Pourquoi souscrire une assurance-vie ? Seules 18% des personnes ayant répondu au sondage Odoxa-Linxea-Le Parisien ont répondu « pour disposer d’un placement rentable ». Derrière la préparation d’une succession ou de la retraite.

« Il y a tout de même un petit paradoxe », juge Antoine Delon, président de Linxea, le courtier commanditaire du sondage (1) dévoilé en début de semaine. « Si les Français citent bien la rémunération de cette épargne comme l’un des atouts de l’assurance-vie, ils ne sont que 19% à en faire l’un de ses principaux avantages à leurs yeux. » Le principal atout de ce produit d’épargne est en effet son régime fiscal pour 37% des sondés, l’adaptation au profil pour 25% d’entre eux avant, donc, la rémunération (19%) et le fait que l’argent soit disponible à tout moment (18%). Parmi les détenteurs de contrats d’assurance-vie, l’atout fiscalité est même plébiscité à 41%, contre 15% d’épargnants convaincus avant tout par la rémunération.

Une surprise pour Antoine Delon : « Objectivement c’est pourtant sans doute ce qui impressionne le plus (...) : en moyenne en 2015 le fonds en euros a rapporté 2,27% alors que le Livret A n’a donné ''que'' 0,75%. » L’étude a posé une autre question, relativement proche, sur la « raison principale » poussant à ouvrir un contrat : en premier lieu épargner « en cas de coup dur » (36%), avant la préparation à la retraite (25%), à la succession (19%), le fait de « disposer d’un placement rentable » (18%) n’apparaissant que comme un avantage annexe.

La publicité négative de la loi Sapin 2

Le sondage montre par ailleurs que l’assurance-vie conserve une belle cote de popularité : 47% des sondés déclarent en posséder au moins une, et 12% envisagent d’en ouvrir une. Pour épargner, l’assurance-vie reste ainsi un premier choix (43%) devant le Livret A (27%), le PEL (22%) et le PEA (6%) pour les sondés. Mais l’assurance-vie a enregistré une décollecte en octobre, une première depuis 3 ans.

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Un recul « incompréhensible » pour Antoine Delon, de Linxea, qui pointe la « raison probable » : la loi Sapin 2. « La polémique générée sur cette loi autour de sa disposition impliquant une possibilité de blocage est très mal comprise, et, comme le montre notre sondage, suscite d’importantes inquiétudes », témoigne Antoine Delon. 70% des sondés se disent opposés à cette mesure. « C’est d’autant plus paradoxal que 65% des Français pensent que le secteur de la banque et de l’assurance n’est pas suffisamment contrôlé », ajoute le président de Linxea.

(1) Sondage réalisé en ligne les 23 et 24 novembre 2016 auprès de 1.002 personnes, un échantillon représentatif de la population française majeure.