Les marchés : Le nouveau patron de la Fed

Le CAC 40 termine la séance en hausse de 0,68% à 8 127 points. Sur la semaine, l'indice français stagne, après plusieurs sessions mouvementées ! Eurofins Scientific (+2,9%), Société Générale (+2,8%) et Sanofi (+2,7%) signent le podium de ce vendredi. De son côté, Wall Street évolue légèrement dans le rouge dans ses premières heures d'échanges : le S&P 500 et le Nasdaq perdent environ 0,7% (respectivement +0,4% et +0,1% sur la semaine).

L'actualité de ce vendredi, c'est la nomination par Donald Trump de Kevin Warsh à la tête de la Banque centrale américaine, un choix qui a modérément rassuré les marchés financiers. Ancien gouverneur de la Fed, Warsh est perçu comme un banquier central pragmatique : il reste attaché à la lutte contre l'inflation, mais s'est récemment montré favorable à une baisse des taux d'intérêt pour soutenir l'économie. Les bureaux d'analyse estiment qu'il pourrait appuyer des baisses progressives de taux, sans pour autant transformer en profondeur le fonctionnement de la Fed comme le souhaite Trump. En somme, c'est un choix plutôt modéré et qui laisse entrevoir moins de baisses de taux que prévu en 2026, d'où la forte baisse de l'or ces dernières heures, on y revient dans cette édition.

Dans le même temps, Apple a publié des résultats meilleurs que prévu par le marché, portés par des ventes record d'iPhone et un redémarrage en Chine, tout en avertissant que la hausse des coûts des composants pourrait peser sur ses marges. En France, le groupe Alten progresse fortement en Bourse après avoir présenté des résultats et des perspectives solides.

Les valeurs : Alten, Carrefour et Maisons du Monde

Alten - L'action Alten signe une envolée de 16,75% à la Bourse de Paris à 82,60€, en tête du SBF 120, après la publication d'un quatrième trimestre meilleur qu'attendu. Le groupe d'ingénierie et de conseil en technologies a réalisé 1,02 milliard d'euros de chiffre d'affaires sur le trimestre, en très léger recul sur un an mais nettement au-dessus des craintes du marché. Cette fin d'année plus solide marque une amélioration progressive de la tendance, après plusieurs trimestres de contraction plus marquée. Malgré un environnement encore difficile dans l'automobile, Alten bénéficie d'une reprise dans la défense, l'énergie, le naval, l'aéronautique et la banque, ce qui lui permet d'être plus confiant sur sa rentabilité. La direction vise désormais une marge opérationnelle supérieure à 8% en 2025 et évoque une stabilisation progressive de l'activité en 2026. Depuis le début de la l'année, le groupe progresse désormais de 13% à la Bourse de Paris.

Carrefour - Le numéro deux de la grande distribution en France termine la séance en recul de 0,5% à 13,84€, après que la banque d'investissement américaine Jefferies se soit montrée plus prudente sur le titre. Elle estime que le rebond observé en Bourse au second semestre 2025 ne reflète pas une amélioration de l'activité, mais surtout les espoirs liés aux cessions d'actifs et aux retours à l'actionnaire. Jefferies a également revu son objectif de cours à 14€, contre 14,5€ auparavant. Sur le fond, Jefferies se montre plus réservée sur la dynamique commerciale de Carrefour, en particulier en France, où la croissance dans l'alimentaire et les gains de parts de marché sont jugés insuffisants. Malgré les effets positifs de la revue stratégique engagée en 2025 et l'intégration de Cora et Match, Jefferies estime que ces éléments sont désormais largement intégrés dans le cours. À l'approche du Capital Market Day de février, le marché surveillera donc davantage les signaux tangibles sur la croissance et les marges, notamment en France et au Brésil, pour redonner de l'élan au titre. Depuis le début de l'année, l'action Carrefour cède 3%.

Maisons du Monde - Nouvelle chute pour Maisons du Monde... L'enseigne d'ameublement décroche de 4,42% à 1,60€, au lendemain d'annonces qui ont douché les derniers espoirs de redressement. Après un troisième trimestre encourageant, le quatrième a de nouveau déçu, avec des ventes en baisse de 5,4%. Ni les magasins physiques, ni le e-commerce n'ont été épargnés, et la contraction touche aussi bien la France que l'international. Résultat, le chiffre d'affaires 2025 repasse sous la barre symbolique du milliard d'euros, à 947 millions, marquant une quatrième année consécutive de recul. Face à un environnement jugé trop incertain, le groupe éligible au PEA-PME suspend surtout son objectif de génération de trésorerie à moyen terme, un signal très mal perçu par le marché. Certes, un plan d'économies de 30 millions d'euros en 2026 est annoncé, et les banques ont accepté d'assouplir certains engagements financiers, mais cela ne suffit pas à rassurer. Faute de retour à la croissance en 2026, le titre risque de rester durablement sous pression. La Bourse a tranché : la sanction est lourde et la chute se poursuit. L'action, qui valait encore plus de 20€ il y a quatre ans, recule de 14% depuis le début de l'année.

Le résultat du vendredi : L'or plonge après son record

L'or est une valeur refuge, mais c'est aussi un actif particulièrement volatil. Cette semaine, ses variations ont été extrêmes. Pour la première fois de son histoire, l'or a franchi le cap symbolique des 5 000$, avec une hausse de plus de 12% entre lundi et jeudi matin. Le prix de l'once (31,10 grammes) est ainsi passé de 4 988$ à 5 598$ ! Une hausse extrêmement brutale donc, et rare, suivie d'une chute de 10% depuis hier après-midi. Cette baisse est en partie liée à la nomination de Kevin Warsh, jugé strict sur la maîtrise de l'inflation, à la tête de la Réserve fédérale américaine. Les marchés anticipent moins de baisses de taux d'intérêt en 2026, ce qui rend l'or moins attractif, car il ne génère pas de revenus contrairement aux actions ou aux obligations. En parallèle, le dollar s'est renforcé, ce qui pèse mécaniquement sur le prix de l'or, puisque celui-ci devient plus cher pour les investisseurs utilisant d'autres devises.

Cette chute s'explique aussi par des prises de bénéfices : après avoir grimpé de plus de 60% en 2025 et atteint des records historiques, de nombreux investisseurs ont décidé d'encaisser leurs bénéfices, provoquant des mouvements brusques et chaotiques. Le recul des marchés actions américains, notamment après des résultats décevants de Microsoft, a également contribué à un climat d'inquiétude et à des ventes d'actifs, y compris les métaux précieux comme l'or et l'argent. Enfin, des enquêtes montrent que l'or était devenu l'investissement préféré d'une majorité de gérants de fonds, signe d'un engouement excessif qui a rendu le marché vulnérable à une correction rapide. Malgré cette forte baisse, l'or évolue à l'équilibre sur la semaine et préserve 16% de hausse depuis le début de l'année.

Le monde d'après : Apple, le marché est blasé

Apple a livré un trimestre exceptionnel... sans déclencher l'euphorie de Wall Street. Le marché semble blasé : “Un trimestre exceptionnel. Comme d'habitude !”. L'action cède en ce moment 1%. Le groupe de Cupertino a pourtant dévoilé le meilleur trimestre de son histoire, avec 144 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 16% sur un an, porté par un iPhone 17 qui se vend à un rythme record. Les revenus du célèbre smartphone bondissent de 23%, la marge brute grimpe à plus de 48% et le bénéfice par action atteint un sommet historique. Les prévisions pour le trimestre en cours sont tout aussi solides, nettement au-dessus des attentes du marché.

Sur le papier, la copie est quasi parfaite. Pourtant, la réaction boursière est restée étonnamment tiède. L'action Apple n'a progressé que marginalement après la clôture d'hier soir, signe que les investisseurs regardent désormais au-delà des chiffres. Le point de friction porte sur la pénurie de puces mémoires (voir lexique), dont les prix flambent sous l'effet de la demande liée à l'IA et aux data centers. Apple reconnaît des tensions sur les composants les plus avancés et anticipe un impact plus marqué sur les marges dans les semaines à venir, sans donner de visibilité précise pour le reste de l'année.

Ce flou suffit à refroidir un marché devenu hypersensible au moindre faux pas. En toile de fond, une autre attente reste insatisfaite : la stratégie d'Apple dans l'intelligence artificielle. Tim Cook a réaffirmé l'arrivée d'une nouvelle génération du l'assistant IA Siri et évoqué des partenariats, mais sans livrer de calendrier clair ni de vision bien définie. Résultat, un paradoxe s'installe, les consommateurs plébiscitent les produits, tandis que les investisseurs restent sur leur faim. Dans un marché obsédé par l'IA, Apple continue de briller par ses résultats... mais devra encore convaincre qu'elle peut devenir un moteur crédible dans le secteur de l'intelligence artificielle.

Le lexique : Les puces mémoires

Les puces mémoires sont de petits composants électroniques présents dans de nombreux appareils, comme les smartphones, les ordinateurs ou les clés USB, dont le rôle est de stocker des informations. Elles servent à conserver des données comme des photos, des applications, des documents ou encore des instructions nécessaires au fonctionnement des appareils.