Couper l’accès aux fonds en euros actuels, pour sécuriser les intérêts de la clientèle historique. Puis créer de nouveaux fonds euros à la structure financière plus souple, pour les nouveaux souscripteurs. Telle est la réflexion en cours chez Spirica.

« Les fonds en euros ne sont pas morts ! » insiste Daniel Collignon, directeur général de Spirica, filiale de Crédit Agricole Assurances dédiée aux courtiers internet et aux conseillers en gestion de patrimoine. Daniel Collignon cherche ainsi à réaffirmer son attachement au fonds en euros : le fonctionnement du support « phare » de l’assurance vie est en effet actuellement remis en cause par les régulateurs et par les assureurs à cause de la conjoncture durable de taux bas.

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Daniel Collignon ne laisse d’ailleurs aucune place au doute quant aux rémunérations 2019 : « Dans cet environnement de taux très bas, les rendements servis en 2019 vont encore devoir baisser de façon très significative », sans livrer plus d’indications quant à la rémunération des fonds en euros présents sur les contrats Netlife, BforBank Vie ou encore Epargne Evolution. Deux assureurs ont d’ores et déjà annoncé des taux de base nettement en baisse : 1% net de frais de gestion pour Swiss Life comme pour Generali France.

Une nouvelle génération de fonds euros en réflexion

Chez Spirica, au-delà des rendements, la réflexion porte sur la limitation des flux. L’assureur a d’ailleurs choisi dès 2016 de conditionner l’accès de ses fonds en euros à l’affectation d’une partie des versements en unités de compte. Daniel Collignon envisage aujourd'hui d’aller plus loin : « Pour les nouveaux souscripteurs, si les taux ne remontent pas, les fonds euros actuels pourraient être remplacés par de nouveaux fonds avec une garantie en capital plus faible, par exemple à 96%, pour éviter de désavantager trop lourdement les épargnants actuels. »

« Ce qui coûte le plus cher, dans un fonds en euros, c’est la garantie en capital »

Ces nouveaux fonds, dédiés aux nouveaux souscripteurs, n’offriraient donc qu’une garantie partielle en capital : en clair, le capital pourrait baisser une mauvaise année, mais cette moindre contrainte en fonds propres permettrait à l’assureur de livrer de meilleurs rendements les années plus favorables. Des fonds en euros à garantie partielle existent déjà : des assureurs tels qu’Apicil ou Nortia ont déjà mis en avant ce type de support. Mais il s’agit cette fois de proposer uniquement des fonds à garantie partielle, alors que cette nouveauté ne concernait pour l’heure que des fonds en euros complémentaires, accessibles aux côtés d’un fonds « classique », avec une garantie à 100%. « Ce qui coûte le plus cher, dans un fonds en euros, c’est la garantie en capital », justifie Daniel Collignon. Or, « dans la conjoncture de taux bas, garantir du capital, même avec une rémunération de 0%, c’est difficile ! »

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Quand envisage-t-il de déployer cette nouvelle génération de fonds en euros, et donc de fermer l’accès aux fonds actuels ? Le directeur général de Spirica insiste sur le fait qu’il s’agit uniquement d’une réflexion, en utilisant le conditionnel, mais il esquisse tout de même un calendrier : « Nous y réfléchissons. Si cela se concrétise, ce serait plutôt lors du second semestre 2020. »

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