Comment les fonds en euros des assurances vie vont-ils réagir face à la crise qui secoue actuellement la zone euro ? Plusieurs journaux se sont récemment posés la question. Une chose semble acquise : la baisse quasi-générale des rendements est inévitable.

Dans son édition d’octobre, le mensuel Le Particulier, spécialisé dans l’information juridique et financière à destination du grand public, l’annonce : « Les rendements des fonds en euros, dont la baisse était déjà attendue, ne vont pas briller » en 2011. La raison en est simple : les principaux fonds en euros français sont composés éventuellement d’actions et d'investissements immobiliers, mais surtout d’obligations d’entreprises et, pour un tiers en moyenne, d’obligations d’Etats de la zone euro. De la dette émise par la France, bien sûr, mais aussi par l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, l’Italie ou même la Grèce. Ainsi, comme le rappelle Le Particulier, « le sort de 30 à 40% des sommes placées en assurance vie (environ 1.300 milliards d’euros, NDLR) dépend de la capacité des Etats à payer les intérêts dus sur ces emprunts et à rembourser, à leur terme, la valeur des titres à leur prix d’émission. »

Cette large place laissée aux obligations d’Etats dans la composition des fonds en euros s’explique : historiquement, les Etats ont toujours été considérés comme des débiteurs fiables. Il s’agissait donc, pour les assureurs, d’un gage de sécurité pour leurs fonds. Mais la crise de la dette change la donne. « On est dans une situation où il n’y a plus d’actifs sans risque », explique Olivier Delamarche, président de Platinum Gestion, cité par France Soir. Conséquence : les assureurs ont de plus en plus de mal à garantir les taux de leurs assurances vie. Jusqu’à quel point ?

Un rendement 2011 entre 2,5% et 3%

Le Particulier se veut plutôt rassurant. « Les conséquences de la crise actuelle restent, pour l’instant, marginales pour les fonds en euros des contrats d’assurance vie », explique le mensuel. Ainsi, la seule dévaluation de la dette grecque, estimée pour l'instant à -21%, devrait réduire de 0,3% le rendement des fonds en euros les plus exposés. France Soir, de son côté, annonce des rendements 2011 compris en 2,5% et 3%, contre une moyenne de 3,40% en 2010. Nettement moins rémunérateur qu’il y a quelques années.

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Autre risque pour l’épargnant, plus sérieux celui-là : l’insolvabilité, voire la faillite d’un assureur français, trop exposé aux dettes des pays en difficulté. Un scénario qui heureusement n’est pas encore d’actualité. Et s'il devait arriver, Le Particulier rappelle que l’épargnant est protégé à hauteur de 70.000 euros par le Fonds de garantie des assurances (contre 100.000 euros pour le Fonds de garantie des dépôts). Le portefeuille de l’assureur défaillant pourrait également, sous l’égide de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), être repris après appel d’offre par un autre assureur.

Il n’y a donc pas encore péril en la demeure. Mais on peut comprendre que l’assurance-vie ne soit plus, à l’heure actuelle, le choix d’épargne privilégié par les Français, face aux placements dont les taux sont connus et garantis à l'avance (super-livrets bancaires, comptes à terme ou même un Livret A à 2,25% net d’impôts).