La bourse n'est plus qu'un sport de riches. Et s'il fallait auparavant plusieurs milliers d'euros pour espérer se lancer, les marchés financiers s'ouvrent aujourd'hui aux portefeuilles plus modestes.

Les derniers mois l'ont prouvé : investir en bourse est devenu plus facile, même avec un budget limité. Résultat, vous êtes chaque jour plus nombreux à sauter le pas. D'après les estimations de l'Autorité des marchés financiers (AMF) français, plus de 1,1 million de nouveaux investisseurs se seraient ainsi lancés en trois ans. Du jamais vu.

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Boom des ETF

« Pour commencer un portefeuille, il faut idéalement au moins 5 000 euros. Cela permet d'avoir 10 lignes de 500 euros chacune », estime Aldo Sicurani, délégué général de la Fédération des Investisseurs Individuels et clubs d'investissements (F2iC). Pourquoi 10 actions, quand une seule pourrait suffire pour vous lancer ? Au nom du sacro-saint principe de diversification. « Tout miser sur une seule action reviendrait à jouer au casino », poursuit l'expert. « Mieux vaut détenir des actions de sociétés différentes pour éviter de tout perdre si un secteur d'activité ou une zone géographique devait connaître des difficultés à l'avenir ».

Jusqu'à récemment, obtenir une bonne diversification sectorielle et géographique avec un budget limité pouvait s'avérer difficile. Mais le boom des Exchange Traded Funds (ETF), qui représentent désormais plus de 10 000 milliards de dollars d'encours, a changé la donne. Ces instruments financiers répliquent les variations d'un indice, comme le CAC 40, et permettent ainsi à l'investisseur de diversifier son portefeuille à moindre frais. Certains ETF reproduisent par exemple les variations du MSCI World, un indice composé de plus de 1 500 actions réparties dans 23 pays développés. « C'est une excellente façon de démarrer en bourse, même avec un budget modeste », confirme Aldo Sicurani.

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Les frais chutent

Autre changement majeur : les frais de courtage, dont les montants excessifs ont longtemps découragé les investisseurs les plus modestes. Le calcul est simple : si vous investissez 50 euros et que votre courtier vous facture 5 euros de commission, vous devez réaliser une plus-value de 10% minimum pour récupérer votre mise initiale. En revanche, si vous décidez d'investir 500 euros, les 5 euros de commission ne représentent plus que 1% de votre capital. Il vous sera donc plus facile de réaliser un profit.

Aujourd'hui, ces frais sont devenus plus raisonnables. Passer un ordre de 500 euros coûte par exemple 0,99 euro chez Bourse Direct ou encore 1,99 euro avec la formule découverte de Boursorama Banque. « Les frais ont beaucoup diminué depuis quelques années », confirme Aldo Sicurani. « A l'époque où j'ai commencé, on ne comptait pas les dividendes dans les performances des portefeuilles, car on partait du principe qu'ils servaient à couvrir les frais de courtage ».

La baisse des frais s'explique notamment par l'arrivée sur le marché d'une nouvelle génération de courtiers : les neo-brokers. Ils s'appellent Bux, eToro ou encore Trade Republic. Et, à l'image des néobanques dans la banque de détail, ils bousculent les acteurs traditionnels du trading en proposant une offre 100% digitale, des fonctionnalités innovantes et des prix attractifs. Le succès semble pour l'instant au rendez-vous : selon l'AMF, la clientèle des neo-brokers aurait bondi de 68 000 à 409 000 utilisateurs actifs entre le le 3e trimestre 2019 et le 3e trimestre 2021 (+502%).

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Fractions d'actions

Parmi ces fonctionnalités novatrices sur lesquelles les neo-brokers communiquent largement, l'investissement fractionné permet d'acquérir une petite partie d'une action. Les utilisateurs de cryptomonnaies connaissent le concept : ils savent qu'il est possible d'acheter un bitcoin, dont la valeur unitaire est de 33 375 euros à l'heure où sont écrites ces lignes, mais aussi, d'investir seulement quelques euros pour obtenir une fraction de bitcoin.

Ce mode d'investissement permet de débuter en bourse avec une poignée d'euros en poche et d'investir dans des sociétés prestigieuses comme Hermès, dont l'action est actuellement cotée à 1 314 euros, LVMH (679 euros) ou Air Liquide (154 euros), même sans avoir autant d'argent en poche.

Depuis fin 2021, les utilisateurs de l'application Lydia, spécialiste du paiement mobile, peuvent par exemple investir dans les cryptomonnaies, les métaux rares, des ETF, ou les actions d'entreprises européennes et américaines. Et ce, à partir de 1 euro grâce à l'investissement fractionné. De quoi « démocratiser le trading » encore un peu davantage selon Cyril Chiche, co-fondateur de Lydia.

Signe que le trading n'est plus réservé à une minorité d'investisseurs aisés aux tempes grisonnantes, les neo-brokers attirent une clientèle nettement plus jeune : 36 ans en moyenne, contre 55 ans dans les banques traditionnelles, avec des transactions plus fréquentes, mais pour un montant moyen bien plus faible (689 euros) que dans les banques traditionnelles (2 689 euros).

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