L'Afer, première association française d'épargnants avec plus de 760 000 adhérents, et Gaipare, qui compte quelque 55 000 adhérents, ont tous les deux annoncé ce 14 janvier une baisse du rendement 2019 de leurs fonds euros. La rémunération servie par l'Afer passe en dessous du seuil symbolique des 2% nets de frais de gestion.

En ce qui concerne l'Afer, dont les contrats sont gérés par l'assureur britannique Aviva, « le taux du fonds garanti en euros en 2019 est de 1,85% », a déclaré lors d'une conférence de presse son président Gérard Bekerman. C'est un repli par rapport aux 2,25% servis en 2018. De son côté, Gaipare a annoncé un taux de rendement de 2,15% pour son fonds en euros en 2019, contre 2,50% au titre de l'année 2018.

Ces taux concernent les fonds dits « en euros », c'est-à-dire des placements dont le capital est garanti car investi sur des placements peu risqués comme les obligations. Les fonds en euros s'opposent aux supports en « unités de comptes », ces placements dont le capital n'est pas garanti, mais qui promettent des rendements potentiellement plus rémunérateurs en étant investis sur des titres plus risqués comme les actions.

L'Afer incite ainsi à privilégier les UC

« 2019 a été marqué par le passage en taux négatifs d'une grande partie des dettes d'États de la zone euro », a commenté Gérard Bekerman. Dans ces conditions, difficile de garantir un rendement, même faible, des fonds euros investis pour une large part en obligations d'État. Les fonds euros ont longtemps offert des rendements très généreux aux épargnants et sont peu à peu devenus avec le temps le produit chouchou des assurés. Ils représentent encore les trois quarts de l'encours d'assurance vie.

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Dans ce contexte, « l'assurance vie risque d'appauvrir les épargnants, il y en a 17 millions qui sont concernés », a mis en garde le patron de l'Afer. « Si nous voulons ne pas décevoir les épargnants, les détenteurs de contrats d'assurance vie, nous devons les préparer au changement. » Si d'un côté, « il faut préserver les atouts de l'assurance vie », il faut aussi « dire aux épargnants : « si vous restez à 100% en (capital) garanti, vous n'aurez que vos yeux pour pleurer si les taux négatifs devaient perdurer », donc il faut recomposer la structure qualitative de l'assurance vie », a-t-il fait valoir.