Où va largent déposé sur les produits dépargne ? Cette question récurrente se pose tout particulièrement pour les fonds en euros de lassurance-vie, qui ne font pas lobjet dun fléchage particulier, alors que les dépôts du Livret A, du LEP et du LDDS sont en partie orientés vers le logement social, par exemple. Les fonds à capital garanti de l'assurance-vie sont ainsi habituellement présentés comme investis massivement en dette souveraine, autrement dit dans les emprunts dEtat.
Réaliste ? Oui mais en partie seulement, selon le relevé annuel effectué par le site spécialisé Goodvalueformoney.eu (GVFM). Dans le cas des fonds en euros « classiques », les plus fortement dotés et les plus accessibles, la part dobligations est de près de 81% à la fin 2017. En revanche, ces titres de créances ne sont pas uniquement émis par des Etats, mais aussi par des entreprises.
Face aux faibles rémunérations des obligations dEtat, ou « souveraines », les assureurs privilégient les obligations « corporate », émises par des entreprises. Les compagnies dassurance ont opté pour cette stratégie depuis plusieurs années comme lexpliquait le fondateur de GVFM, Cyrille Chartier-Kastler, dès 2016 : « Le taux dépend de la notation de lentreprise : pour aller chercher du rendement, il faut se diriger vers les sociétés dotées dun triple B ou BBB+, plutôt que A. Ces sociétés sont certes moins bien notées que les Etats, mais le risque ne savère pas nécessairement plus important. Les agences de notation jugent plutôt durement certaines entreprises par rapport aux Etats. Donc, les assureurs-vie peuvent obtenir des rendements [supérieurs] avec des obligations corporate sans prendre de risque inconsidéré. » Les compagnies dassurance doivent tout de même continuer à investir sur la dette souveraine en parallèle, pour des contraintes de fonds propres liées à la réglementation européenne.
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Létude GVFM ne précise pas dans quels Etats ou entreprises ces fonds sont investis. La Banque de France livre un indice dans son étude sur les placements des assurances : tous types de placements confondus, les assureurs investissent pour près de 50% en France, et près de 25% en zone euro, saventurant donc relativement peu dans le reste du monde.
Des fonds en euros spécialisés
En revanche, les fonds en euros spécifiques, appelés « dynamiques » ou « immobiliers », sont investis sur des actifs plus risqués que les fonds « classiques ». Les fonds dynamiques restent majoritairement investis en obligations (62% fin 2017) mais leur allocation est bien plus diversifiée : 18% en actions et 19% en immobilier.
Quant aux fonds immobiliers, leurs actifs sont placés à 45% dans limmobilier, plus de 8% en actions et 46% en obligations. Cependant, comme le souligne GVFM dans cette étude annuelle, ces fonds deviennent une « denrée rare » : « Face à la difficulté dinvestir dans des conditions satisfaisantes les flux de collecte sur les fonds en euros immobiliers, les assureurs-vie ont limité fortement les possibilités dinvestissement par leurs clients en 2017. »
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