Assurance-vie, immobilier, or, bourse : Christian Parisot, responsable de la recherche économique chez Aurel BGC, fait le point sur la rentabilité future des placements financiers et n’exclue pas un krach des fonds en euros si, après la Grèce, des pays comme l’Italie restructurent leurs dettes.

Les placements en assurance vie sont-ils risqués dans le contexte actuel ?

Christian Parisot : « En ce qui concerne les placements en euros, dont le capital est garanti, une baisse de rendement est inéluctable. Mais, le risque principal serait une restructuration de la dette des pays dans laquelle ces supports sont investis à travers des obligations souveraines. Imaginez, par exemple, que survienne une restructuration de la dette italienne ou un éclatement de la zone euro. En ce cas, les assureurs devraient puiser dans leurs fonds propres pour préserver le capital de leurs clients et rien ne prouve qu’ils auraient les reins assez solides pour tenir leurs engagements. Toutefois, pas d’affolement : ce scénario du pire est peu probable. Tout le monde a intérêt à éviter que cette situation n’advienne. »

Après les banques et les Etats, faut-il craindre une troisième crise portant sur les banques centrales ou sur une instance comme le FMI ?

« A priori pas. Toutefois, pour combattre la crise, les banques centrales comme celle des Etats-Unis, du Japon ou d’Angleterre ont injecté des milliards de liquidités dans l’économie mondiale et on ne sait pas très bien comment elles pourront les reprendre. Ce sont ces injections qui sont notamment à l’origine, il y a quelques mois, de la hausse des matières premières. En ce qui concerne le FMI, ses ressources sont en grande proportion fournies par les quotes-parts des pays membres. En adhérant, un pays doit ainsi théoriquement régler un quart de sa quote-part en monnaies étrangères acceptées à l’échelon international (dollar US, euro, yen ou livre sterling par exemple) ou en droits de tirage spéciaux (DTS). Les trois quarts restants sont réglés dans la monnaie du pays membre. Le risque est qu’une forte défiance s’exerce sur une monnaie, ce qui saperait les ressources du Fonds. Si une vraie crise de défiance se produisait, par exemple avec l’euro, elle serait rapide et le ferait tomber sous sa parité avec le dollar. Mais, nous n’en sommes pas là, même si la parité euro/dollar est retombée de 1,50 à environ 1,33 actuellement. »

Le CAC 40 a perdu environ 25% depuis le début 2011. Que va-t-il se passer, selon vous, dans les mois qui viennent ?

« Un rebond technique portant le CAC jusqu’à 3.200 points contre environ 2.850 points actuellement est possible car les valorisations du moment n’ont aucun sens. Ce rebond, dont le timing est incertain, n’interviendra que lorsque les marchés seront rassurés. Je ne crois pas à un éclatement de la zone euro. Avec la réforme des traités, qui devrait être annoncée par Paris et Berlin peu avant la réunion du conseil européen du 9 décembre prochain, l’Allemagne pourrait se montrer moins rigide quant aux interventions de la BCE. De là, la situation devrait s’améliorer. »

Si ce scénario se concrétise, quel sera le type de placement à privilégier ?

« Les actions car il n’y a plus grand chose à gagner sur le marché obligataire. »

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Comment placer au mieux son argent d’ici là ?

« En l’investissant sur des placements sûrs comme le monétaire, les livrets d’épargne, etc. »

Et l’or ?

« L’or a beaucoup grimpé en raison de l’aversion au risque avec une once qui a progressé de 25% depuis le début 2011, même si les cours sont revenus autour de 1700 dollars après leur sommet au-delà de 1900 dollars. Je pense que le métal jaune a réalisé l’essentiel de son appréciation et qu’il retombera lorsque le rebond technique des marchés interviendra. Cependant, si une reprise de l’inflation se fait jour ou qu’une nouvelle vague d’aversion au risque se produit, les cours pourraient flamber à nouveau. »

Que pensez vous de la performance de l’investissement immobilier ?

« En France, la pierre est considérée comme l’actif sans risque par excellence. Avec la crise, les investisseurs ont beaucoup misé sur l’immobilier. Résultat, les rendements locatifs sont très bas. Par ailleurs, la fiscalité se durcit. Les taxations sur les plus-values des résidences secondaires vont augmenter et l’extinction du dispositif Scellier est programmée pour la fin 2012. A terme, je pense que le marché immobilier baissera. »