Rebond épidémique, élections françaises, retour de l'inflation... A l'heure où les marchés financiers pulvérisent les records, 2022 s'annonce piégeuse, et risque d'être l'année de toutes les incertitudes.

Départ en fanfare pour 2022. En ce début d'année, les indices financiers atteignent des sommets historiques. A Paris, mercredi dernier, le CAC 40 s'envolait à 7 383 points, nouveau record de clotûre, dans la foulée de trois jours très favorables... avant de retomber dès le jeudi.

Outre-atlantique, le S&P 500 (plus de 4 700 points) et le Dow Jones (plus de 36 200 points) évoluent eux aussi à des niveaux record, tandis qu'Apple caracole en tête des valorisations. La firme américaine est devenue la première société à dépasser les 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Pour autant, la hausse va-t-elle se poursuivre en 2022 ? Possible, à en croire les stratèges de Société Générale, Roland Kayolan et Charles Boissezon, qui prévoient en 2022 « une année solide » pour les actions européennes, avec un CAC 40 proche des 7 500 points. Pour continuer sur leur lancée, les marchés financiers devront toutefois trouver les réponses à trois grandes questions.

Incertitude n°1 : quel rebond épidémique ?

La première est d'ordre sanitaire : Omicron annonce-t-il la fin de la pandémie, ou simplement son prolongement ? Alors que la France a dépassé le cap des 300 000 nouveaux cas sur une journée, le 5 janvier, les marchés semblent avoir tranché. « Les études sont plutôt encourageantes sur le fait que le variant Omicron entraîne moins de formes graves que le variant Delta. En outre, les vaccins sont toujours efficaces », commentent les analystes de Saxo Banque, pour qui un nouvel « arrêt brutal des économies » semble « peu probable ». Pour les investisseurs, la pandémie appartient déjà au passé.

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Incertitude n°2 : quelle croissance mondiale ?

Le 2ème point d'ombre concerne l'économie réelle : quelle va être l'ampleur de la reprise post-covid ? Pour Nicolas Chéron, stratégiste chez Zonebourse, 2022 sera une année « dans la lignée du rebond majeur de 2021 ». Selon les prévisions de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait encore croître de 4,5% en 2022. Un rythme en-deçà des 5,6% de croissance enregistrés en 2021, mais qui demeure « nettement supérieur à la moyenne des 20 dernières années », rappelle l'analyste.

Déjà, au troisième trimestre 2021, les excellents résultats financiers publiés par les entreprises avaient dépassé les attentes des analystes, suscitant par la même occasion l'euphorie des marchés. Société Générale, par exemple, annonçait un bénéfice trimestriel de 1,6 milliard d'euros, le meilleur résultat de son histoire. « Si les résultats du prochain trimestre ne sont pas trop impactés par la hausse des prix de l'énergie et le variant Omicron, les marchés pourraient rester haussiers sur le premier semestre 2022 », estime Nicolas Chéron.

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Incertitude n°3 : inflation folle ou maîtrisée ?

La troisième question est d'ordre monétaire : les banques centrales vont-elles parvenir à juguler l'inflation sans paniquer les marchés ? « L'évolution de l'inflation, qui devrait continuer à surprendre à la hausse, et la réaction des banques centrales face à ce phénomène seront les thèmes centraux pour les marchés et la préoccupation principale des investisseurs », prévoit AllianzGI, qui n'exclut pas « une zone de turbulence » au premier semestre 2022.

Les grands argentiers devraient en effet réduire progressivement leur soutien à l'économie au cours des prochains mois. La Réserve fédérale américaine (Fed) envisage ainsi trois hausses de taux en 2022. La Banque centrale européenne (BCE) se veut plus conciliante : elle a d'ores et déjà assuré qu'il n'y aurait pas de hausse brutale des taux en 2022.

Toutefois, le risque d'une erreur de politique monétaire majeure ne peut être exclu. « Une action trop rapide ou trop forte pèserait sur une croissance encore fragile et sur les actifs risqués » comme les actions, décrypte pour l'AFP Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d'Allianz Global Investors.

Des oscillations de 10% à anticiper

En résumé : beaucoup de questions, et peu de réponses claires. Alors quel impact pour les investisseurs ? « 2022 sera une année marquée par plus de volatilité sur les marchés financiers », appuie Nicolas Chéron. L'analyste s'attend à « une année en dents de scie », avec des oscillations de plus ou moins 10%. « En 2022, l'investisseur se devra d'être plus agile. Il lui faudra faire preuve de pragmatisme et savoir prendre ses gains rapidement en cas de hausse des cours », prévient Nicolas Chéron.

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2022 s'annonce donc comme une année pleine de rebondissements pour les boursicoteurs. Toutefois, timer le marché, c'est-à-dire trouver le moment parfait pour acquérir une action, s'avère souvent compliqué. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle 89,4% des particuliers perdent de l'argent en bourse selon l'Autorité des marchés financiers (AMF).

« En tant que particulier, identifier les entreprises et les secteurs amenés à s'apprécier est très compliqué. Par rapport à un investisseur professionnel, vous avez moins de temps et de ressources à y consacrer et, surtout, vous n'avez pas accès à l'information financière la plus fraîche et la plus complète possible », expliquait ainsi Laurent Puget, président de la société de gestion d'actifs OTEA Capital. Alors comment limiter les risques de perte ?

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Comment survivre au crash

« Il y aura un crash. Il y en a toujours un. La question est de savoir quand. Et ça, personne ne peut l'affirmer avec certitude », estime Matthias Baccino, directeur général France de Trade Republic, un néo-courtier venu d'Allemagne. Lui, préfère inscrire l'investissement en bourse dans un temps long. « 2022, c'est l'année de toutes les incertitudes. Pour échapper aux oscillations des marchés, les épargnants ont tout intérêt à investir de petites sommes sur la durée ».

C'est la technique du dollar cost averaging (DCA), qui consiste à investir un montant fixe à intervalles réguliers. L'une des stratégies les plus éprouvées afin d'obtenir des gains satisfaisants tout en limitant les risques. D'après les estimations de l'AMF, un portefeuille en actions diversifié procure ainsi 5% à 7% de rendement par an sur 15 à 20 ans.

« Pour profiter de la croissance des marchés sur la durée, les investisseurs peuvent également s'intéresser aux Megatrends », poursuit Matthias Baccino, c'est-à-dire miser sur ces tendances émergentes comme la cybersécurité, l'eau et la domotique, dont on sait déjà qu'elles vont avoir un effet durable au cours des prochaines années.

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