Les assureurs, banques et professionnels de la gestion dactifs ou du conseil patrimonial ont gagné une bataille. Fin août, les associations professionnels de ces secteurs avaient publié un communiqué commun appelant les Conseil et Parlement européens à « faire jouer leur droit dobjection » pour reporter lapplication du règlement Priips (1). Principale inquiétude : la nécessité de fournir un document dinformations clés (DIC) pour chaque support de lassurance-vie, avec des perspectives de rendement futur plutôt que les performances passées figurant sur les actuels DICI.
Lire à ce propos : Vers une information « trompeuse » pour les supports de lassurance-vie en 2017 ?
Le texte retourne à la Commission européenne « pour révision »
Première étape : le 1er septembre, la commission des affaires économiques du Parlement européen a annoncé son rejet des propositions de la Commission européenne sur ce sujet. « Les députés européens ont soutenu (...) une résolution qui appelle à des modifications de la législation portant sur des produits dinvestissement packagés de détail et fondés sur lassurance (Priips) », lit-on dans le communiqué du Parlement.
Deuxième étape : ce mercredi 14 septembre, le Parlement européen a suivi l'avis de sa commission des affaires économiques en prononçant le rejet par 602 voix contre 4 et 12 abstentions. Il annonce dans un communiqué diffusé en milieu de journée que le texte « sera renvoyé à la Commission européenne pour la révision ».
Le DIC critiqué par les députés
Dans le communiqué du 1er septembre, le Parlement soulignait quune « grande partie de lopposition des députés » se concentre sur le document dinformations clés, ou KID en anglais. Le député écologiste allemand Sven Giegold juge ainsi que « les formules proposées pour prédire le rendement des placements contenaient des défauts qui feraient paraître la performance bien meilleure quelle ne l'était probablement », rapporte le communiqué. Ce député a ainsi évoqué une information « trompeuse », comme les associations professionnels à la fin août.
Dans sa lettre dactualité mensuelle diffusée début septembre, le cabinet dactuariat-conseil Forsides estimait que « lhypothèse [la] plus probable » est désormais « un nouveau cycle de discussion ». Forsides souligne toutefois que « le règlement Priips nest pas en soi remis en cause par le Parlement », « la principale critique relayée [concernant] les scénarios de performance ».
Le flou concernant la suite
Conséquence tout aussi probable de nouvelles négociations : un report de lapplication de ce règlement, même si le Parlement rappelle qu'il doit entrer en vigueur au 31 décembre 2016 dans son communiqué faisant suite au rejet en session plénière. L'AFG, qui rassemble les sociétés de gestion françaises, a réagi hier au vote du Parlement, en reconnaissant ne pas avoir de « visibilité précise sur la suite qui sera donnée à ce rejet, plusieurs options étant envisageables ». Les titulaires dassurance-vie ne découvriront peut-être pas les nouveaux DIC au mois de janvier 2017.
Mise à jour (15 septembre) - Ajout de la réaction de l'AFG.
(1) « Packaged Retail and Insurance-Based Investment Products ».










