Les marchés : -1,2% sur la semaine

La Bourse de Paris termine la semaine en baisse. Le CAC 40 cède 0,65% à 8 259 points ce soir (-1,23% depuis lundi). Les investisseurs restent prudents face à un contexte international tendu, avec plusieurs foyers de tensions géopolitiques. Ils s'interrogent aussi sur l'évolution future des taux d'intérêt ainsi que sur les premiers résultats des grandes entreprises américaines. Dans ce climat d'incertitude, certains secteurs souffrent particulièrement. Les valeurs du luxe reculent nettement. Après -3,2% hier, Kering cède 4,2% ce soir. Le secteur automobile est lui aussi en baisse, pénalisé par la perspective d'une concurrence chinoise de plus en plus féroce en Europe. Renault (-2,9%) et Stellantis (-3%) figurent parmi les plus fortes baisses journalières du CAC. On a beaucoup de choses à vous dire ce soir ! Bonne lecture.

Les valeurs : TotalEnergies, Intel

TotalEnergies TotalEnergies a mieux traversé l'année 2025 que ce que les marchés craignaient, malgré la baisse des prix du pétrole et du gaz. Avant la publication officielle de ses résultats le 11 février prochain, le groupe a communiqué plusieurs données pour rassurer les investisseurs et montrer que son activité reste solide. Le contexte a pourtant été difficile, avec des prix de l'énergie en recul. Pour compenser, Total a augmenté sa production de pétrole, de gaz et de gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui a permis de limiter la baisse de ses bénéfices. En parallèle, ses activités de raffinage et de chimie ont profité d'une forte amélioration des marges, renforçant la performance globale du groupe. Grâce à la diversité de ses métiers, Total parvient à maintenir un flux de trésorerie stable et un bilan financier robuste. Cette solidité lui permet de conserver sa généreuse politique de rémunération des actionnaires. Hors dividende d'environ 6% justement, le titre a progressé de 4% l'an dernier et affiche déjà 5% de hausse depuis le 1er janvier. Ce soir, il signe l'une des meilleures performances du CAC : +1,71% à 58,21€.

Intel Lourde chute d'Intel ! Le géant américain de l'informatique et des semi-conducteurs perd 15,50% dans les premières heures d'échanges de Wall Street, à 45,90$. En cause, l'entreprise n'arrive pas à produire suffisamment de puces pour répondre à la forte demande liée à l'intelligence artificielle et aux centres de données. Pourtant, après avoir longtemps manqué le boom de l'IA dominé par Nvidia, Intel avait récemment regagné l'intérêt du marché grâce à une reprise de la demande, à des investissements majeurs et à une forte hausse de son cours en Bourse (+84% en 2025). Cette progression reposait toutefois davantage sur l'espoir d'un redressement que sur des résultats concrets. Aujourd'hui, Intel fait face à des problèmes d'approvisionnement, à un retard dans l'adaptation de ses usines aux nouveaux types de semi-conducteurs et à des prévisions financières inférieures aux attentes. La pénurie de composants pourrait aussi freiner les ventes de PC, un marché clé pour l'entreprise. Même si Intel s'attend à une amélioration progressive de l'offre dans les prochains mois, les bureaux d'analyse estiment que l'entreprise a mal anticipé l'ampleur de la demande et reste sous pression. Sous la direction de son nouveau PDG, Intel cherche à réduire ses coûts et à recentrer sa stratégie, mais les annonces sur de potentiels nouveaux clients et sur ses futures technologies restent, pour l'instant, limitées et insuffisantes pour rassurer pleinement les investisseurs. Malgré la chute du jour, le titre affiche toujours 24% de hausse depuis le 1er janvier.

La recommandation du jour : Le Takaichi Trade

Les marchés financiers s'emballent autour de ce que les investisseurs appellent le « Takaichi trade », un pari lié à l'arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi, première femme Première ministre du Japon. Très populaire dans l'opinion, elle défend une politique de fortes dépenses publiques pour relancer l'économie, avec un plan massif de soutien de plus de 100 milliards d'euros. Cette stratégie est perçue comme très favorable aux entreprises japonaises à court terme, mais négative pour la monnaie japonaise et la dette de l'État. Ces derniers jours, les investisseurs ont estimé qu'elle pourrait provoquer des élections législatives anticipées afin d'obtenir une majorité au Parlement et appliquer pleinement son programme. Cette perspective a provoqué une forte réaction des marchés : les actions japonaises ont atteint un nouveau pic historique, le yen s'est affaibli et les taux d'intérêt sur la dette publique ont nettement augmenté, signe que les marchés s'attendent à plus de croissance, mais aussi à plus d'endettement. Si Sanae Takaichi remporte ces élections, plusieurs secteurs devraient en profiter, notamment les infrastructures, l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs et l'énergie. Toutefois, après la forte hausse récente de la Bourse japonaise, certains bureaux d'études appellent à la prudence. Ils estiment que l'enthousiasme actuel pourrait retomber si les promesses politiques ne se traduisent pas rapidement par des réformes concrètes.

Le résultat du vendredi : Les premiers résultats

Comme le veut la tradition, les grandes banques américaines ont ouvert le bal de publication des résultats annuels. Globalement, elles ont bien résisté à la fin de l'année 2025, malgré un contexte politique et économique instable marqué par des tensions commerciales et des blocages budgétaires. Les banques d'investissement ont été les grandes gagnantes de cette période, profitant du retour en force des fusions-acquisitions et d'une forte activité sur les marchés financiers. Goldman Sachs a très bien tiré parti de la volatilité des marchés et de l'engouement pour les valeurs technologiques. La banque a enregistré des résultats supérieurs aux attentes, avec des revenus records dans le courtage actions et une forte hausse des commissions liées aux opérations de fusions-acquisitions, dont elle est restée le leader à Wall Street. Cette dynamique a été renforcée par l'abandon de certaines activités jugées peu rentables, comme sa carte bancaire lancée avec Apple. Morgan Stanley a également affiché une excellente performance, avec un bénéfice annuel record. Sa stratégie axée sur les clients fortunés et sur le financement par la dette a porté ses fruits, tout comme son implication dans de grandes introductions en Bourse. La banque se prépare désormais à une concurrence accrue en 2026 et s'intéresse aussi aux produits financiers liés aux cryptoactifs. En revanche, toutes les banques n'ont pas connu le même succès. JPMorgan a déçu avec un recul de ses profits dans la banque d'investissement. Citigroup, malgré une hausse de 66% de son cours de Bourse en 2025, a vu ses résultats pénalisés par une forte hausse de ses coûts. Sa direction a annoncé de nouvelles suppressions de postes, misant sur l'automatisation et l'intelligence artificielle pour réduire les dépenses. Bank of America a de son côté enregistré des résultats conformes aux attentes, avec une progression de l'activité de trading et des prêts aux entreprises.

Le monde d'après : Le secteur auto sous pression

Le marché automobile européen traverse une période difficile, principalement à cause de la montée en puissance des constructeurs chinois, dont BYD. Selon la banque américaine Citi, ces derniers pourraient atteindre près de 10% de parts de marché en Europe dès cette année, contre environ 7% en 2025. Cette progression s'explique notamment par le ralentissement de la demande en Chine, qui pousse les groupes chinois à exporter davantage vers l'Europe. Dans ce contexte, les constructeurs européens souffrent en Bourse. Stellantis perd notamment 2,9%. Le secteur automobile a nettement sous-performé le reste du marché en 2025 et continue de reculer début 2026. Les droits de douane américains, la concurrence accrue en Europe et les difficultés sur le marché chinois pour les groupes allemands continuent de peser lourdement sur les résultats et les perspectives.

La concurrence chinoise exerce aussi une pression directe sur les prix des voitures. Citi anticipe ainsi une baisse des prix en 2026, ce qui pèserait sur la rentabilité de Volkswagen, Stellantis et Renault. Cette situation inquiète les marchés et explique les baisses des derniers jours en Bourse. Renault fait toutefois figure d'exception relative. Même si Citi a abaissé son objectif de cours à 38€, la banque estime que le groupe résiste mieux que ses concurrents grâce à des lancements commerciaux réussis. Sa part de marché en Europe a progressé sur un an et pourrait se maintenir autour de 10% en 2026. À l'inverse, Stellantis continue de perdre des parts de marché au profit des groupes chinois, sans perspective claire de redressement à court terme. D'autres grands établissements partagent le diagnostic de Citi. En décembre, UBS soulignait que la percée des constructeurs chinois représente aujourd'hui le principal défi pour l'industrie automobile européenne. Et pour cause, leurs gains de parts de marché se sont faits en grande partie au détriment des groupes du Vieux Continent depuis plusieurs années. Affaire à suivre !

Le lexique : L'once

L'once est une unité de mesure utilisée pour peser l'or et les métaux précieux. Il s'agit plus précisément de l'once troy, qui correspond à environ 31,10 grammes. C'est la référence internationale sur laquelle se basent les marchés : le prix de l'or est toujours exprimé par once, ce qui permet de comparer facilement sa valeur d'un pays à l'autre et d'assurer une cotation uniforme à l'échelle mondiale.