En commission spéciale de loi Pacte, les députés Joël Giraud et Amélie de Montchalin, poids lourds de la majorité LREM, ont retiré leurs amendements sur la transférabilité de lassurance-vie, face aux réticences de Bercy. Mais le ministre de lEconomie et des Finances Bruno Le Maire se disait ouvert à la discussion sur les frais de lassurance-vie.
Résultat : un amendement sur les frais des unités de compte (UC), présenté en plusieurs exemplaires (1), par les groupes LREM, Modem, ainsi que par Joël Giraud et le rapporteur thématique Jean-Noël Barrot (Modem) à titre individuel. Objectif : obliger les assureurs à détailler chaque année lensemble des frais prélevés sur les UC ainsi que les « rétrocessions de commission perçues [par lassureur ou autre gestionnaire] au titre de la gestion financière des actifs ».
Une information annuelle sur tous les frais
« Annuellement, une information serait donc fournie par lentreprise dassurance sur tous les frais appliqués par elle ainsi que sur les rétrocessions de commissions quelle perçoit au titre des choix dinvestissements et de gestionnaires financiers quelle réalise pour placer les primes du contrat », explique Jean-Noël Barrot dans lexposé de son amendement.
Dans les faits, le code des assurances oblige déjà les compagnies gestionnaires dassurance-vie à détailler « le total des frais supportés par l'unité de compte, au cours du dernier exercice connu » dans le document dinformation annuelle, même si la transparence sur les frais indirects nest pas toujours respectée dans ce document. Cet amendement vise donc à asseoir plus fortement cette obligation de transparence. Il s'inscrit ainsi en complément de deux textes européens qui renforcent fortement linformation fournie aux épargnants : le règlement Priips et la directive DDA, le règlement Priips étant entré en vigueur au début de lannée et la directive DDA entrant en vigueur au 1er octobre.
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Selon Les Echos, cet amendement présenté en plusieurs exemplaires aurait dores et déjà reçu lapprobation de Bercy. Cependant, en coulisses, les fintechs ayant poussé pour la transférabilité des contrats ces dernières semaines ne cachent pas leur déception, après avoir fondé beaucoup despoirs en ce projet de loi Pacte pour favoriser la concurrence sur le marché de lassurance-vie.
Du côté des courtiers historiques de lépargne en ligne, Stéphane Carlucci, le directeur de lingénierie patrimoniale de Linxea commence par saluer toute avancée dans le sens de la transparence : « Notre credo, cest de limiter les frais. » Mais il nuance immédiatement son propos : « La directive DDA renforce déjà les obligations des assureurs. Il faut aussi faire attention au surplus dinformation pour l'épargnant, ce qui la rend moins lisible. »
Un amendement LR sur les transferts de contrats
Fintechs et courtiers en ligne, évidemment tous favorables à la transférabilité de lassurance-vie, pourront toujours observer le sort réservé à lamendement 475, déposé par une trentaine de députés LR, qui vise à « autoriser la transférabilité des contrats dassurances-vie et contrats de capitalisation dune entreprise dassurance à une autre avec neutralité fiscale, comme cela existe pour le PEA et le Perp ». Peu de chance, toutefois, quil soit approuvé.
Mise à jour (1er octobre) - Sans surprise, les amendements LREM et Modem sur les frais des UC ont été adoptés en séance. L'amendement LR sur la transférabilité a lui été rejeté.
(1) Amendements 2532, 2615, 2512 et 2821 au projet de loi Pacte.


















