Très populaires avant 2008, les prêts à taux variables capés ont aujourd'hui quasiment disparu du marché. Mais face aux difficultés rencontrées par les emprunteurs, certaines banques remettent ces produits, à des taux souvent plus bas que les crédits classiques, au goût du jour.

C'est un produit qui avait presque disparu en France pour les particuliers mais pourtant en passe de faire son grand retour. Entré en vigueur dans les années 1980, le prêt à taux variable a longtemps eu la cote, avant de disparaître à partir de 2008 et la crise des subprimes. « Avec cette crise, il y a alors eu un amalgame énorme avec les taux variables que l'on trouve en Angleterre ou aux Etats-Unis, où ce sont des purs variables, sans protection de l'emprunteur, rembobine Maël Bernier, porte-parole du courtier Meilleurtaux. Au Portugal par exemple, des gens empruntaient à 3% et se retrouvaient d'un coup à 6% ou 7% et ne pouvaient donc plus assumer leurs mensualités. En France, il y a eu quelques Français touchés, mais c'était des épiphénomènes. »

Car dans l'Hexagone, les prêts à taux variables étaient « à 99% capés », rappelle Maël Bernier. Concrètement, comment ça marche ? La banque propose à son client de souscrire un prêt, par exemple à 2%. Si il est « capé 1 », le taux peut aller jusqu'à 3% en fonction de la conjoncture et 4% si c'est un prêt à taux variable « capé 2 ». À l'inverse, le taux peut également baisser dans les mêmes proportions. Le taux d'intérêt est déterminé à partir d'un indice de référence auquel est ajoutée une marge qui est fixe sur toute la durée du crédit. L'indice de référence le plus couramment utilisé est l'Euribor (Euro Interbank Offered Rate), taux de l'argent à court terme pratiqué entre les banques de la zone euro. En fonction des fluctuations de ce taux, le taux du crédit immobilier est revu.

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Une solution au taux d'usure ?

Disparus entre 2008 et 2015 au profit des crédits immobiliers à taux fixes, les taux variables capés pourraient aujourd'hui faire leur grand retour. Mais si à l'époque ce produit était l'occasion pour les emprunteurs de voir leur taux de crédit baisser en cas d'amélioration, la période actuelle semble indiquer que les taux de crédit immobilier ne vont pas cesser d'augmenter dans les prochains mois.

« Aujourd'hui, un Français à qui on proposerait un taux variable capé 1, même s'il emprunte à 1,50%, reste hyper protégé »

Cependant, un taux de crédit capé 1 peut aujourd'hui être un rempart contre l'inflation et la hausse des taux. « Au pire, s'il emprunte à 1,40% capé 1, l'emprunteur va se retrouver avec un taux maximum à 2,40% alors qu'on sait que les taux vont continuer à augmenter, détaille Maël Bernier. Aujourd'hui, un Français à qui on proposerait un taux variable capé 1, même s'il emprunte à 1,50%, reste hyper protégé. »

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Si les banques, comme le reste des entreprises, tournent forcément au ralenti en cette période estivale, la rentrée pourrait voir évoluer le paysage du crédit immobilier. Pour le moment, seulement deux enseignes proposent ces produits, avec un taux entre 1,20% et 1,30% sur 20 ans (contre 1,85% en moyenne en juin pour un crédit classique sur 20 ans). « Aujourd'hui, c'est une solution pour rentrer dans les clous du taux d'usure, confirme Maël Bernier. » D'autant plus que les prêts variables capés ont leur propre taux d'usure, actuellement fixé à 2,45%, toutes durées confondues.

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Et cette solution pourrait bien devenir de plus en plus intéressante dans les prochains mois. En effet, le prochain relèvement au 1er octobre du taux d'usure, le taux maximal au-delà duquel une banque ne peut prêter, ne devrait une fois de plus pas changer profondément la donne pour les oubliés actuels du crédit immobilier, tant les taux continuent à augmenter. Passer par des taux variables capés pourrait donc permettre de contourner cela, grâce à un taux nominal plus bas à la signature du contrat. « Ce ne serait pas étonnant que les banques dégainent ce genre de produits à la rentrée, juge Maël Bernier. Cependant, il va falloir faire de la pédagogie, car aujourd'hui quand on entend variable, on pense à la crise de 2008. Mais dans la période actuelle, ces crédits ont un réel intérêt. »

Le son de cloche est un peu différent du côté de Vousfinancer : « D'après les retours que l'on a de nos banques partenaires, ce n'est pas d'actualité. On a un barème, qui est actuellement en capé 2, mais ça ne semble pas du tout être l'intention des banques pour le moment, » explique Sandrine Allonier, porte-parole du courtier.

Une dernière question se pose : comment faire coïncider le retour de ces prêts à taux variables capés aux nouvelles normes en vigueur depuis le 1er janvier 2022, qui obligent par exemple à ne pas dépasser les 35% de taux d'endettement ? Pour Maël Bernier, les banquiers « prendraient alors la mensualité max pour le taux d'endettement. Donc même si le crédit est signé à 1,20%, on vérifiera que vous restez sous l'endettement de 35% si vous arrivez à 2,20%. »

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