891 questionnaires envoyés aux distributeurs et compagnies gestionnaires de contrats dassurance vie. Un par contrat. Mais comme lan passé la CLCV déplore un manque de transparence : « 58,2% des professionnels contactés nont pas répondu, certains sans se manifester, dautres refusant expressément de participer à linstar des Assurances du Crédit Mutuel qui ont maintenu leur refus cette année. » Des acteurs phare du secteur tels que AG2R LA Mondiale ou Covéa (MMA, GMF, Maaf) ont choisi de ne pas répondre, alors quils avaient retourné le questionnaire lan passé.
Des frais dentrée élevés sur les vieux contrats
Sur la base des déclarations des assureurs, la CLCV a calculé le niveau moyen des frais dentrée, ou de versement :
- 2,31% en moyenne pour les contrats en cours de commercialisation ;
- 3,09% pour les contrats actuellement commercialisés par les banques de réseau, assurances et mutuelles, donc en écartant les contrats en ligne qui eux ne facturent généralement pas les versements ;
- 3,48% sur les assurances vie fermées à la commercialisation, autrement dit les « vieux » contrats qui ont laissé place à une nouvelle gamme de produits.
La CLCV relève ainsi un premier facteur diniquité entre assurés : lépargnant souscrivant un contrat sur internet ne paiera aucuns frais dentrée, quand le détenteur dun vieux contrat verra chacun de ses versements rogné denviron 3,5%.
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Des frais de gestion en hausse
Les écarts ne sont pas aussi importants sur les frais de gestion, perçus chaque année sur les sommes en gestion :
- Contrats ouverts à la commercialisation : 0,70% en moyenne sur le fonds en euros, 0,80% sur les unités de compte ;
- Contrats fermés à la commercialisation : 0,65% en moyenne sur le fonds en euros, 0,76% sur les unités de compte.
Surprise : sur les frais de gestion, ce sont les contrats les plus récents qui sont le plus lourdement « chargés » en frais. « Cela correspond à une bascule de la structure des frais : moins de frais sur versement, plus de frais de gestion, des frais plus pénalisants sur la durée. »
Cela sexplique aussi par des conditions contractuelles : dans le cas de contrats individuels dassurance vie, les frais de gestion ne peuvent être augmentés sans laccord de lépargnant, ce qui empêche souvent lassureur de revoir les frais de gestion à la hausse sur de « vieux » contrats. En parallèle, ces mêmes contrats prévoient le plus souvent un maximum pour les frais de versement, lequel est revu à la baisse lors de négociations commerciales avec le distributeur. La CLCV se dit « particulièrement vigilante » sur ce sujet : « Face à la baisse des taux de rendement, les assureurs doivent mieux maîtriser leurs coûts et baisser les frais prélevés au client. »
Rendements : des écarts du simple au quadruple
Les taux de rémunération enregistrés par la CLCV pour lannée 2017 vont « du simple au quadruple : 0,75% pour le contrat le moins bien rémunéré, 3,5% pour le meilleur ». Sur la base de son panel, lassociation annonce un rendement de « 1,90% » pour lannée 2017, « contre 2,04% » en 2016, des chiffres plus optimistes que ceux de l'ACPR (1,93% en 2016 et 1,83% en 2017), situation sans doute dû au fait que les assureurs ayant de bons rendements ont été plus enclins à répondre au questionnaire.
La CLCV relève comme tous les observateurs une moindre rémunération sur les fonds en euros des contrats distribués par les réseaux bancaires (1,39% en 2017) face aux taux affichés par les mutuelles et assureurs traditionnels (2,13% selon le relevé de la CLCV). Tous types de contrats confondus, « la moyenne des fonds [en euros des contrats] ouverts à la souscription sétablit à 1,96%, contre 1,79% pour les contrats fermés à la souscription ».
Des assureurs qui ne distribuent pas tous les bénéfices
Comme lan passé, lassociation publie un palmarès du « taux de redistribution » pour chaque contrat étudié. Dans ce palmarès, sur la période 2010-2017, seul le contrat CapEtudes de Parnasse-Maif offre aux détenteurs une rémunération supérieure aux performances financières brutes du fonds en euros, avec un taux de redistribution de 109,16%.
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De nombreux contrats affichent des taux de redistribution entre 75% et 90%, ce qui peut sexpliquer par la marge conservée par les assureurs. « En moyenne, sur 8 ans, le taux de redistribution de notre panel ressort à 71,29% », précise la CLCV, qui dénonce à nouveau les « différences majeures » de rémunération « entre établissements, mais aussi au sein dun même établissement ». Ainsi, certains contrats affichent des taux de redistribution extrêmement faibles : moins de 60% pour le fonds en euros de Multi Vie (Macif), Vivaccio Ambre (CNP-Banque Postale) ou pour ACMN Vie Revenus (Crédit Mutuel Nord Europe).
La demande de la CLCV aux assureurs
Lassociation CLCV « réitère sa demande dune meilleure équité dans lattribution des rendements et de plus de transparence sur les informations des produits proposés aux consommateurs ». Elle enjoint les assureurs à réévaluer les rendements des fonds en euros, à capital garanti, pour éviter que les assurés « ne se retrouvent en perte de pouvoir dachat sur leurs économies ».
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