"La France est devenue impuissante. (...) La vérité, c'est que nous sommes en 1788. Dans une société puissante, riche, brillante et pourtant condamnée, immobile, désespérée et cynique (...) attendant que se lève l'insurrection qui l'emportera", écrit-il dans un texte intitulé "Big bang - la règle républicaine", que l'AFP s'est procuré vendredi.

Dans la perspective d'une présidentielle où le Rassemblement national part favori avec la France insoumise en outsider - selon les derniers sondages - le chiraquien juge "vain" d'approcher la question des comptes publics "avec des recettes soi-disant raisonnables".

"Je m'y suis essayé, modélisant des cures de rigueur avec autant de justice sociale que possible", explique-t-il. Mais selon lui, "notre État est un tonneau des Danaïdes dans lequel on peut verser toujours plus d'argent sans jamais parvenir à le remplir" et qui donne prise à "un fonctionnement féodal", où "l'héritage détermine la position sociale davantage que le travail".

Aussi, tout en promettant de ramener le déficit public à 3% du PIB à la fin du quinquennat au moyen d'une réduction drastique des dépenses publiques et d'une croissance annuelle qu'il évalue à 0,8%, Dominique de Villepin propose "une nouvelle nuit du 4-Août", lorsqu'en 1789, l'Assemblée constituante a aboli les privilèges.

Pour cela, il préconise "une grande loi d'extinction des niches fiscales et sociales.

Sachant que ces dernières soutiennent des situations difficiles (handicap, outremer...), il promet que "personne ne sera abandonné à son sort" et qu'une partie de l'argent récupéré sera "utilisé à compenser immédiatement les impacts sur l'emploi et sur la viabilité des entreprises et des associations", une autre partie servant à financer "des politiques publiques de l'emploi, de la recherche, du logement, de l'outre-mer".

Dominique de Villepin définit également neuf impôts, dont un "unique" sur le patrimoine "incluant l'ensemble des sources de la fortune" - qui doit rapporter davantage qu'actuellement - et "une imposition unique et renforcée des successions", moyennant une "défiscalisation intégrale des transmissions de son vivant".

Il veut aussi "un taux unique de CSG pour tous", avec un élargissement de l'assiette aux dépenses d'intelligence artificielle, et surtout le basculement vers cette contribution de "plus de deux cents milliards d'euros" de cotisations salariés et employeurs.