Deux études récentes, l’une de la Banque de France, l’autre du régulateur du secteur, l’ACPR, permettent d’avoir une idée globale de la répartition des actifs des contrats d’assurance-vie. S’ils sont très majoritairement investis en obligations, ils s’avèrent très peu exposés à la dette grecque.

Les fonds en euros, non risqués puisqu’ils offrent une garantie en capital, sont actuellement pointés du doigt par de nombreux observateurs. Car si l’assurance-vie draine massivement l’épargne des Français, les assureurs placent cet afflux d’argent sur des actifs très peu rémunérateurs. Ce qui risque de pénaliser les assureurs à l’avenir pour rémunérer significativement ces fonds en euros. Ces fonds à capital garanti sont en effet très majoritairement investis en obligations. Or les taux obligataires ne cessent de baisser, s’approchant toujours plus du 0%.

66% de l'assurance-vie sur des obligations

Dans ce contexte, le baromètre trimestriel des placements des sociétés d’assurance publié par la Banque de France permet de se rendre compte de la répartition du portefeuille des sociétés d’assurance. Au dernier trimestre 2014, plus des deux tiers de l’assurance « vie et mixte » (opposée à l’assurance non-vie dans la catégorisation de la Banque de France) est placée sur des obligations et autres titres de créance, ces statistiques prenant en compte à la fois les fonds en euros (plus de 80% de l’assurance-vie) et les supports en unités de compte, plus risqués. Ce portefeuille d’obligations et de titres de créance a augmenté de 27,9 milliards d’euros au dernier trimestre 2014, pour atteindre 1.271 milliards. Il a gonflé suite à des « effets de valorisation positifs » et grâce à 11,4 milliards d’achats nets, « principalement d’émissions d’administrations publiques françaises ou de la zone euro ».

La Banque de France livre la répartition globale par catégorie d’émetteurs des placements des assureurs, mais tous types d’assurances confondues, vie et non vie. Cette répartition permet de constater que les investissements sont en premier lieu réalisés auprès du secteur financier français (38%), devant les administrations publiques françaises (20%), et assez loin devant les administrations publiques de la zone euro (8%) ou hors zone euro (12%).

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Dette : 21 milliards d’euros de titres espagnols

Si la Banque de France ne livre pas de répartition par pays dans cette publication, le régulateur du secteur, l’ACPR, livre des éléments dans une étude portant sur les douze principaux assureurs-vie en France. L’ACPR souligne dans ce document que les placements souverains directs sur des pays étrangers de la zone euro ont augmenté de 11% en 2014.

En décembre, les quelque 145 milliards d’euros concernés sont avant tout orientés vers l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique et les Pays-Bas (64 milliards), devant l’Italie (37 milliards), l’Espagne (21 milliards) ou l’Irlande (5 milliards). Et la Grèce, dont la dette affole les marchés financiers ? Elle n’apparaît même plus dans cette répartition, l’exposition des principaux assureurs aux titres grecs étant inférieure à 1 milliard.