Selon Bruno Le Maire et la Commission de régulation de l'énergie, la hausse normale des tarifs réglementés de l'électricité aurait dû être de presque 40% au 1er février. Le bouclier tarifaire du gouvernement, basé sur la baisse des taxes, devrait la limiter à 4% mais cela est intenable dans le temps.

Depuis l'automne 2021 et une annonce de Jean Castex, la hausse des tarifs réglementés de l'électricité prévue en février est limitée à 4%, grâce une baisse de la fiscalité qui représente un coût de 8 milliards d'euros pour l'Etat. On évoquait alors un bond des prix envisagé autour de 20% si la formule de calcul était respectée. Mais la situation sur le marché de l'électricité se dégrade. Si bien que la hausse théorique est aujourd'hui plutôt comprise entre 38 et 40% sans intervention gouvernementale.

L'executif est-il en mesure de tenir sa promesse de hausse de 4% à quelques mois de la présidentielle ? Dans un document confidentiel de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dévoilé par Le Parisien, il semble évident que la seule baisse des taxes (La TICFE, taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité) ne sera pas suffisante car elle ne couvre que la moitié de la hausse des prix.

Les dangers du lissage

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé ce lundi sur LCI qu'une solution technique sera trouvée « d'ici la fin de la semaine » pour limiter la hausse des prix de l'électricité à 4% en 2022 et épargner le pouvoir d'achat des ménages. Il s'agirait notamment de modifier la formule de calcul des tarifs réglementés et le stock d'électricité à bas prix accordé par EDF aux fournisseurs alternatifs pour tempérer la flambée des prix de l'électricité sur les marchés.

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A court terme mais aussi dans quelques mois lorsqu'il faudra lisser le manque à gagner pour EDF et payer les surcoûts hivernaux de façon étalée pour les titulaires d'un contrat « tarif bleu » comme pour ceux dont le contrat est indexé sur ces-mêmes TRV auprès d'opérateurs alternatifs.

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Une réforme à venir ?

Un tour de passe-passe à venir qui inquiète les associations de consommateurs. « La CLCV a déjà exprimé ses divergences de fond quant aux principes qui guident cette formule de calcul des TRV (...) En effet, elle entraîne une augmentation du tarif hors taxes stratosphérique et totalement injustifiée au regard de la vérité des coûts », juge François Carlier, délégué général de l'association de consommateurs qui réclame de longue date la disparition des offres de marché et un retour aux TRV pour l'ensemble des clients. Une solution aussi promue par certains fournisseurs alternatifs qui craignent de ne plus pouvoir assumer leur service.

Avec l'UFC Que-Choisir, la CLCV demande aussi une baisse durable de la TVA à 5,5% sur l'électricité, arguant qu'il s'agit d'un bien de première nécessité. À long terme, la France espère une réforme du marché européen de l'électricité pour que les cours reflètent plus fidèlement les prix réels dans chaque pays, alors qu'ils sont aujourd'hui calés sur les coûts des centrales à gaz et au charbon, qui atteignent aujourd'hui des sommets.

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