Les marchés : Encore un !

Nouveau record symbolique pour le CAC 40, à 8 438 points. Les marchés actions reprennent en effet quelques couleurs ce mercredi, l'indice français clôture en hausse de 0,81% à 8 429 points, porté par un retour de l'appétit pour le risque après plusieurs séances dominées par les interrogations autour de l'intelligence artificielle. À Paris comme à Wall Street, les valeurs technologiques se stabilisent, permettant aux indices mondiaux de progresser alors que les investisseurs digèrent toujours les dernières publications d'entreprises. Le moral a également été soutenu par une statistique américaine encourageante : la production industrielle ressort en janvier bien au-dessus des attentes, signalant une activité manufacturière plus dynamique que prévu. Les opérateurs restent toutefois attentifs à la publication du compte-rendu de la dernière réunion de la Fed, attendu dans la soirée, afin d'obtenir de nouveaux indices sur la trajectoire des taux américains. En Europe, l'inflation française confirme de son côté un net ralentissement, avec des prix à la consommation en hausse limitée à 0,3% sur un an en janvier, contre 0,8% le mois précédent. Une évolution qui va dans le sens d'un apaisement progressif des pressions inflationnistes, alors que la BCE n'agit toujours pas pour baisser les taux... On en reparle dans cette édition.

Dans le même temps, le pétrole repart à la hausse (+3,4%), soutenu par les tensions persistantes autour du dossier iranien. Washington a réaffirmé vouloir empêcher Téhéran d'accéder à l'arme nucléaire, tandis que de nouvelles discussions diplomatiques ont débuté à Genève pour tenter d'éviter une escalade militaire. Un contexte qui maintient une prime de risque sur les marchés de l'énergie, alors que les investisseurs oscillent toujours entre soulagement économique et vigilance géopolitique.

Les valeurs : le secteur de la défense, Carrefour et Vusion

Le secteur de la défense Les actions du secteur de la défense sont en forte hausse ce mercredi, avec Thales en tête du CAC (+4,26% à 259,50€) et Dassault Aviation (+2,82% à 350€) qui atteint un nouveau plus haut historique à 354 euros. Cette envolée s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, les très bons résultats du britannique BAE Systems (+4,07%), avec un carnet de commandes record et des perspectives de croissance solides pour 2026, rassurent le marché sur la demande en équipements militaires. Par ailleurs, les tensions géopolitiques restent fortes : les négociations entre la Russie et l'Ukraine n'avancent pas, et un cessez-le-feu semble encore lointain, ce qui entretient l'incertitude sécuritaire. Enfin, les inquiétudes liées à l'Iran refont surface, après des discussions nucléaires qui patinent avec les États-Unis, selon les toutes dernières infos, poussant le prix du pétrole (+3,36%) à la hausse et renforçant la perception d'un besoin accru de défense. Thales et Dassault Aviation gagnent respectivement 13,5% et 28% depuis le début de l'année.

Carrefour Carrefour a présenté son nouveau plan stratégique pour améliorer sa rentabilité et reconquérir des parts de marché, mais la réaction des investisseurs a été froide, très froide : l'action est lanterne rouge du CAC ce soir (-4,84% à 14,65€). Le groupe vise à se recentrer sur ses principaux marchés (la France, le Brésil et l'Espagne) et à renforcer sa position sur les produits frais, qui seront au cœur de son offensive commerciale. L'entreprise prévoit d'atteindre une marge opérationnelle de 3,5% d'ici 2030 et de générer 5 milliards d'euros de flux de trésorerie sur la durée du plan, tout en réduisant ses coûts grâce à l'IA, à sa centrale d'achat européenne et à un modèle de magasins moins directement gérés. Cependant, les bureaux d'analyse restent prudents : les résultats 2025 ont été décevants, avec une croissance du chiffre d'affaires limitée, un résultat opérationnel en baisse et un flux de trésorerie inférieur aux attentes. Les objectifs de croissance future sont jugés ambitieux mais inférieurs aux prévisions du marché, ce qui explique, comme bien souvent désormais, la réaction négative de la Bourse. Depuis le 1er janvier, Carrefour limite ses gains à 2,5% à la Bourse de Paris.

Vusion L'action éligible au PEA-PME chute de 11,98% à 115,30€ malgré l'annonce d'un nouveau contrat avec Carrefour pour déployer ses étiquettes électroniques et solutions numériques dans l'ensemble de ses hypermarchés et supermarchés en France. Si ce partenariat confirme la qualité technologique du groupe et lui permet de gagner un client majeur face à la concurrence, son impact financier serait limité selon les bureaux d'études, et très inférieur au gigantesque contrat signé avec Walmart aux États-Unis. Les investisseurs restent surtout préoccupés par l'après-Walmart, dont le déploiement arrive progressivement à maturité, alors que le marché américain représente désormais la majeure partie de l'activité de Vusion. La crainte d'un ralentissement de la croissance à partir de 2027 domine donc toujours, et efface l'effet positif du contrat Carrefour. Le titre, déjà sous pression depuis le début de l'année, prolonge ainsi son repli de 43%. Clairement, ses actionnaires attendent désormais des signaux rassurants.

La recommandation du jour : Takaichi suscite espoirs et inquiétudes

L'événement du mercredi : Lagarde quitte la BCE Marc vous en parlait ce matin, Christine Lagarde devrait quitter la BCE, avant la fin de son mandat prévu en octobre 2027, selon le Financial Times. Cette annonce stratégique devrait permettre à Emmanuel Macron de peser sur le choix de son successeur avant l'élection présidentielle en France, alors que le Rassemblement national est bien placé dans les sondages. La situation rappelle le départ anticipé du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui quittera son poste en juin pour la même raison, selon les informations de presse dévoilées la semaine dernière. Officiellement, la BCE assure que Christine Lagarde reste concentrée sur sa mission et n'a pris aucune décision sur la fin de son mandat, mais les rumeurs indiquent qu'un départ avant la fin de l'année est prévu. Derrière ces mouvements se cachent des enjeux politiques européens et la volonté de ne pas laisser ce poste clé à un gouvernement eurosceptique. Espérons que ce soit l'occasion de changer radicalement l'équipe chargée des décisions de la BCE. Celle de Lagarde s'est lourdement trompée ces dernières années, tant sur l'inflation en zone euro que sur la désinflation. Bref, une équipe systématiquement à contretemps. Espérons aussi que cette future équipe baisse les taux pour relancer la croissance, atone en zone euro, alors que l'inflation est désormais maîtrisée.

Demain à la Une : Une avalanche de résultats

Ce jeudi sera marqué par la publication de la balance commerciale américaine et par la poursuite du Nouvel An chinois (avec un peu moins de volumes sur les marchés mondiaux). Surtout, une véritable avalanche de résultats trimestriels et annuels nous attend, dont ceux de Walmart, Alibaba, Nestlé, Airbus, Renault, Pernod Ricard, Accor, la foncière Klépierre, GTT, Nexans, FDJ et Air France. Rendez-vous demain soir pour découvrir les résultats les plus marquants de la séance.

Le lexique : Le risque de change

Le risque de change désigne le fait que la valeur d'un investissement libellé dans une devise peut varier une fois convertie dans une autre devise en raison des fluctuations du taux de change. Cela signifie que la performance « pure » d'un actif, mesurée dans sa devise d'origine, peut différer de celle que ressent un investisseur qui utilise une autre monnaie. Par exemple, en 2025 l'indice S&P500 (qui reflète la performance des principales actions américaines) a augmenté d'environ +16% en dollars américains sur l'année. Si vous aviez investi directement aux ÉtatsUnis en dollars, vous auriez vu cette progression de près de 16% sur votre portefeuille. Mais pour un investisseur européen qui mesure ses gains en euros, ce chiffre n'est pas le même car le taux de change euro-dollar a aussi évolué en 2025 : le dollar s'est affaibli face à l'euro de plus de 13% sur l'année. Résultat des courses : une performance de seulement 3% pour les investisseurs européens exposés au S&P 500, sans couverture de change.