« Vous avez aimé le FICOBA, vous adorerez le FICOVI ! ». Cest sur le ton de lhumour que Christian Eckert a introduit, mardi dernier 3 décembre, sa défense de lamendement n°83, à loccasion de la discussion générale du projet de loi de finances rectificative pour 2013. Le texte présenté par le député PS, rapporteur général de la commission des finances, prévoit en effet la création dun fichier des assurances-vie, sur le modèle du FICOBA, le fichier national des comptes bancaires et assimilés. Ce dernier, géré par la Banque de France, recense lensemble des comptes bancaires ouverts dans lhexagone. Parmi les personnes autorisées à le consulter, on retrouve certains agents du fisc, des douanes, de Tracfin ou encore, depuis peu, de Pôle Emploi.
Ce fichier central était dans les tuyaux depuis plus dun an. Dès novembre 2012, le gouvernement avait annoncé quil envisageait sa création. Puis, dans la foulée de la réunion du Comité national de lutte contre la fraude (CNLF), le 11 février dernier, il avait lancé une consultation sur le sujet auprès des professionnels de lassurance. Le projet, enfin, figurait parmi les propositions du rapport Berger-Lefevbre (1), publié début avril.
Pas avant 2016
En quoi consisterait ce FICOVI ? Comme les banques pour le FICOBA, les compagnies dassurances, organismes de prévoyance et autres associations dépargnants auraient lobligation de déclarer « la souscription et le dénouement des contrats de capitalisation ou des placements de même nature, notamment des contrats dassurance-vie », explique l'amendement adopté mardi soir en première lecture. Ils devraient également déclarer, au 1er janvier de chaque année, le montant cumulé des primes versées sur les contrats et la valeur de rachats effectués. Cette obligation déclarative, enfin, concerne aussi les contrats ouverts hors de France. Dans ce cas, cest lassuré lui-même qui devra sen charger, en même temps que sa déclaration de revenus.
Les conditions et les délais précis de déclaration sont renvoyés à un décret en Conseil dEtat. Si le projet de loi est définitivement adopté, le fichier doit voir le jour le 1er janvier 2016, le temps que les compagnies dassurance se mettent en ordre de marche. A cette date, elles auront un peu plus de six mois, jusquau 15 juin 2016, pour déclarer, en plus des nouveaux, le stock des contrats existants.
Lutter contre la fraude fiscale et la déshérence
Le principal argument avancé pour justifier la création du FICOVI est évidemment la lutte contre la fraude fiscale. Actuellement, explique lexposé sommaire de lamendement, « les moyens de ladministration fiscale pour connaître lencours des contrats dassurance-vie sont limités. En labsence de versement de revenus, il nexiste aucun moyen de recoupement fondé sur des déclarations de tiers. »
Mais le fichier aurait un autre intérêt : celui daméliorer la recherche des contrats dassurance-vie en déshérence. Un récent rapport de la Cour des Comptes a chiffré à 2,76 milliards le montant total des encours non réclamés, faute davoir pu identifier les bénéficiaires du contrat après le décès du titulaire. La création du FICOVI pourrait aider à résorber ce chiffre, notamment si les notaires chargés des successions sont autorisés à y accéder, comme le prévoit une proposition de loi récemment déposée sur le sujet.
Lire par ailleurs : Comptes bancaires inactifs : quenvisage la proposition de loi ?
(1) « Dynamiser lépargne financière des ménages pour financer linvestissement et la compétitivité », rapport au premier ministre rédigé par les députés PS Karine Berger et Dominique Lefebvre.

















