Les marchés : Et de 4 !
La Bourse de Paris termine la séance en léger recul. Le CAC 40 cède 0,21% à 8 313 points, alignant ainsi une quatrième séance consécutive de baisse. Deux secteurs ont clairement pesé sur le marché. D'un côté, le luxe subit des prises de bénéfices après la publication des résultats du suisse Richemont, ravivant les interrogations sur la dynamique du secteur. De l'autre, le compartiment énergie est pénalisé par la baisse des cours du pétrole. À l'inverse, le secteur des semi-conducteurs apporte un soutien relatif au marché, porté par les résultats exceptionnels de TSMC, nous en reparlons dans cette édition. Sur le plan géopolitique, l'apaisement relatif au Moyen-Orient pèse sur les valeurs pétrolières. Les déclarations de Donald Trump semblent écarter l'hypothèse d'une intervention militaire américaine immédiate en Iran et ont détendu le marché pétrolier. C'est bien sûr à prendre avec des pincettes... En tout cas, le baril de Brent recule de plus de 2% aujourd'hui, la prime de risque géopolitique se réduisant un peu, après plusieurs séances de fortes tensions. Enfin, Thales enregistre l'une des plus fortes baisses du CAC (-3,04%). Outre le contexte géopolitique, le titre est pénalisé par la mise sur le marché d'environ 2,3 millions d'actions, réalisée via Goldman Sachs. Ce type d'opération augmente le nombre de titres en circulation, ce qui pèse mécaniquement sur le cours. Et en cette période d'hésitation sur les marchés, la moindre annonce de cette nature peut rapidement peser sur les cours, même pour des groupes bien positionnés sur des thématiques porteuses.
Les valeurs : Le secteur du luxe, TotalEnergies, et Ekinops
Le secteur du luxe Richemont, le groupe suisse propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels, a publié de solides résultats annuels, avec une croissance globale de 11% et même +14% dans la joaillerie, son activité principale. Cette performance montre que le groupe a clairement changé de dynamique après plusieurs années décevantes. La joaillerie résiste mieux que d'autres segments du luxe, car elle attire une clientèle plus fortunée et reste perçue comme un achat émotionnel et durable. De nombreux bureaux d'études considèrent aujourd'hui Richemont comme un groupe plus solide, mieux organisé et bien positionné à long terme. Malgré cela, l'action recule de 2,09% ce jeudi et entraîne tout le secteur du luxe dans son sillage ! Les investisseurs s'inquiètent surtout de la rentabilité future du groupe. La hausse continue du prix de l'or, les droits de douane et les effets de change pourraient en effet peser sur les marges, et Richemont n'a pas fourni de précisions rassurantes sur ces menaces. De plus, après la bonne progression récente du titre en 2025 (+25%), certains investisseurs ont préféré prendre leurs bénéfices. Enfin, même si les chiffres sont très bons, une partie du marché s'attendait déjà à ce haut niveau de performance, ce qui limite l'enthousiasme. Entraîné par Richemont, Kering signe ce soir la pire performance du CAC (-3,16% à 301,40€). LVMH cède 1,91% à 625,70€.
TotalEnergies Total tient bon en Bourse, malgré la forte volatilité du pétrole depuis le début de l'année. Ce soir, le fleuron français cède modestement 0,56% à 56,74€ (+2% depuis le 1er janvier). Les prix du pétrole baissent assez fortement ce mardi (environ -2,50%) après des déclarations plus apaisantes de Donald Trump. En laissant entendre que la situation se calmait en Iran, le président américain a quelque peu réduit les craintes d'une intervention militaire des États-Unis au Moyen-Orient. Ces craintes soutenaient jusque-là les cours du pétrole, car un conflit dans la région pourrait perturber l'approvisionnement mondial. Les investisseurs restent très attentifs aux risques géopolitiques autour de l'Iran, grand producteur de pétrole malgré les sanctions en place. Le pays fournit plus de 3 millions de barils par jour, soit une part importante de la production de l'OPEP. En début de semaine, les prix avaient au contraire fortement monté, car de nombreux investisseurs redoutaient une escalade militaire et un possible blocage du détroit d'Ormuz. Ce passage maritime, situé entre l'Iran et Oman, est crucial pour le transport du pétrole : environ 20% de la consommation mondiale y transite, selon l'Agence américaine de l'énergie. Bref ! Trump continue de souffler le chaud et le froid.
Ekinops Le spécialiste des solutions de télécommunications recule ce soir de 2,43%, à 2,01€, après un regain de prudence des bureaux d'études. Stifel a abaissé sa recommandation et a réduit son objectif de cours à 2,2€, contre 4€ auparavant, estimant que la stratégie du groupe manque encore de visibilité, malgré une amélioration fin 2025. Sur l'ensemble de l'année, l'activité reste toutefois en net recul, avec un chiffre d'affaires d'environ 105 millions d'euros, en baisse de 11%, faisant de l'exercice une année de transition plutôt qu'un véritable redémarrage. La progression des ventes de logiciels et les nouvelles acquisitions sont des points positifs, mais insuffisants à court terme pour inverser la tendance. Oddo BHF se montre un peu plus confiant, estimant qu'Ekinops approche d'un point bas et pourrait amorcer un redressement à partir de 2026, un scénario que le marché attend désormais de voir confirmé lors de la publication des résultats et objectifs annuels le 10 mars. Sur un an, le titre éligible au PEA-PME cède près de 40%.
Le monde d'après : TSMC cartonne...
...et rallume la mèche du cycle des semi-conducteurs. Le message envoyé par le géant taïwanais après la publication de ses résultats est clair, la demande liée à l'intelligence artificielle reste extrêmement solide et l'industrie des semi-conducteurs n'a pas encore atteint le pic de son cycle. Le fondeur de puces a publié un bénéfice record au quatrième trimestre 2025, avec un profit net en hausse de 35%, au-delà des attentes, porté par ses technologies de pointe. Plus qu'un excellent trimestre, TSMC a surtout rassuré par ses perspectives, confirmant que l'IA demeure un moteur structurel de croissance pour l'ensemble du secteur. La direction affiche une confiance rare pour 2026, avec une croissance attendue de plus de 35% du chiffre d'affaires dès le premier trimestre et des investissements massifs, au-delà des attentes du marché.
Concrètement, le groupe va accélérer la construction d'usines et l'extension de ses capacités, levant progressivement le principal goulot d'étranglement de l'industrie : le manque de lignes de production opérationnelles. Ces signaux sont clairement positifs et confirment que la vague d'investissements liés à l'IA pourrait s'étendre sur plusieurs années. La réaction des marchés a été immédiate : +6,25% pour TSMC. L'ensemble du compartiment des semi-conducteurs s'inscrit en hausse ce jeudi, et le symbole est fort : le néerlandais ASML est en hausse de 6,6% et a franchi pour la première fois le seuil des 500 milliards de dollars de capitalisation boursière. Dans le sillage de TSMC, les équipementiers européens affirment leur statut de valeurs stratégiques. Et plus que jamais, le fondeur taïwanais joue son rôle de baromètre mondial !
Demain à la Une : Les niveaux à surveiller
Au programme de ce vendredi, l'inflation allemande et la production industrielle américaine. Peu de résultats d'entreprises sont attendus, mais la semaine prochaine sera plus chargée, avec entre autres LVMH, Alstom et Netflix. Nous vous en parlions ces derniers jours, la géopolitique devrait bien sûr rester au cœur des préoccupations des investisseurs. Enfin, les acheteurs viseront sur le CAC 40 dans les séances à venir les 8 370 points avant un éventuel nouveau record au-delà des 8 400. Pour les vendeurs, les principales cibles sont à 8 265 et 8 215.
Le lexique : Les KHOL
L'acronyme KHOL désigne Kering, Hermès, L'Oréal et LVMH, les quatre fleurons du luxe français cotés à la Bourse de Paris. Malgré une volatilité marquée de leurs actions ces derniers mois, ces géants sont réputés pour leur rentabilité, leur rayonnement international et leur rôle moteur dans l'indice CAC 40, dont ils représentent une part significative de la capitalisation. Les KHOL sont suivies de près par les investisseurs en raison de leur capacité à générer de la croissance, même en période d'incertitude économique.
























