à ses proches. Elle permet de poursuivre plusieurs objectifs : réaliser un placement financier à moyen terme dans un cadre fiscal avantageux, préparer sa retraite en visant des revenus complémentaires et réguliers, préparer la transmission de son patrimoine... L'argent placé en assurance vie peut donc être retiré à la retraite, pour financer un projet immobilier, les études de ses enfants ou simplement ne pas être retiré en vue d'une succession.

L'assurance vie est un excellent outil de transmission : pour les versements effectués avant l'âge de 70 ans, le ou les bénéficiaire(s) profitent d'une exonération fiscale jusqu'à 152 500 euros. Cet abattement est appliqué pour chaque bénéficiaire. Ainsi, si les versements ont bien été effectués avant l'âge de 70 ans de l'épargnant et si les sommes transmises n'excèdent pas ce montant, il n'y aura aucune fiscalité. Un taux forfaitaire de 20% est appliqué, toujours par bénéficiaire, entre 152 500 euros et 700 000 euros, puis le taux est porté à 31,25% au-delà.

Pour les primes versées après l'âge de 70 ans, l'abattement fiscal ne s'élève plus qu'à 30 500 euros. Les intérêts ne sont soumis à aucune taxe et seul le capital est imposé. Mais l'abattement fiscal est appliqué sur la base globale et non pas par bénéficiaire et concerne l'ensemble des contrats de l'assuré, qu'ils soient détenus chez le même assureur ou non.

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3 – On ne peut détenir qu'une assurance vie

Faux. Contrairement aux livrets réglementés tels que le livret A, le LDDS, le PEL, le PEA ou même le LEP, vous pouvez détenir autant de contrats d'assurance vie que vous souhaitez. Mais pourquoi en avoir plusieurs ? Cela permet à l'épargnant de dissocier chaque projet : optimisation financière, transmission, apport immobilier, financement des études des enfants, revenus complémentaires pour la retraite... Le souscripteur peut aussi diversifier ses contrats en fonction de ses choix de placement et son niveau de risque ou même selon le mode de gestion (libre ou pilotée).

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4 – On ne peut pas changer de bénéficiaire

Faux. Bien heureusement. À la souscription de votre contrat d'assurance vie, vous avez renseigné votre clause bénéficiaire. Il est probable que vous ayez choisi la clause « standard ». Elle désigne le conjoint puis les héritiers en cas de décès du conjoint. Mais cette clause n'est pas figée dans le marbre. Vous pouvez la modifier quand bon vous semble et cela est même conseillé en cas de changement de votre situation personnelle et familiale.

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D'où un autre cliché, intimement lié au changement de bénéficiaire : « L'assurance vie permet de déshériter ses proches ». Ici encore, c'est faux. Vous pouvez désigner une personnes extérieure à votre succession. Mais la clause bénéficiaire peut être contestée devant les tribunaux après votre décès si les primes versées sont plus élevées que le reste de votre patrimoine et que le contrat a été souscrit dans le but d'ôter tout droit à la succession. Le juge peut alors décider de réintégrer ces sommes afin de ne pas léser les héritiers.

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5 – C'est le placement préféré des Français

Pas totalement vrai. Le fameux « placement préféré des Français » est un véritable lieu commun médiatique, puisque ce qualificatif est parfois accolé à l'assurance vie, parfois au Livret A, parfois à l'immobilier. Pourquoi ? Car les critères sont différents dans chacun des cas. Deux tiers du patrimoine des Français est investi en immobilier, mais en prenant en compte la résidence principale.

Le Livret A est, de loin, le produit le plus massivement détenu en France : 86% des personnes résidant en France en détiennent un, selon les derniers chiffres de l'Observatoire de l'épargne réglementée de la Banque de France. Sur les six premiers mois de l'année 2026, les retraits ont dépassé les versements de 5,93 milliards d'euros, a indiqué en juillet la Caisse des dépôts. Combinée à celle du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), la décollecte totale atteint 6,89 milliards d'euros depuis le 1er janvier. Concernant l'assurance vie, à fin juin, l'encours total a atteint 2 162 milliards d'euros, soit 6% de plus sur un an.

6 – On ne peut pas perdre d'argent

Vrai et faux. Tout dépend du support ! Aujourd'hui, les deux tiers des contrats existants, et l'immense majorité des contrats commercialisés, sont des assurances vie multisupports. Avec d'une part un fonds en euros, sur lequel le capital est garanti : l'assureur s'engage effectivement à ce que vous ne perdiez pas l'épargne accumulée sur ce fonds euros.

Et d'autre part des supports en unités de compte, plus risqués, investis sur des fonds d'investissement, des actifs immobiliers, des actions, etc. Sur la part de son épargne investie en UC, le titulaire d'un contrat peut donc effectivement perdre de l'argent, s'il retire son argent quand les marchés sont orientés à la baisse.

7 – L'assurance vie ne rapporte plus rien

Faux. Et même plus que le livret A actuellement et presque autant que le LEP. En 2025, le rendement moyen a atteint 2,6% pour la troisième année consécutive, selon le dernier rapport de France Assureurs publié en mars dernier. Un chiffre confirmé par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) qui a annoncé un taux moyen de revalorisation à 2,63% exactement.

Les taux 2026 ne seront communiqués qu'en janvier 2027. Les premières estimations de Good Value For Money placent toutefois le rendement moyen attendu à 2,9%. Une fois les prélèvements sociaux déduits, le rendement des fonds en euros de l'assurance vie reviendrait à 2,4%. Le Livret A est, lui, rémunéré à hauteur de 1,7% depuis le 1er août et le LEP à 2,5%.

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L'assurance vie permet aussi d'avoir accès à d'autres supports. Les unités de compte n'offrent certes pas la sécurité du fonds en euros, puisque les pertes de capital sont envisageables, mais en contrepartie les perspectives de rendement sont supérieures.