Un senior ne devrait pas percevoir une aide accordée en dernier recours, comme par exemple lallocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), sil possède par ailleurs suffisamment dargent pour subvenir à ses besoins sur un contrat dassurance-vie. Voici, en résumé, le point de vue dune vingtaine de députés UMP, qui ont présenté un amendement permettant aux départements de récupérer les prestations concernées, auprès du ou des bénéficiaires du contrat, donc a priori lorsque le titulaire de lassurance-vie est décédé. Les sénateurs posent tout de même une condition : cette récupération serait envisageable « lorsque le contrat dassurance-vie est intervenu postérieurement à la demande daide sociale ou dans les dix ans qui ont précédé cette demande ».
Le gouvernement nest « pas prêt » à légiférer
Cet amendement au projet de loi dadaptation de la société au vieillissement a été adopté par le Sénat et sera donc étudié prochainement à lAssemblée nationale. Au Sénat, la secrétaire d'État auprès de la ministre des affaires sociales, Laurence Rossignol, a fait part de lavis défavorable du gouvernement à ce sujet, rappelant le cadre législatif existant pour la récupération de prestations sociales. Ce recours « peut être exercé soit par lÉtat, soit par le département, contre le bénéficiaire [de la prestation sociale, NDLR] revenu à meilleure fortune [cest-à-dire si son niveau de vie augmente, NDLR], contre la succession, contre le donataire [personne recevant une donation, NDLR] lorsque la donation est intervenue soit dans les dix ans précédant la demande daide sociale, soit postérieurement à cette demande, ou contre le légataire [personne qui bénéficie dun legs, NDLR] », a détaillé la secrétaire dEtat en séance.
Estimant que le contrat dassurance-vie est « spécifique », Laurence Rossignol na pas présenté de réelle opposition à cette mesure, sur le fonds, mais a répondu : « Nous ne sommes pas prêts à légiférer ». Parmi les raisons invoquées : « Nous ne disposons daucune étude dimpact nous permettant de connaître le nombre de personnes concernées et les montants en cause. »
Une « situation inéquitable » pour lUMP
Une argumentation qui a surpris Jean-Noël Cardoux, lun des élus ayant proposé cet amendement. Le sénateur du Loiret en a profité pour défendre le bien-fondé de la mesure, qui vient selon lui réparer une « situation inéquitable » : « Les contrats dassurance-vie constituent bien des patrimoines pour leurs souscripteurs. Ceux-ci peuvent dailleurs retirer leurs fonds quand ils le souhaitent. » Jean-Noël Cardoux sous-entendant quils nont donc pas besoin de faire appel à des aides sociales dans ce cas.









