« Une information opaque et trompeuse » allant à l'encontre de la protection des épargnants ! Voilà comment plusieurs associations professionnelles et dépargnants jugent le document dinformation clés entrant en vigueur en 2017. Cette nouveauté découle de lentrée en vigueur, au 31 décembre 2016, du règlement européen Priips (1). Léchéance approchant, les professionnels du secteur tirent la sonnette dalarme. Cette nouvelle réglementation « risque de manquer complétement sa cible », affirment dans un communiqué commun les associations professionnelles de la gestion dactifs, du conseil financier, de la banque, de lassurance (2) ainsi que la Faider, fédération regroupant une quinzaine dassociation dépargnants, mais pas la plus emblématique, lAfer.
Les assureurs menacent de « réduire » loffre
Il est vrai que la logique de ce nouveau DIC est complètement différente du DICI accompagnant actuellement la plupart des supports en unités de compte, comme Anne Plazanet, associée du cabinet de conseil Ailancy, lexpliquait récemment dans une interview à cBanque : « Concernant la performance, la logique de la performance passée, dans le DICI, est remplacée par une logique de perspective future ».
Lire linterview dAnne Plazanet : Pourquoi la comparaison de produits dépargne sera plus facile en 2017
Les associations cosignataires du communiqué diffusé ce matin, ne détaillent pas précisément les éléments quelles jugent trompeurs dans ce nouveau DIC, évoquant juste cette « disparition de toute référence aux performances passées » ou des « coûts de transaction inadéquats ». Pour autant, elles pointent les conséquences potentielles : « Compte tenu de la complexité, du coût et de la multiplication du nombre de documents devant être fournis à lépargnant, les assureurs envisagent très sérieusement de réduire drastiquement le nombre dactifs proposés dans le cadre des contrats dassurance-vie. » Cette réduction de loffre de supports en unités de compte aurait de « graves conséquences », dans un moment où les épargnants doivent diversifier leurs placements en unités de compte pour obtenir de meilleurs rendements.
« Délai irréaliste de mise en uvre »
Lautre grande critique détaillée dans le communiqué concerne le « délai irréaliste de mise en uvre de cette réglementation », soulignant que « la Commission européenne ( ) est restée inflexible à la demande de report émanant de douze Etats membres de lUnion, dont la France ». Les groupements professionnels signataires pointent en effet « un texte particulièrement complexe qui ne sera définitif quau quatrième trimestre 2016 et dans lequel subsistent encore de nombreuses incertitudes techniques et juridiques ».
Ces nouvelles normes réglementaires étant « actuellement soumises au contrôle du Parlement européen et du Conseil », ces organisations professionnelles veulent ainsi « alerter le gouvernement », « demander au Conseil et au Parlement de faire jouer leur droit dobjection » et obtenir un report de la date dapplication.
(1) « Packaged Retail and Insurance-Based Investment Products ».
(2) Dans le détail, cosignent ce communiqué lAssociation française de la gestion financière (AFG), lAssociation française des marchés financiers (Amafi), lAssociation nationale des conseils financiers (Anacofi), la Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine (CNCGP), la Compagnie des CGPI, la Chambre nationale des conseillers en investissements financiers (CNCIF), la Fédération des associations indépendantes de défense des épargnants pour la retraite (Faider), la Fédération bancaire française (FBF) et la Fédération française de lassurance (FFA).



















