Comment faire pour payer moins cher sa complémentaire santé ? Cette assurance, aussi appelée mutuelle, rembourse une partie des dépenses qui ne sont pas prises en charge par la Sécurité sociale. Elle est recommandée pour éviter d'avoir à régler un reste à charge trop important.

Le problème, c'est que le prix des cotisations augmente d'année en année. Une complémentaire santé coûte actuellement, en médiane, 50 euros par mois à un assuré seul de 45 ans, pour un contrat individuel et une couverture faible, selon les données de MoneyVox Market Intelligence. La cotisation mensuelle grimpe à plus de 115 euros, dans les mêmes conditions, à 80 ans.

Des montants conséquents, si bien que 4% des Français ne disposent pas de complémentaire santé, d'après la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques). Il existe toutefois quelques astuces pour faire baisser la note, tout en bénéficiant de meilleures garanties.

Mutuelle santé : comment choisir son assurance santé au meilleur prix

1 - La CSS, une complémentaire gratuite ou à moindre coût

La Complémentaire santé solidaire (CSS ou C2S) existe depuis 2022. Elle est attribuée sous conditions de ressources et permet d'obtenir une couverture gratuitement ou à prix réduit (30 euros par mois au maximum).

Pour en bénéficier à titre gratuit, en France métropolitaine, une personne seule doit disposer de moins de 10 339 euros de ressources par an et le plafond est fixé à 13 957 euros pour la CSS payante.

Au niveau des garanties, elle donne accès à des consultations remboursées totalement (médecin, dentiste, kiné, infirmier...), une exonération des tickets modérateurs, du forfait journalier hospitalier, des franchises et participations forfaitaires... Elle donne aussi droit à un panier sans reste à charge pour les soins auditifs, dentaires ou optiques, et sont dispensés d'avancer les frais grâce au tiers payant intégral.

Pour savoir si vous pouvez en bénéficier, il faut comparer vos ressources annuelles avec les plafonds en vigueur. Vous pouvez aussi faire une simulation en ligne. Cela vaut le coup de vérifier et d'en faire la demande, car plusieurs millions de personnes éligibles n'ont pas recours à la CSS.

Assurance santé : avez-vous droit à cette mutuelle gratuite ?

2 - En cas de perte d'emploi, penser à la portabilité

15% des chômeurs ne disposent pas d'une complémentaire santé selon la Drees. Si vous avez perdu votre emploi récemment, sachez qu'il est possible de continuer à bénéficier de la mutuelle de votre entreprise pendant 1 an au maximum, et ce gratuitement.

C'est ce qu'on appelle la portabilité. Pour en bénéficier, il faut avoir adhéré à la couverture complémentaire santé d'entreprise, avoir fait l'objet d'une rupture du contrat de travail, pour un motif autre que la faute lourde et être indemnisé par l'Assurance chômage. Quelques exemples sont donnés par le site Service public : démission légitime, rupture conventionnelle homologuée, licenciement (sauf faute lourde) y compris économique.

A noter que vos proches pourront aussi bénéficier de cette protection en qualité d'ayants droit. Pour ouvrir vos droits à la portabilité, vous devrez justifier auprès de la complémentaire de votre indemnisation par France travail. La couverture dure le temps de l'indemnisation, dans la limite de la durée de votre ancien contrat de travail.

3 - Continuer de bénéficier de la mutuelle d'entreprise à prix limité

Vous pouvez parfois aussi continuer à bénéficier de la mutuelle de votre ancienne entreprise à des prix restreints, même après la fin de votre contrat de travail. C'est le cas lorsque la période de portabilité prend fin, si vous percevez une rente d'incapacité ou d'invalidité ou bien si vous êtes bénéficiaire d'une pension de retraite à la suite de la rupture de votre contrat de travail.

Si vous entrez dans l'une de ces situations, la loi Evin précise que la complémentaire santé ou la mutuelle de votre précédente entreprise doit vous faire une proposition de maintien des garanties. La proposition est payante, mais la première année, les tarifs ne pourront pas être supérieurs à ceux qui sont proposés aux salariés de l'entreprise. La deuxième année, ils pourront être jusqu'à 25% plus élevés et la troisième année, jusqu'à 50%.

4 - A la retraite, ne pas forcément rester sur le contrat d'entreprise

Pour autant, une fois la retraite arrivée, bénéficier du contrat de son ancienne entreprise n'est plus forcément intéressant. « Pour les personnes qui ont gardé leur contrat depuis des années, il y a un vrai levier d'économie possible, il faut comparer avec d'autres. D'autant que le contrat de leur ancien employeur, tourné vers les actifs, n'est pas forcément adapté à la situation des retraités. Il est conseillé de faire le point sur ses besoins pour chercher une couverture mieux calibrée », explique Horace Bourgy, directeur marketing et communication chez France Mutuelle.

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5 - Comparer (et résilier un contrat s'il est devenu inintéressant)

Vous trouvez vos cotisations trop chères et vos remboursements trop peu élevés ? Si vous êtes salarié, c'est impossible d'en changer, mais si votre complémentaire santé n'est pas à adhésion obligatoire, rien ne vous empêche de comparer les prix, de faire des devis ailleurs et d'opter pour un autre organisme proposant une formule plus adaptée à votre situation au niveau des garanties et/ou qui est moins chère.

Il est en effet possible de résilier sans frais sa complémentaire santé, lorsque le premier anniversaire de souscription a été dépassé. Le dispositif, entré en vigueur en décembre 2020, est appelé résiliation infra-annuelle (RIA). Cette possibilité est particulièrement intéressante pour les retraités, qui voient bien souvent leur prime être majorée.

Les salariés ont moins de marge de manœuvre puisque le contrat est choisi par l'entreprise. Ils peuvent toutefois souvent choisir de souscrire ou non à des options plus chères, mais plus couvrantes.

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6 - Choisir des garanties adaptées

Régulièrement, il est d'ailleurs conseillé de vérifier si votre contrat est toujours adapté à vos besoins. Selon un sondage du comparateur LeLynx réalisé fin 2025, 57% des interrogés n'ont pas changé d'assureur dans les 10 dernières années. Parmi eux, un tiers des Français (34%) ne l'a jamais fait

Pourtant, certaines garanties non utilisées peuvent considérablement alourdir vos cotisations. Vous pouvez y remédier si vous êtes retraité, travailleur non salarié ou étudiant en demandant à modifier votre contrat individuel ou en changeant après 1 an (cf point précédant).

« Il est parfois possible de personnaliser entièrement un contrat par poste de soin. L'exemple dont on parle tout le temps, c'est une garantie maternité encore présente dans son contrat alors qu'on est à la retraite », explique Samuel Bansard, directeur des activités de comparaison d'assurances chez Meilleurtaux. Autre cas de figure, un contrat qui couvre la maternité ou l'orthodoncie des enfants, alors que vos enfants ont quitté le foyer familial depuis longtemps.

« Pour certains cas, le fait de prendre un contrat non-responsable peut aussi être une piste si l'on n'a pas de gros besoins sur le dentaire, l'optique ou les audioprothèses », ajoute Samuel Bansard. Contrairement aux contrats responsables, ces derniers ne sont pas contraints par la réglementation à inclure certaines garanties et peuvent donc être moins chers.

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7 - Opter pour une mutuelle lancée par votre collectivité

Autre solution ouverte aux retraités, mais aussi à tous les habitants si leur ville la propose : les mutuelles communales ou régionales. Le principe ? Un peu comme les offres groupées, grâce à la promesse d'un certain nombre d'adhérents, les communes arrivent à obtenir auprès des organismes des prix intéressants.

Généralement, ces mutuelles permettent aux habitants de faire entre 10% et 20% d'économie sur la cotisation. La démarche a aussi été faite à l'échelle régionale en Île-de-France. La solution peut également permettre d'accéder à des garanties plus intéressantes.

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8 - Vérifier du côté des aides locales

Vous pouvez aussi regarder si votre collectivité (région, département, communautés de communes, ville...) met en place un soutien pour la complémentaire santé. Par exemple, la région Occitanie propose un « Pass mutuelle » aux étudiants boursiers, non éligibles à la CSS et qui ont une mutuelle, d'un montant de 100 euros par an.

Les Centres communaux d'action sociale (CCAS) proposent aussi, parfois, des soutiens pour financer cette protection et/ou un accompagnement pour demander et comparer des devis. C'est le cas par exemple à Angers.

« Le CCAS d'Angers peut vous délivrer une participation financière pour le paiement de votre cotisation annuelle de complémentaire santé. Pour cela, il faut être angevin à revenus modestes, remplir les conditions d'éligibilité à cette aide et fournir les pièces justificatives nécessaires à l'instruction. Vous devez vous présenter à l'accueil social du CCAS d'Angers avec l'ensemble des pièces nécessaires », précise le site.

9 - Profiter des déductions fiscales quand c'est possible

Certaines personnes peuvent déduire leurs cotisations de leurs revenus lors de leur déclaration au fisc. C'est le cas lorsque l'adhésion à une complémentaire santé est obligatoire, comme c'est le cas des salariés, pour qui la déduction est faite automatiquement.

Mais les travailleurs non-salariés peuvent également obtenir cet avantage fiscal, à condition d'opter pour un contrat Madelin. Ces contrats ont un autre avantage détaillé par Horace Bourgy (France Mutuelle) : « Ils sont moins chers, car la population visée, composée de dirigeants d'entreprises, est moins consommatrice de soin en général. »

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10 - Pour les fonctionnaires, solliciter la participation de l'employeur

Vous êtes fonctionnaire ou contractuel de la fonction publique ? La réforme de la protection santé complémentaire (PSC) acte le déploiement progressif de contrats collectifs, dont les cotisations sont prises en charge à 50% par l'employeur.

En attendant, les agents territoriaux ou les salariés de l'Education nationale (jusqu'en avril, puisque le contrat collectif entre en vigueur en mai) peuvent obtenir une participation de 15 euros de l'employeur, à condition d'opter pour un contrat labelisé.

Pour cela, il faut « adresser une demande à son employeur en lui transmettant un formulaire ainsi qu'une attestation de son organisme complémentaire. Une fois la demande traitée, le remboursement sera ensuite versé directement sur la paie de l'agent tous les mois », indique le portail de la fonction publique.

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11 - Rester ayant droit sur le contrat d'un proche

La possibilité d'être ayant droit sur le contrat d'un parent ou de votre conjoint peut également être intéressante, car les organismes proposent parfois des packs famille, avec des tarifs réduits, ou la gratuité pour les enfants des assurés, par exemple.

Cette solution est souvent une bonne option pour les retraités, qui ne bénéficient plus de la prise en charge de leur employeur et peuvent devenir ayant droit de leur conjoint encore actif. Attention cependant à lire les conditions, certains organismes peuvent exclure cette possibilité. Les étudiants peuvent ainsi rester attachés à la mutuelle de leurs parents.

Si vous avez un nouvel emploi, il peut être intéressant de garder la mutuelle de votre conjoint ou de votre parent, si les garanties sont meilleures et/ou les tarifs moins élevés. Dans ce cas, vous pouvez demander une dispense d'adhésion à la mutuelle d'entreprise.

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12 - Ne pas oublier de réclamer la prime de naissance

Autre conseil, si vous attendez ou si vous avez accueilli un enfant récemment, pensez à regarder si votre contrat ne prévoit pas une prime de naissance ou de maternité. Son versement n'est pas automatique, mais de nombreuses complémentaires santé la proposent. « Le montant de l'aide varie de 50 euros à parfois plus de 1 000 euros pour certaines mutuelles, mais est plus souvent autour de 200 euros », indique la mutuelle Alan sur son site internet.

Cette prime peut être versée à l'un des deux parents ou aux deux. Il est aussi possible qu'elle soit délivrée sous forme de déduction des cotisations. Une somme bienvenue alors que l'arrivée d'un enfant suppose de nombreuses dépenses supplémentaires.

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Bonus : demander le remboursement des hausses de tarif 2026

Cette année, les primes des complémentaires santé sont au cœur d'un désaccord. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit une interdiction de l'augmentation des cotisations par rapport à leur niveau de 2026.

L'UFC Que Choisir conseille aux particuliers de demander le remboursement de la hausse grâce à un courrier type puisque de nombreux assurés ont constaté des hausses. Les organismes proposant les complémentaires santé estiment, en effet, que la mesure est inconstitutionnelle et comptent déposer un recours contre la loi. La procédure devrait prendre quelques mois. Affaire à suivre, donc...

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