Des centaines de particuliers pensaient être les heureux héritiers d’assurances vie bien alimentées. En fait, ils ont été victimes d’escrocs usurpant l’identité de notaires en exercice.

En pleine crise du coronavirus et endeuillés, ces Français ont cru être les héritiers de juteux contrats d’assurances vie. Cette heureuse perspective s’est en fait transformée en cauchemar supplémentaire, comme le décrit Le Parisien dans un récent article, qui rapporte notamment l’histoire de Jacqueline.

Suite au décès de sa tante, Jacqueline est contactée par un certain Thierry*, qui se présente comme le notaire en charge de la succession. Il lui explique que sa défunte proche a légué une assurance vie et que, pour la récupérer, elle doit au plus vite lui envoyer ses papiers d’identité. Après une rapide recherche sur internet, Jacqueline tombe sur le cabinet de ce notaire, bel et bien enregistré auprès de la Chambre des notaires. Mais, suspicieuse face à l’empressement du professionnel, elle pousse l’investigation en contactant directement la Chambre interdépartementale des notaires. Et elle a été bien inspirée ! Elle comprend alors que, si Thierry existe, ce n’est pas lui qui l’a contactée mais un escroc se faisant passer pour lui.

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Au moins 1 million d’euros détournés

Si la suspicion de Jacqueline lui a permis d’éviter la catastrophe, des centaines de particuliers n’ont pu l’éviter, versant plusieurs milliers voire dizaines de milliers d’euros à ces usurpateurs d’identité. Comme le rapporte Le Parisien, un habitant de l’Est de la France aurait ainsi donné 40 000 euros au faux Thierry. Car, en effet, une fois la proie ferrée grâce aux avis de décès publiés dans la presse locale, le faux notaire explique à sa victime que, pour débloquer de l’héritage, elle doit verser un acompte. 5% du montant de l’assurance vie sont évoqués dans l’article du Parisien.

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La crise du coronavirus, qui exacerbe l’isolement des personnes vulnérables, fait le lit de cette arnaque. Elle serait liée à un circuit d’escrocs franco-israélien connu des forces de l’ordre : « le même circuit avait déjà été utilisé lors d'arnaques au « faux virement » ou au chômage partiel », selon un proche de l’enquête. Depuis les premiers signalements arrivés au printemps 2020, les plaintes affluent en quantité. Plusieurs enquêtes sont en cours au Mans et dans la Sarthe. Une quinzaine de plaintes ont été déposées en Loire-Atlantique. Les notaires d’Ille-et-Vilaine comptabilisent une dizaine de victimes… D’après Le Parisien qui cite des sources concordantes, le préjudice estimé dépasserait le million d'euros.

*Le prénom a été changé