RSA, prime d'activité, minimum vieillesse... Les bénéficiaires des minima sociaux sont clairement moins bien couverts que le reste de la population face aux aléas de santé. Un bénéficiaire sur six n'a pas de complémentaire santé selon une étude de la Drees.

« Vous est-il déjà arrivé de renoncer [lors des 12 derniers mois] à une consultation de médecin pour des raisons financières ? » A cette question, 16% des bénéficiaires de minima sociaux - RSA, ASS, AAH, minimum vieillesse, prime d'activité - ont répondu « oui » contre 5% pour l'ensemble de la population. Et près de 30% de ces mêmes bénéficiaires ont renoncé à des soins dentaires, contre 17% pour l'ensemble de la population. Pourquoi ce renoncement à des frais de santé ? Notamment car ces bénéficiaires font partie des populations les moins protégées face aux dépenses de santé, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) portant sur des chiffres à fin 2018 mais publiée mardi 21 juin.

Pourtant, il existe deux dispositifs dédiés pour les y aider : la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et l'aide au paiement d'une complémentaire santé (ACS). Problème : « En 2018, CMU-C et ACS restent largement méconnues : 30% des bénéficiaires de minima sociaux ne connaissent pas la CMU-C et 75% l'ACS. » Depuis, ces deux dispositifs ont fusionné pour devenir la complémentaire santé solidaire ou CSS - sans participation financière - mais il est trop tôt pour savoir si cette nouveauté a permis d'améliorer la compréhension des dispositifs d'aide pour la couverture santé.

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Assurance santé : 83% de bénéficiaires de minima sociaux couverts contre 96% des Français

Résultat : faute de connaître ces dispositifs d'aide et face au coût des complémentaires santé, de nombreux bénéficiaires des minima sociaux sont dépourvus face aux dépenses de santé, prévues ou imprévues. « 83% d'entre eux et 92% des bénéficiaires de la prime d'activité sont couverts par une complémentaire santé, contre 96% de l'ensemble de la population », souligne la Drees dans son étude.

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Pire : les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ne sont couverts qu'à 81%, soit un bénéficiaire du RSA sur cinq. La CMU-C, remplacée depuis par la CSS, concerne tout de même deux tiers des allocataires du RSA. Mais ces 67% sont finalement une proportion assez faible puisque, comme le souligne la Drees, les bénéficiaires du RSA sont automatiquement éligibles à la couverture maladie universelle. Un phénomène qui s'explique à la fois par de la méconnaissance et du non-recours conscient, face à la complexité perçue des démarches, l'idée qu'une complémentaire n'est pas nécessaire ou tout simplement le fait d'être déjà couvert par une autre mutuelle.

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