Le président de l'Afer, première association d'épargnants en France, a rappelé ce mercredi sa volonté de rester « neutre » dans le processus de cession d'Aviva France. Mais Gérard Bekerman a tout de même esquissé le profil idéal du repreneur du point de vue de « l'intérêt des adhérents ». Et confirmé être ouvert au projet porté par Allianz et Athora.

« Nous sommes neutres » mais « que le meilleur gagne ». Tout en réfutant le rôle d'arbitre de l'Afer dans ce dossier, Gérard Bekerman a confirmé que l'Afer jouerait pleinement son « droit de consultation » dans le processus de cession d'Aviva France par le groupe Aviva monde. « Notre mariage depuis 1976 a été fructueux », a d'abord déclaré le président de l'Afer, avant de se montrer plus critique sur la gestion récente des actifs de l'Afer par Aviva France, puis de rappeler le rôle pivot de l'association en vue de cette vente : « Toute cession d'Aviva France requerra une consultation de l'Afer. (...) L'Afer est probablement le premier client au monde d'Aviva, et réalise plus de la moitié du chiffre d'affaires en France. »

Tout en répétant que l'Afer n'a qu'un rôle consultatif, le président de l'association d'épargnants a ainsi cherché à définir le profil idéal du repreneur : « Qui sera-t-il ? Je ne sais pas. Qui devrait-il être ? Je le sais : ouvert sur l’international, créateur de valeur et de richesse, solide financièrement, un co-équipier pour bâtir dans l’innovation une nouvelle histoire, un extraordinaire projet de développement dans la durée, intégré au tissu industriel d’une France que nous aimons ».

Ouvert au projet revu et corrigé d'Allianz et Athora

Questionné plus précisément sur l'identité du repreneur potentiel ayant les faveurs de l'Afer, lors de cette conférence de presse à distance, Gérard Bekerman a confirmé sa position publiée lundi 18 janvier dans Les Echos : le projet revu et corrigé porté par le consortium formé par l'assureur allemand Allianz et l'assureur vie installé aux Bermudes Athora Holding lui semble correspondre aux intérêts de l'Afer. « Il y avait une première copie d'un prétendant [Allianz-Athora, NDLR] qui n'était pas bonne » mais la deuxième copie est selon lui de meilleure facture du point de vue des intérêts de l'association. « L'Afer répondra équitablement aux sollicitations qu'elle peut recevoir, avec un seul objectif : préserver les intérêts des adhérents, a insisté Gérard Bekerman. Si le dossier de la Macif [porté par le nouveau groupe Aéma, rapprochement de la Macif et d'Aésio, NDLR] est le meilleur, ce sera la Macif, ou Eurazeo ou Allianz ou Generali. »

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Le président de l'Afer a en outre appelé à « l'humilité » le syndicat des agents généraux d'Aviva (Snaga) qui, selon L'Argus de l'assurance, a brocardé la position de Gérard Bekerman et s'est prononcé pour l'offre du groupe Aéma. « Il faudrait que les agents se positionnent en connaissance de cause » et « qu'ils aient l'humilité d'étudier objectivement » les différents projets, ce qui n'est pas vraiment possible à ce stade selon lui. En début de semaine, l'intersyndicale d'Aviva France a également donné sa préférence à l'offre du groupe mutualiste.