Les sénateurs socialistes s'opposeront « formellement et frontalement » aux projets de privatisation d'Aéroports de Paris (ADP), de la Française des Jeux (FDJ) et d'Engie, défendus par le gouvernement dans le projet de loi Pacte pour la croissance des entreprises, examiné en première lecture au Sénat à partir de mardi.

Le président du groupe, Patrick Kanner, a « pointé du doigt », lundi devant la presse, « des recettes one shot » pour trouver « beaucoup de milliards d'euros » d'un coup, alors que ces entreprises apportent « de l'argent frais de manière récurrente à l'Etat ». Le gouvernement « devrait s'interroger sur le triste résultat de la privatisation des autoroutes », a-t-il ajouté. Le projet de loi porté par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, déjà adopté en première lecture par l'Assemblée nationale, prévoit que l'Etat pourra procéder à la vente au privé de tout ou partie des actifs qu'il détient dans ADP, soit 50,6% du capital, représentant quelque 9,5 milliards d'euros.

Le groupe socialiste, comme le groupe CRCE (à majorité communiste), défendront des amendements de suppression de cette mesure, rejoints par des élus Les Républicains, les plus nombreux au Sénat. Deux amendements de suppression ont été déposés par des sénateurs LR, dont l'un signé par le président du groupe, Bruno Retailleau. « Il y a encore une fibre gaulliste » chez les sénateurs, a commenté Martial Bourquin, un des chefs de file PS pour ce texte. « ADP est un grand service public national », avec un rôle « d'aménageur, d'exploitant et de développeur et qui est au cœur des projets franciliens », a-t-il exposé, ajoutant que sa privatisation « fragiliserait évidemment Air France ».

Divergence dans l'opposition quant à la privatisation d'Engie

Le projet de loi prévoit aussi que la majorité du capital de la FDJ pourra être transférée au privé. La mesure a été supprimée en commission par les sénateurs. « Le jeu n'est pas une marchandise comme une autre », a souligné Martial Bourquin. « La lutte contre les addictions au jeu, contre la fraude et contre le blanchiment font partie intégrantes des missions de la FDJ ». En ce qui concerne Engie, le clivage traditionnel gauche/droite devrait être respecté. Socialistes et communistes défendront des amendements de suppression de l'article autorisant l'Etat à descendre en dessous des 33% des parts qu'il détient.

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Selon Bercy, les cessions d'actifs dans ADP, la FDJ et Engie doivent contribuer à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros destiné à financer l'innovation.