Les rendements de l'assurance vie et plus précisément de leur support phare le fonds en euros s'émiettent chaque année un peu plus. Après avoir servi un taux net de frais de 1,3% en 2020, en moyenne, le support « star » de l'assurance vie devrait se rapprocher de 1% selon deux analyses publiées cette semaine.

« Le taux net moyen servi sur les fonds en euros s’établissait à 1,30% à fin 2020 [selon la Fédération française de l'assurance (FFA), NDLR] contre 1,46% un an plus tôt. Ce recul devrait se poursuivre en 2021 et le taux net moyen se rapprocher de 1%, réduisant l’écart avec la rémunération offerte sur le Livret A (0,5%). » Voici, texto, l'anticipation livrée par le cabinet Optimind, à l'occasion de la troisième édition de son étude « Pilier 1 Solvabilité 2 » portant sur l'épargne individuelle en assurance.

La société de conseil, notamment spécialisée dans la gestion des risques, développe son analyse : « La crainte d’une remontée de l’inflation [de 1,5% en juin 2021 selon l'Insee, NDLR] est de plus en plus présente (...) Dans un environnement inflationniste, le rendement réel des fonds en euros s’affaiblirait encore », à l'image, là encore, du Livret A, dont le taux a peu de chance de dépasser 0,5% à court terme malgré le retour de la hausse des prix.

Le taux du Livret A pourrait-il rebondir en août 2021... ou en février 2022 ?

En ce qui concerne les rendements des fonds en euros de l'assurance vie, Optimind n'anticipe pas de véritable rebond à court terme : « Quant à la remontée des taux [des marchés financiers], cela dépendra de son ampleur et de sa vitesse : modérée, elle permettrait aux assureurs d’améliorer progressivement le rendement de leurs portefeuilles avec des actifs plus rémunérateurs ; brutale, elle serait peut-être néfaste si de nouveaux entrants sur le marché ou de nouveaux fonds faisaient leur apparition, au détriment des plus anciens. »

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Autrement dit, en cas de remontée brutale des taux des marchés financiers (taux obligataires en particulier), des assureurs historiques auraient du mal à faire face à la concurrence de jeunes acteurs, si ces derniers lancent de nouveaux fonds en euros en profitant de taux en hausse. Car les assureurs historiques devront solder la masse d'actifs achetés à des taux très bas dans le portefeuille de leurs fonds en euros. Un tel scénario permettrait aux plus jeunes assureurs de servir de bien meilleurs rendements à leurs assurés... et fragiliserait le marché de l'assurance vie selon Optimind.

Facts & Figures : plus ou moins de 1% selon la méthode choisie

Une autre étude, publiée par le cabinet faisant référence sur le marché de l'assurance vie, Facts & Figures, a été publiée le lendemain, jeudi 22 juillet. Verdict de Facts & Figures : une nouvelle baisse, mais pas de chute vertigineuse. « Pour 2021, Facts & Figures positionne à ce jour l’hypothèse d’un taux moyen servi sur les fonds en euros classiques de contrats d’assurance-vie individuels à 0,90%. Cela correspond à une baisse de 18 centimes par rapport à 2020 où le taux est de 1,08% [selon la méthode de ce cabinet, NDLR]. En appliquant la même dynamique de baisse sur le mode de mesure de la FFA (établi sur un périmètre plus large, car intégrant toutes les formes de fonds en euros et tous les types de contrats), on arriverait à un taux d’environ 1,10% norme FFA. »

Des fonds en UC à la fête

Optimind pointe en revanche une bonne nouvelle, du point de vue des assureurs : les épargnants acceptent de plus en plus volontiers de délaisser le fonds en euros au profit des unités de compte (UC), supports plus risqués mais potentiellement plus rémunérateurs. « La collecte nette à fin 2020 s’est massivement réorientée vers les UC au détriment du fonds euros, et ce alors même que les valeurs boursières ont souffert au cours du 2e trimestre de la correction liée à la crise sanitaire. Ce phénomène est nouveau : en effet, historiquement, la part des fonds placés en unités de compte avait tendance à augmenter lorsque les marchés financiers progressaient, et inversement à baisser lorsque les valeurs marchés diminuaient. »

Ce phénomène, celui d'un basculement assez franc du fonds en euros vers les unités de compte, le cabinet Facts & Figures le présente lui aussi comme un événement notable : « En mettant de côté les conséquences des deux confinements de 2020 sur l’assurance vie, le principal fait marquant concernant le marché est la montée du taux d’UC dans la collecte brute à 35%. »

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Un risque qui paie ?

Facst & Figures détaille en outre cette année une analyse des performances des différents supports sur une durée plus longue : « Sur les 10 dernières années (2010-2020), Facts & Figures évalue la performance annuelle moyenne nette de frais des UC à 3,23% et celle des fonds en euros à 2,08%. » Le jeu - le risque porté par les UC - n'en vaut pas toujours la chandelle.

Pourquoi ? « La prise de risque sur les unités de compte n’est donc pas payante pour toutes les classes d’actifs, notamment les plus prudentes qui ne performent pas assez. C’est essentiellement la gestion actions “pure” qui performe. L’empilage des frais dans certains contrats multisupports, et encore davantage dans certains PER individuels rend délicate l’obtention d’une performance positive nette de tous les frais à terme. » En bref : prendre des risques, pourquoi pas, mais pas via n'importe quel contrat ni via n'importe quel fonds en UC.

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