L'une de ces personnes a été mise en examen des chefs d'escroquerie réalisée en bande organisée, usage de faux, aide à l'entrée et à la circulation d'un étranger en bande organisée, corruption active, blanchiment aggravé et participation à une association de malfaiteurs, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP. Conformément aux réquisitions du parquet, elle a été placée en détention provisoire.
Six autres ont été mises en examen pour les mêmes chefs d'infractions, mais laissées libres sous contrôle judiciaire, a précisé la source judiciaire. Deux autres sont poursuivies pour complicité d'escroquerie réalisée en bande organisée, corruption passive, blanchiment aggravé et participation à une association, et laissées elles aussi libres sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet.
Les neuf personnes avaient été interpellées mardi. Parmi elles, suspectées également d'escroquerie au préjudice du château de Versailles, figurent notamment deux agents du Louvre, des guides touristiques, ainsi qu'une personne « soupçonnée d'avoir organisé le réseau », avait indiqué jeudi le parquet de Paris.
Il avait insisté sur le préjudice du Louvre, estimé « à plus de 10 millions d'euros ». A ce stade des investigations, la justice a saisi plus de 957.000 euros en espèces ainsi que 486.000 euros sur différents comptes bancaires.
Immobilier à Dubaï
Les mis en cause sont soupçonnés d'avoir investi une partie du fruit de leur escroquerie « dans de l'immobilier, tant en France qu'à Dubaï », aux Emirats arabes unis, avait détaillé le parquet de Paris.
L'enquête a débuté par une plainte du Louvre en décembre 2024, avisant la sous-direction de la lutte contre l'immigration irrégulière au sujet d'un couple de guides chinois au musée.
Ces derniers faisaient entrer des groupes de touristes chinois « en fraudant la billetterie, les guides réutilisant plusieurs fois les mêmes tickets pour des personnes différentes ». D'autres guides ont ensuite été soupçonnés « des mêmes pratiques », a pointé le parquet.
Un dispositif de « surveillances » et d'« écoutes » a confirmé les suspicions du musée, notamment sur le réemploi des tickets à plusieurs reprises.
Les investigations ont également conduit à « soupçonner des complices au sein du Louvre », à qui « les guides pouvaient remettre du numéraire en échange de ne pas procéder aux contrôles », selon le parquet de Paris, qui a saisi des juges d'instruction en juin 2025. Ce réseau pouvait faire entrer jusqu'à 20 groupes par jour, depuis une dizaine d'années.
Fuite d'eau
Selon la porte-parole du Louvre, le musée le plus visité au monde fait face « à une recrudescence et une diversification des fraudes à la billetterie » et a, en réaction, mis en place un plan de lutte « structuré », en collaboration avec ses équipes et les forces de police.
Cette affaire vient s'ajouter à une série noire frappant le Louvre. Le « casse du siècle », comme l'ont baptisé les médias, a fait le tour du monde le 19 octobre, avec des malfrats filmés en train de dérober en une poignée de minutes des joyaux de la couronne à l'aide d'un simple monte-charge. Si cinq personnes ont été mises en examen, dont quatre toujours placées en détention provisoire, le butin n'a toujours pas été retrouvé.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, une fuite d'eau a abîmé un plafond peint du XIXe siècle et a contraint le musée à fermer plusieurs salles, selon la direction et des syndicats. Le musée a également dû fermer une de ses galeries en novembre en raison d'avaries.
Le Louvre fait par ailleurs face depuis la mi-décembre à un mouvement social de ses personnels qui dénoncent leurs conditions de travail. Une nouvelle assemblée générale du personnel est prévue lundi, afin de se prononcer pour ou contre une nouvelle journée de grève.



















