Assurance vie, assurance décès voire assurance obsèques : ces produits ont des noms proches, mais désignent-ils la même chose ? Suite de notre série d’été sur les « questions pas si bêtes » sur l’argent.

Parler le banquier ou l’assureur, cela s’apprend ! Or, si vous vous retrouvez devant un conseiller un peu trop jargonneux et si vous n’osez pas lui demander la traduction, le quiproquo survient facilement. Vous risquez alors de souscrire un produit bancaire non adapté à vos besoins. L’une des confusions fréquentes consiste à confondre assurance vie et assurance décès… Eh oui, bien que ces deux expressions soient proches, elles désignent des produits bien différents.

L’assurance vie est un produit d’épargne

Quand votre banquier vous parle d’assurance vie, il est en train de vous vanter les charmes d’un produit d’épargne, qui peut aussi bien vous servir à placer vos économies en prévision de vos vieux jours comme à préparer un projet de vie (acheter un logement, financer les études de vos enfants…). Comme sur un livret d’épargne, les dépôts sur votre assurance vie ne sont pas bloqués. Vous l’alimentez ponctuellement quand vous avez un peu d’épargne ou par versements programmés et périodiques. En revanche, à la différence des livrets d’épargne, les assurances vie supportent des frais (gestion, arbitrage…), dont il faut tenir compte avant de vous engager.

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Avec une assurance vie, vous pouvez également choisir les supports sur lesquels vous investissez. Vous pouvez par exemple placer votre épargne sur un fonds euros, ce qui vous assure de récupérer au moins l’argent investi, après déduction des frais. Vous pouvez aussi répartir votre épargne entre plusieurs supports, appelés unités de compte. A la différence des fonds euros, ceux-ci peuvent vous rapporter gros en cas d’envolée des marchés ou, au contraire, vous faire perdre une bonne partie de votre capital.

L’assurance vie, une dénomination vague

La législation n’aide pas les assurés à éviter la confusion entre assurance vie et assurance décès. Le produit d’épargne comme l’assurance décès sont en effet codifiés dans un même chapitre du Code des assurances. Celui-ci distingue les « assurances sur la vie » (comme l'assurance décès présentée ci-après) des « opérations de capitalisation » (comme l'assurance vie en tant que produit d'épargne).

L’assurance vie est donc avant tout un placement que vous souscrivez pour vous-même en vue de réaliser vos projets. Toutefois, si vous décédez, cet argent n’est pas perdu. Il revient à votre conjoint, à vos héritiers, ou à toute autre bénéficiaire que vous aurez définie au-préalable.

C'est pourquoi l’assurance vie permet aussi de transmettre dans des conditions fiscalement avantageuses votre patrimoine. Ce n’est pas son unique but mais un contrat d’assurance vie peut donc être ouvert pour préparer de son vivant sa succession.

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L’assurance décès est un produit de prévoyance

L’assurance décès sert elle exclusivement à transmettre de l’argent à ses héritiers. Ce contrat ne fonctionne pas comme un produit d’épargne qui génère des intérêts, mais plutôt comme votre assurance habitation ou auto. Ainsi, comme pour toute assurance, il existe des clauses d’exclusion, c’est-à-dire des cas de figure dans lesquels elle ne s’active pas en cas de décès. C’est par exemple le cas si vous mourrez en pratiquant un sport extrême, comme le parachutisme, ou si vous vous suicidez.

Concrètement, en contrepartie d’une cotisation périodique, prévue contractuellement, l'assureur verse à vos proches, à votre mort, une somme d’argent sous forme de capital ou de rente. Autrement dit : à la différence d’une assurance vie, une fois les cotisations versées à l’assureur, vous ne pouvez plus les récupérer. A votre décès, elles iront à vos proches ou… resteront dans les caisses de l’assureur.

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En effet, il existe deux types d’assurance décès : les contrats temporaires et les contrats dits « vie entière ». Dans le premier cas, vous et l’assureur passez un contrat pour une durée fixée d’avance (10, 15 ans…). Si vous décédez avant la fin du contrat, vos proches toucheront la somme définie sous forme de capital (un seul versement) ou de rente (versements réguliers : mensuels, trimestriels…). Celle-ci varie en fonction du montant de cotisations et de la durée.

En revanche, si vous êtes en vie au terme de la durée d'assurance prévue, ni vous ni vos proches ne récupérez vos cotisations. C’est par exemple ce type d’assurance qui se cache derrière l’assurance emprunteur de votre crédit immobilier. Les contrats de rente éducation, dont l’argent doit servir à financer les études de vos enfants, sont aussi des assurances temporaires.

Quant à l’assurance « vie entière », elle fonctionne quelle que soit votre durée de vie. Ainsi, le capital sera versé aux bénéficiaires quelle que soit la date de votre décès.

Et l’assurance obsèques alors ?

Fréquemment proposées par les assureurs et les banquiers, les assurances obsèques sont à classer parmi les assurances vie entière. Toutefois, avec ce type de contrats, les bénéficiaires que vous désignez n’ont pas le choix de l’usage de l’argent. « Depuis la loi du 26 juillet 2013, les contrats obsèques prévoient expressément que les bénéficiaires doivent utiliser le capital pour financer les obsèques à hauteur de leur coût », souligne la Fédération française de l’assurance. Dans plusieurs études, l’UFC-Que Choisir a émis des réserves sur ce type d’assurance : coût de ces contrats, capital versé insuffisant pour couvrir les frais, défaut d’information des conseillers sur les modalités de versement de la rente...

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