La MACSF et la Maif ont communiqué ces jours-ci sur une amélioration sensible du rendement de leurs fonds euros, la section de l'assurance vie à capital garanti, à respectivement 3,15% et 3,05% pour 2025. Ceux d'Ampli mutuelle (3,75%), de la Macif (2,70%), annoncé jeudi, et d'Aréas (2,50%) sont stables.

« Maintenant que le ton est donné par les premiers, je pense que les suivants s'inscriront dans la même tendance », estime Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures. Il table sur une moyenne de marché autour de 2,65% pour 2025, contre 2,6% l'année précédente, et rappelle que les premiers à sortir sont souvent mieux-disants.

Cette hausse, même symbolique, a de quoi renforcer la dynamique actuelle de l'assurance vie par rapport au produit concurrent, le Livret A, dont le taux est passé l'an dernier de 3% à 1,7%. « Le taux du Livret A baisse mais le taux du fonds euros (...) ne baisse pas », souligne la directrice finance-épargne de la Macif Odile Ezerzer, jointe par l'AFP.

Le match est cependant plus serré qu'il n'y paraît : le taux du Livret A se lit net d'impôts, contrairement à ceux de l'assurance vie. Pour avoir un point de comparaison fiable, il faudrait abaisser les taux des fonds euros jusqu'à près d'un tiers, selon l'ancienneté du contrat.

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Convoitises

Pour expliquer les meilleurs rendements, Ampli Mutuelle met en avant dans un communiqué « des bonnes performances de la gestion d'actifs, notamment grâce à une gestion opportuniste sur les marchés actions ». Les assureurs ont su aussi profiter l'an dernier d'apports massifs d'argent frais de la part des épargnants, investis illico dans des produits financiers rémunérateurs, comme de la dette française.

« L'inquiétude des Français (...) générée par le contexte économique, politique et probablement géopolitique », se traduit par un « taux d'épargne très fort », analyse Mme Ezerzer. Résultat, l'assurance vie a renforcé en 2025 sa place de premier placement financier des Français, avec 2 100 milliards d'euros d'encours, selon les derniers chiffres de la fédération professionnelle France Assureurs.

Mais ce véritable magot a aussi attiré les convoitises. « Ce qui est gros est visible et attire toujours l'attention », note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne. Des parlementaires ont par exemple cherché à augmenter la fiscalité de l'assurance vie, à rogner sur ses avantages lors d'une succession voire à le faire entrer dans le cadre de l'impôt sur la fortune dite « improductive ».

Les fonds euros, en partie investis auprès des entreprises, permettent à ces dernières « de continuer de croître, de continuer d'embaucher, de continuer de rénover leur appareil productif », souligne la directrice finance-épargne de la Macif. Le directeur général du groupe MACSF Stéphane Dessirier jugeait lors d'une conférence de presse mardi « injuste » cette menace de taxation, qui pourra revenir lors des prochains débats sur le budget.

Quelque 20 millions de personnes disposent d'une assurance vie, soit un capital moyen d'un peu plus de 100 000 euros par souscripteur. Cette moyenne est à relativiser, admet M. Crevel, qui constate « une très forte concentration de l'encours sur les patrimoines le plus aisés », notamment les cadres supérieurs, les indépendants et les professions libérales.

Les compagnies d'assurances continueront ce mois-ci à annoncer leurs taux. L'Afer, qui se présente comme la première association d'épargnants, publiera le sien le 19 janvier.

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