Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron annonce « un prélèvement unique sur les revenus du capital, de lordre de 30% ». Un impôt « unique » dans le sens où il inclurait non seulement limpôt sur le revenu, variable selon la durée de détention pour lassurance-vie, mais aussi les cotisations sociales, actuellement de 15,50%. Dans une interview aux Echos, datée du 23 février, le candidat a précisé, concernant lassurance-vie : « Ces conditions ne changeront pas pour les contrats et dépôts existants, mais seulement pour les flux à venir, les nouveaux versements. » Le candidat LR Français Fillon propose la même flat tax, de 30%, mais souhaite « faire une exception sur lassurance-vie » comme lexpliquait le 28 février dernier Eric Woerth, sur LCI. Une position confirmée par François Fillon ce lundi 13 mars.
Jeudi dernier, la Fédération française de lassurance (FFA) a tenu sa conférence de presse annuelle. Et en a profité de loccasion pour poser les bases de la défense du cadre fiscal avantageux de lassurance-vie. La FFA a ainsi commandé un sondage à linstitut Ipsos sur « les Français et lassurance-vie ». Remettant à plus tard la publication de lintégralité de ce sondage, le président de la FFA, Bernard Spitz, a dévoilé les résultats portant sur « lopinion des Français sur la mise en place dune flat tax pour lassurance-vie ».
Un sondage largement défavorable à la flat tax
Résultat ? 77% des sondés voient un alignement de la fiscalité de lassurance-vie sur celle des autres produits dépargne comme une « mauvaise chose », à en croire ce sondage. Un bon moyen pour asseoir le point de vue de la FFA, dautant que les détenteurs de contrats se déclarent encore plus massivement opposés à cette flat tax (85%). Interrogé lors de la conférence sur son opinion concernant cette mesure, Bernard Spitz a répondu : « Quest-ce que je pense des projets [des candidats à la présidence] ? Je pense exactement comme les Français. »
Toujours en sappuyant sur ce sondage, le président de la FFA a par ailleurs insisté sur les atouts de lassurance-vie : selon lui, les Français apprécient ce produit car ils passent « un contrat de long terme avec lEtat, sur trois idées simples : le long terme, la sécurité et la stabilité ». La charge envers Emmanuel Macron se veut donc indirecte et diplomatique. Mais la défense du modèle existant se met en place.
LAfer adresse une « lettre » aux candidats
Le lendemain, le message de lAfer, association dépargnants aux plus de 700.000 adhérents, se faisait plus ouvertement revendicatif : « Epargnants, épargnants, NON au projet daugmenter le taux de prélèvement en assurance-vie à 30% », peut-on lire sur une lettre que lAfer compte publier cette semaine dans la presse nationale, et dores et déjà diffusée sur son site. Comme à son habitude, lAfer y milite pour « la stabilité des règles fiscales », tout en évoquant la hausse des abattements quelle appelle de ses vux.
Mise à jour : 30% au-delà d'un seuil à définir
Le 16 mars, lors des assises de l'épargne et de la fiscalité organisées par l'Afer, un porte-parole d'Emmanuel Macron, Jean Arthuis, a précisé la volonté du candidat d'En Marche : un prélèvement unique de 30%, sur les nouveaux versements, mais uniquement sur les contrats dépassant un certain seuil. Si ce dernier n'est pas arrêté, Jean Arthuis a livré un ordre d'idée : 150.000 euros, par contribuable. Il a ainsi expliqué que les modalités précises de ce projet restent à définir.





















